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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 17:07

olivier-adam.pngDepuis bientôt une semaine, la rentrée littéraire a commencé et déjà certains romans semblent sortir du lot… Comment, sur 646 livres, les journalistes peuvent-ils être capables de nous dire quels sont leurs coups de cœur ? Ont-ils seulement pu en lire le quart ? Bien sûr que non… Alors, pourquoi retrouve-t-on les mêmes coups de cœur d’un magazine à l’autre ? Pourquoi y a-t-il déjà du buzz autour d’Aurélien Bellanger (auteur d’une biographie du patron de free Xavier Niel, La Théorie de l’information) ou d’Olivier Adam (La Lisière) ? Réponses dans une enquête du site Arrêt sur images : « Rentrée littéraire : comment les journalistes choisissent leurs favoris ? ». J’ai trouvé l’enquête très intéressante pour plusieurs raisons : d’abord elle part de deux exemples précis (Bellanger et Adam), ensuite, elle se veut concise puisqu’elle se concentre sur le point de vue des journalistes.

 

Pour commencer, l’enquête s’intéresse à La Théorie de l’information d’Aurélien Bellanger, publié chez Gallimard. D’emblée, on imagine que la maison d’édition a fait un plan com’ pour faire de ce premier roman, écrit par un inconnu, l’un des coups de cœur de la plupart des magazines littéraires. On se souvient en effet que l’an dernier, c’est Alexis Jenni qui a eu le prix Goncourt avec son premier roman, L’Art français de la guerre. Ce n’était pas un cas isolé puisqu’en 2006, Jonathan Littell a reçu le Goncourt avec son premier roman Les Bienveillantes, en 2008, c’était Jean-Baptiste Del Amo qui a reçu le Goncourt du premier roman avec Une éducation libertine… Pourtant, les différents journalistes témoignant dans cette enquête d’@si affirment que Gallimard n’a pas mis en place de promotion particulière pour ce roman d’Aurélien Bellanger. Alors pourquoi ce jeune auteur a-t-il obtenu autant de papiers, que ce soit dans Libération, le JDD, Technikart, ou les Inrocks ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’un premier roman, publié chez Gallimard et que son thème est porteur. Ainsi, « Baptiste Liger, qui a réalisé l'article pour Technikart, s'est intéressé à la Théorie de l'information parmi les Gallimard, car c'est un premier roman. […] Séduit par l'œuvre mais aussi, reconnait-il, par son « potentiel médiatique » : c'est un « sujet sociétal ». Un livre qui « parle du monde d’aujourd’hui ». Et qui pose aussi une autre question : « jusqu’à quel point une personne réelle peut-elle voir sa vie évoquée dans un roman » (d’ailleurs, Technikart vend en Une : « L’histoire secrète de Xavier Niel »).

 

L’enquête montre aussi que ce roman de Bellanger buzze parce que les journalistes en parlent entre eux : ils échangent verbalement mais aussi via facebook et surtout tweeter. Au lieu de perdre du temps à dénicher des romans plus ou moins intéressants, ils se donnent des conseils de lecture. Conséquence : tous les journaux noircissent leurs colonnes avec les mêmes livres.

 

Mais ce n’est pas la seule raison : les auteurs connus doivent être mentionnés dans les médias. En cette rentrée, il n’est pas question de faire l’impasse sur des auteurs comme Amélie Nothomb, Philippe Djian ou Christine Angot.

 

Enfin, cette année, c’est Olivier Adam qui crée le second buzz. Certains, comme le magazine Lire, annoncent qu’il pourrait avoir le Goncourt. Tous les médias parlent du livre parce que « Teresa Cremisi, patronne de Flammarion (et ancienne de chez Gallimard) est « montée au front » : rendez-vous de l'éditrice avec des journalistes, auteur très disponible pour des interviews. Résultat : des articles dans Paris Match, dans Gala, dans le JDD, dans Le Monde des livres. […] Adam est une prise de guerre de Flammarion (que vient de racheter… Gallimard, le monde est petit) à L'Olivier (filiale de La Martinière, comme le Seuil). Il s'agit de rentabiliser l'investissement. » Ensuite, Les Lisières  d’Olivier Adam est un roman sociétal, susceptible d’intéresser les jurés du prix Goncourt : selon Sylvain Bourmeau, le livre d’Adam « participe d’une tendance de la rentrée, autour du social, de l'économie, dire quelque chose sur le monde en mutation ».

 

Ce que l’enquête ne dit pas clairement, c’est que si les journalistes ont le devoir de consacrer des papiers aux auteurs connus et de dénicher quelques coups de cœur, ils n’ont pas le temps de faire un vrai travail de défrichage. Bourmeau, dans l’enquête, explique toutefois que, pour sélectionner les livres méritant un article, il lit les 3eres pages, va jusqu'à la page 30 si nécessaire voire la page 90, et, s’il n’a pas été convaincu, il repose définitivement le livre. Evidemment, à ce rythme, il peut parcourir plusieurs dizaines de romans par jour. Mais même en sélectionnant ainsi les livres, force est de constater que les journalistes regardent dans un premier temps les romans édités par les grandes maisons d’édition. Ce n’est que dans un second temps, en automne, qu’ils élargissent leurs lectures. C’est la raison pour laquelle nombre de maisons d’édition ont fait le choix de ne rien publier en septembre (Quidam, L’Arbre vengeur, José Corti…). Dans une tribune publiée sur Rue89, un éditeur indépendant, dirigeant Aux forges de Vulcain, explique pourquoi éditer en septembre est « un suicide collectif » : les livres ne sont pas suffisamment mis en avant, sont noyés dans une masse informe et les prix littéraires ne récompensent pas des romans de qualité… Selon cet éditeur, lecteurs comme auteurs ont tout à perdre à vouloir participer à la rentrée littéraire.

 

Dans ces prochains jours, n’étant pas sectaire, je vous parlerai de romans publiés par de petites comme de grandes maisons. 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 18:04

café de l'industrieJe suis sûre que demain, à l'heure de l'apéro, par ce beau temps printanier, vous ne rêvez que d'une chose : déguster une boisson fraîche et fêter... les belles lettres. Aussi, je vous propose, amis parisiens (tout le monde ne sera, hélas, pas de la fête...), de nous retrouver au café de l'Industrie au 15-17 rue Saint Sabin (métro Bastille) aux alentours de 19h30-20h.

Au programme : retrouvailles, rencontres avec moult éditeurs (Zulma, Plon, Maitailié, Actes Sud...), attachées de presse, journalistes, libraires, blogueurs, lecteurs, amis. Mais surtout... vous découvrirez les grands vainqueurs du prix de l'Inaperçu. Je vous rappelle que seront récompensés un auteur français et un auteur étranger ainsi que son traducteur (c'est assez rare pour le souligner). 

J'espère vous retrouver nombreux demain soir !

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 16:37

goncourt.jpgJusqu’à présent, je me tenais éloignée de Twitter. Vraiment, je n’en voyais pas l’utilité. Nombreux ont été ceux qui ont tenté de m’en convaincre, de m’assurer que Twitter annonçait la mort de Facebook. Mais je ne me résignais pas à tenter l’aventure. Et puis finalement, j’ai franchi le pas. Et je ne le regrette pas. Certes, je passe beaucoup (trop) de temps à lire les billets twittés, mais je fais de nombreuses découvertes. Il y en a une que je tiens absolument à vous faire découvrir : il s’agit des trésors de Gallica.

 

Depuis 10 ans, la BNF numérise une bonne partie de son fonds, que l’on peut consulter librement. C’est extrêmement pratique, notamment pour les étudiants qui ne peuvent avoir accès aux réserves de la BNF.

 

Régulièrement, Gallica partage des idées de lecture sur Twitter ou Facebook. C’est par hasard que je suis tombée sur une page concernant le désir incommensurable de l’écrivain graphomane, de remporter un prix littéraire. Il s’agit d’un extrait de Graphomanie, essai de psychologie morbide de Ossip Lourié, publié en 1920.

 

L’auteur tente d’expliquer l’effet néfaste que peut avoir un prix littéraire sur un écrivain atteint de graphomanie.

 

J’ai trouvé cette thématique passionnante pour deux raisons. La première est liée à l’actualité littéraire. Ces derniers jours, les sélections de la plupart des prix prestigieux ont été révélées. Sans surprise aucune, ce sont les mêmes auteurs qui sont sur toutes les listes et parmi eux, la plus célèbre des graphomanes : Amélie Nothomb.

 

Mais il y a une autre raison, liée à l’information politique cette fois. Woerth est accusé d’être intervenu pour attribuer la Légion d'honneur au gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, en échange de quoi, celui-ci serait intervenu pour que Mme Woerth soit embauchée dans sa société. Passe-moi le sel, je te donne le poivre. Passons sur Woerth qui donne un (sacré) coup de pouce à sa femme pour nous intéresser à M. de Maistre. Quel est le gain réel pour lui dans cette histoire ? Rien, sinon avoir une médaille. Un bon point.

 

Et c’est ce désir quasi irrationnel que décrit Ossip Lourié dans Graphomanie. Une seule idée obsède le graphomane, le maintient en vie : l’espoir d’obtenir une récompense. Ossip Lourié est sans complaisance à l’égard des prix littéraires : « (…) la conquête des prix est devenue un véritable match où l’esprit d’intrigue balance la nullité des postulants et affaiblit la conscience professionnelle chez les rivaux comme chez les juges. (…) Ce ne sont pas les talents que les prix encouragent, mais la floraison de la graphomanie, et souvent de la folie ».

 

La suite est assez cocasse ou tragique, vous jugerez. L’auteur prend le cas d’un certain I. qui est devenu écrivain parce qu’au lycée, un professeur, lui rendant une rédaction, lui dit que celle-ci « est très appliquée » mais ajoute « Si jamais vous avez des tendances à écrire, tâchez d’être plus personnel ». Le commun des mortels aurait pris cette remarque comme une critique. Pas I. qui l’entend comme « un grand éloge ».  De ce malentendu, I. abandonne des études de droit pour se consacrer à l’écriture. Il rencontre un auteur qui vient d’obtenir le prix Goncourt. Lui aussi veut ce prix. Il est persuadé d’en avoir les qualités. En quatre mois ( !!), il compose son premier roman et trouve un éditeur… à compte d’auteur. Et c’est avec ce livre, non diffusé, et sans relation, inconnu du milieu littéraire qu’il espère remporter le prix. Il envoie donc à tour de bras son livre dédicacé aux journalistes dans l’espoir d’être congratulé par la critique. En vain. Le prix Goncourt lui échappe. Il tombe en dépression, est pris de crise de paranoïa, reste reclus chez lui, a des accès de mégalomanie. La description des différents symptômes se veut précise, claire pour la non initiée que je suis. Cette démence le pousse aux pires extrémités. Rien n’a plus d’importance à ses yeux que d’avoir ce prix.

 

Ces quelques pages m’ont fait sourire : contemporaines, elles renvoient à ce manège auquel nous assistons tous les ans en cette période. Rien n’intéresse tant auteurs et médias que de savoir qui aura le fameux prix Goncourt. Cette année, il paraitrait que ce sera Houellebecq. Je n’en dis pas plus, vous devez être abreuvés d’infos sur le sujet. Mais lisez donc Écrivains d’Antoine Volodine, vous y découvrirez des portraits imaginaires bien différents de ces goncourables.

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 17:45

Et voilà, on part quelques jours en vacances et au retour, fraîche et dispos, on apprend que J.G. Ballard, l'auteur de Sauvagerie, le roman d’anticipation qui nous avait tant bouleversé il y a quelques mois de cela, est mort… C’était dimanche dernier, J.G. Ballard avait 78 ans.


Contrairement à ce que l’on peut dire sur son œuvre (essentiellement des nouvelles), il ne s’agit pas de science fiction mais de littérature visionnaire. L’auteur décrit une situation contemporaine angoissante et la pousse à son paroxysme… Il y dénonce notre société hyper sécuritaire qui étouffe notre conscience comme notre liberté de penser.


Deux romans de J.G. Ballard sont particulièrement connus car ils ont tous deux été adaptés au cinéma : L'Empire du soleil par Steven Spielberg et Crash ! par David Cronenberg. Dans L'Empire du soleil, l’auteur revient sur son enfance, passée en Chine où son père est PDG de la filiale d’une entreprise anglaise de textile. Pendant la Seconde guerre mondiale, la famille Ballard est internée par les Japonais dans un camp de détention.


C’est au cours de ses études de médecine que J.G. Ballard découvre sa véritable vocation : l’écriture. Il quitte les bancs de l’université sans diplôme et commence à écrire des nouvelles qui ne seront pas publiées. Quelque temps plus tard, passionné d’aviation, il décide de s’engager dans l’armée de l’air à la Royal Air Force. C’est à cette occasion, un peu par hasard, qu’il découvre des revues de science-fiction américaines. C’est vers ce genre qu’il se tourne à partir de 1955. Il écrit sa première nouvelle de SF, Passeport pour l’éternité.


Par la suite, il se lance dans l’écriture de nombreuses nouvelles de SF qui paraissent dans des revues britanniques. Il a alors un agent littéraire, Ted Carnell, qui est également directeur de Science Fantasy et New Worlds.


Dans les années 1970, J.G. Ballard prend ses distances avec la SF, ses romans et nouvelles se voulant alors plus ancrés dans le réel. Il se dirige vers ce que l’on appelle de l’anticipation sociale.


En 2008, en Grande-Bretagne paraît son autobiographie, Miracles of life. L’auteur annonce que ce doit être son ultime livre mais quelques mois plus tard, en octobre, il se lance dans l’écriture de Conversations avec mon médecin… Mais il meurt suite à un cancer de la prostate avant d’avoir mis un point final à son projet.

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 19:48

Alors que je devrais progresser dans mes lectures de cette rentrée de janvier et faire baisser ma pile de livres qui ne va tarder à percer le plafond, j’ai eu une envie irrépressible de lire Les Détectives sauvages de Roberto Bolaño, sur les conseils d'une lectrice argentine de ce blog. Certains me diront que décidément je suis très en retard, puisque ce livre incroyablement riche et foisonnant a été publié il y a deux ans aux éditions Christian Bourgois.

 

Je n’ai pas encore terminé cette longue fresque lyrique, mais je ne puis m’empêcher de vous faire part de cette lecture dont on se remet difficilement. Comment aborder ce roman sans évoquer d’abord l’auteur, Roberto Bolaño qui a prêté ses traits à l’un de ses personnages principaux.

 

Roberto Bolaño est un véritable phénomène littéraire mondial. Mort en juillet 2003, à l’âge de 50 ans, sa popularité ne cesse de croître. Aux Etats-Unis, il serait l’auteur mort le plus vendu après Tenessee Williams ! Bien évidemment, vu l’engouement que ses romans suscitent, les éditeurs publient tous les inédits que l’auteur n’a pu faire paraître avant sa mort fulgurante. Car, contrairement à la plupart des romanciers, Roberto Bolaño était capable d’écrire plusieurs livres en même temps, en laissant certains en suspend, les reprenant plusieurs années plus tard.

 

En France, ce sont les éditions Les Allusifs qui ont commencé à faire connaître Bolaño en publiant Amuleto et Monsieur Pain, puis les éditions Christian Bourgois ont pris le relais. Il y a un an paraissait 2666 largement plébiscité par la critique et les lecteurs. En janvier dernier paraissait Le Secret du mal, recueil de textes épars, allant de l’ébauche de roman à la nouvelle intégrale en passant par des textes critiques.

 

Bolaño  naît en 1953 à Santiago du Chili, d'un père camionneur et boxeur et d'une mère enseignante. A 15 ans, il suit ses parents à Mexico. Dès lors, Bolaño décide de devenir poète et abandonne ses études. En 1973, il décide de partir seul pour le Chili mais les événements politiques de l’époque, l’arrivée de Pinochet au pouvoir détourne ses plans. Plus exactement, il est arrêté et emprisonné huit jours. Il rentre alors chez lui à Mexico. Si vous lisez Les Détectives sauvages, vous vous rendrez compte qu’il utilise un certain nombre de faits qui lui sont arrivés. Par exemple, en 1974, avec son ami Mario Santiago Papasquiaro et un groupe d'amis exclus des ateliers d'écriture de l'Uuniversité de Mexico, il décide de créer un mouvement de poésie qui se réclame du Dadaïsme, des poètes de la Beat Generation, de Rimbaud, de Lautréamont ainsi que d’une jeune fille qui se serait suicidée à l’âge de 20 ans (personnage que l’on retrouve sous le nom de Laura Daumian). Le roman commence précisément au moment où un jeune homme, épris de poésie, fait la connaissance de cette équipe révolutionnaire et utopique. 

 

 

Enfin, comme dans Les Détectives sauvages, Roberto Bolaño quitte le Mexique pour l'Europe : Espagne, France, Belgique … Il mène une vie de bohème au milieu d’artistes et d’écrivains. Toutefois, même si ce roman (comme un certain nombre d’autres) emprunte des éléments de son existence, il n’est pas autobiographique. Ces éléments ne sont qu’un point de départ pour mettre en scène un univers chaotique, violent parfois dérangeant mais jamais impudique.

La suite au prochain épisode !

 


Pour en savoir plus :

Bartleby

Peauneuve

Bibliomonde

L'Escalier qui bibliothèque

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 10:52

Aujourd’hui, le Salon du livre et de la presse Jeunesse de Montreuil ouvre ses portes, l’occasion de découvrir non seulement un secteur un plein essor et surtout les enjeux éditoriaux. Car si l’on peut se réjouir du succès des livres pour la jeunesse et des ados en particulier, il ne faut pas oublier que derrière se joue, entre les éditeurs, une guerre implacable. Pourquoi ? Parce que le marché anglo-saxon est florissant : des succès comme Stephenie Meyer, best-seller international, se monnaient lors d’enchères et soumettent les éditeurs français, qui ont décidé de se lancer dans la bataille, à de très fortes pressions. Il ne suffit pas en effet d’acheter à des sommes mirobolantes Fascination, Eragon ou Harry Potter, encore faut-il rentrer dans ses frais et surtout devenir leader sur le marché. Ainsi, pour certaines maisons, l’édition s’apparenterait à ce qui se passe en bourse : elles font des montages financiers chaque année et doivent avoir des rendements à la hauteur des sommes investies.



Bayard Jeunesse fait partie de ces leaders puisqu’elle est la 3ème maison d’édition la plus puissante dans le secteur. Aujourd’hui, elle tente un nouveau coup avec le lancement de Cathy’s book de S. Stewart et J. Weisman qui est un best-seller aux Etats-Unis. Bayard Jeunesse a acheté le livre lors d’une vente aux enchères. Le livre qui se présente sous la forme d’un journal intime est destiné aux filles de 13 à 16 ans.

Cathy est quittée par son petit ami. Elle décide de retrouver sa trace en relevant différents indices (photos, coupures de presse, des adresses de sites, etc) qui sont à la disposition de la lectrice, dans une pochette de la couverture. Elle peut appeler les numéros indiqués ou taper l’adresse Internet pour mener sa propre enquête. Pour que le jeu fonctionne, Bayard a loué 8 numéros verts et créé 3 sites Web en français.

Franck Girard, en remportant l’enchère, s’est également engagé à mettre en œuvre différentes tactiques marketing. Le magazine Stratégies du 23 octobre rapporte que le lancement est estimé à 130 000 euros. L’agence Curieuse a mis en place un plan Web 2.0 avec un teasing et un buzz, une chanson et un clip. Un site événementiel a été créé (www.cathysbook.fr) ainsi que des profils Cathy’s book sur Facebook et Skyrock.

Il apparaît avec ces phénomènes éditoriaux que le livre en lui-même n’est pas suffisant : il doit aussi proposer des jeux multimédias, engendrer des sites, des forums… Les éditeurs savent que, de plus en plus, c’est sur Internet que tout se joue : les adolescents veulent s’emparer du livre et poursuivre l’aventure avec d’autres lecteurs sur des sites, partager des expériences.



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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 16:49
Voilà, chers amis, il ne faut jamais croire les rumeurs qui courent depuis trop longtemps. Pierre Assouline n'est pas le premier pour rien, il sait vers qui se tourner pour obtenir les bonnes infos, fiables.
Je n'ai rien lu d'Atiq Rahimi hormis son très poétique Terre et Cendre, donc pas d'avis sur le choix du livre, Singué Sabour. Mais vous pouvez toujours aller jeter un coup d'oeil sur La République des Livres, j'en connais un qui a un avis plus que tranché sur la question !

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 10:10
Chers amis, comme vous le savez, dans quelques heures sera remis le prix Goncourt. Avec Nicolas d'Actualitté, j'avais parié, grâce aux rumeurs qui se répandent dans le milieu, que le gagnant, sans hésitation, serait Michel Le Bris. Or, retournement de situation hier soir : un auteur de chez Gallimard m'indique que ce serait Atiq Rahimi, l'auteur de Singué Sabour (POL) qui serait primé. C'est vrai que depuis quelques jours, Pierre Assouline fait l'apologie de cet auteur sur son blog comme dans les interviews qu'il accorde... Et l'auteur Gallimard de me préciser que Pierre Assouline est très proche de Tahar Ben Jelloun, membre du jury !
Ah... la rumeur !!!


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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:15

Il y a quelques semaines encore, je riais sous cape en lisant ici ou là les critiques acerbes contre les soi-disant Ennemis publics que sont Houellebecq et BHL, persuadée que ce buzz avant publication et l’émission spéciale Café littéraire ne donneraient pas envie aux gens intelligents et raisonnables que nous sommes d’acheter ce produit purement marketing. C’était mal connaître l’impact du buzz médiatique sur certains d’entre nous prêts à payer 20 € pour lire les échanges de mails préfabriqués d’un duo improbable. D’après L’Express, Ennemis publics se classerait premier des ventes… J’en demeure pantoise…

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 09:56

Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement, ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, li y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par le voile bleu. Avec eux, marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche. C’étaient des silhouettes alourdies, encombrées par leurs lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore plus sombre dan les voiles d’indigo.

 

Ils marchaient sans bruit dans le sable, lentement, sans regarder où ils allaient. Le vent soufflait continûment, le vent du désert, chaud le jour, froid la nuit. Le sable fuyait autour d’eux, entre les pattes des chameaux, fouettait le visage des femmes qui rabattaient la toile bleue sur leurs yeux. Les jeunes enfants couraient, pleuraient, enroulés dans la toile bleue sur le dos de leur mère. Les chameaux grommelaient, éternuaient.

 

Le soleil était encore haut dans le ciel nu, le vent emportait les bruits et les odeurs. La sueur coulait lentement sur le visage des voyageurs, et leur peau sombre avait pris le reflet de l’indigo, sur leurs joues, sur leurs bras, le long de leurs jambes. […]

 

Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit. Ils étient apparusn comme dans un rêven en haut d’une dune, comme s’ils étaient nés du ciek sans nuages, et qu’ils avaient dans leurs membres la dureté de l’espace. Ils portaient avec eux la faim, la soif qui fait saigner les lèvres, le silence dur où luit le soleil, les nuits froides, la lueur de la Voie lactée, la lune ; ils avaient avec eux leur ombre géante au coucher du soleil, les vagues de sablevierge que leurs orteils écartelés, touchaient, l’horizon inaccessible. Ils avaient surtout la lumière de leur regard, qui brillait si clairement dans la sclérotique de leurs regards.

 

Désert, J-M G. Le Clézio, Prix Nobel de littérature

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