Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
Des livres, des films, des expos et bien plus encore...

 

Mail : annesophiedemonchy [a] lalettrine.fr

Twitter : @asdemonchy

Mon CV : annesophiedemonchy.com

 

 

768 000  lecteurs et
plus de 230 livres chroniqués
depuis le 21 août 2006

follow-me-twitter.png

Recherche

Ma bibliothèque

Mes livres sur Babelio.com

Archives

Infos







logo-lettrine-negre-litteraire.jpg

 

 

classement-lettrine.jpg

 





13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 08:50

Reprendre un blog après six mois de silence en commençant par un coup de gueule, je sais, c’est moche… Surtout si c’est pour défendre un écrivain mort depuis plus de 70 ans, et ne pas (encore) piper mot sur la rentrée littéraire et ses prix qui veulent récompenser les mêmes auteurs… Mais, ça me démange, aussi, je ne puis m’empêcher de vous faire part d’une enquête d’Anne Crignon dans Bibliobs sur « le Pepsi de la littérature autrichienne », j’ai nommé Stefan Zweig. Le billet date de mai 2013, mais puisqu’il est toujours à la une de Bibliobs, m’est d’avis qu’il est toujours d’actualité !

 

pepsi.jpg

 

La journaliste a donc voulu savoir pourquoi Stefan Zweig  est l’auteur le plus lu en France. Pour ce faire, loin d’analyser l’œuvre riche et profonde de l’auteur, elle a préféré consulter « un flâneur distingué au rayon littérature de Virgin, sur les Grands Boulevards parisiens » qui lui explique que l’auteur de La Confusion des sentiments et du Joueur d’échec (vendus respectivement à 400 000 et 1 million d’exemplaires, dixit l’article) se définit comme « une littérature propre à flatter le lecteur occasionnel et à distraire le lecteur cultivé, ce qui fait beaucoup de monde ». Mais n’accablons pas ce « flâneur » qui répond désinvoltement à une question qu’on lui pose de façon impromptue tandis qu’il se balade dans les rayons d’une librairie…

 

La cause de mon agacement réside dans le fait que, sous prétexte que Zweig est passé dans le domaine public, et par conséquent que son œuvre serait accessible à des prix attractifs, il devient un auteur bas de gamme. L’enquête rappelle ainsi que, « en Allemagne, Stefan Zweig, [fut] dénigré par Thomas Mann ou Bertold Brecht », « considéré comme un graphomane un peu balourd, loin de la grâce de ses contemporains - Rilke, Kafka, Joseph Roth, Musil, Schnitzler ou Hermann Broch ». S’il est vrai que ces auteurs sont indéniablement des génies du style et de la langue, il n’empêche que les romans de Zweig offrent une analyse des sentiments humains exemplaire. Affirmer que Mann ou Brecht n’appréciaient guère Zweig n’enlève rien à son talent. Pour lire et apprécier les critiques de l’écrivain Eric Chevillard dans Le Monde, je suis convaincue que certains points de vue sont partiaux, et c’est précisément ce qui fait la saveur de ses papiers.

 

L’enquête est longue et la journaliste a observé attentivement les différentes éditions, indiquant les œuvres retenues et celles laissées de côté (les biographies). Cherchant à montrer pourquoi certains textes plaisent, d’autres non, elle ne met en avant que les déclarations négatives des traducteurs ou critiques de Zweig. Ainsi, Baptiste Touverey, le traducteur en 2008 du Voyage dans le passé, affirme que  « Zweig, c'est « de l'excellent roman de gare », compagnon idéal d'un trajet en RER ». Soit. C’est toutefois un auteur que l’on étudie régulièrement à l’université, mais c’est surtout un auteur qui donne envie aux jeunes de lire. C’est au lycée que j’ai découvert Lettre d’une inconnue, Amock, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, grâce aux conseils de notre prof de lettres. A cette époque, j’adorais le dimanche flâner (eh oui, moi aussi je flâne) sur les quais pour acheter des livres chez les bouquinistes. L’un d’eux, parce qu’il avait envie de partager sa passion pour Zweig avec une gamine de 15 ans, m’avait offert Le Joueur d’échecs, que je donne aujourd’hui à lire, en « lecture plaisir », à mes 3e. C’est quasi un succès assuré. Et c’est tant mieux si cela ne l’est pas toujours. La littérature est une histoire de partage, en aucun cas une tyrannie. Pas question d’être consensuel. On peut ne pas aimer Zweig, le trouver fleur bleue, quelque peu désuet voire routinier mais le comparer comme le fait l’auteur de cette enquête à Marc Lévy, c’est difficilement acceptable puisque sous ce clavier, la comparaison se veut méprisante. Pourquoi ce rapprochement ? Non seulement parce que, comme démontré plus haut, Zweig fait du « roman de gare », mais aussi parce qu’il a « su plaire à la bourgeoisie inculte en jouant d'une sorte de talent hollywoodien et s'appliquant à construire son image pour la postérité », comme l’affirme le poète anglais Michael Hofmann, mais surtout, parce que c’est un auteur à succès, et dans le petit milieu de la critique littéraire, on n’aime pas ça.

 

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 19:43

le-plagiat.jpgOn a longuement parlé ici (comme ailleurs) des copier-coller de Joseph Macé-Scaron, expert en la matière puisqu’il ne s’est pas contenté de recopier quelques passages de romans pour écrire Ticket d’entrée, mais a appliqué, depuis plus de dix ans maintenant, cette technique pour rédiger ses articles de presse en reprenant des phrases entières de ses confrères. Alors qu’il a reconnu sa « connerie », puis ses « intertextualités » dans les médias, on aurait pu s’attendre, à juste titre, à une sanction. Eh bien que nenni. Dans une longue enquête du Monde des Livres, consacrée au plagiat, on apprend ainsi que le jury de la Coupole qui a décerné son prix à Ticket d’entrée en juin dernier n’a aucune envie d’évoquer ce scandale avant la prochaine réunion, c’est-à-dire au printemps 2012… Par conséquent, Joseph Macé-Scaron reste le lauréat du prix de la Coupole 2011. Mais ce n’est pas tout. Il demeure également directeur éditorial du Magazine littéraire, directeur adjoint de Marianne et il continue d’intervenir, comme s’il ne s’était rien passé, à la télé comme à la radio en tant que chroniqueur ou animateur. Bref, ces copier-coller avérés et reconnus par l’auteur lui-même, sont donc des non-événements tels que son éditeur, Manuel Carcassonne, l’affirme depuis le début. La messe est dite.

Et pourtant… Cette non-affaire a fait couler beaucoup d’encre. En vain donc. On se rappelle de Calixthe Beyala qui a été accusée, par trois fois, de plagiat et qui a pourtant reçu, en 1996, le prix de l’Académie française en 1996 pour son roman, Les Honneurs perdus, largement inspiré de La Route de la faim  de Ben Okri (Julliard, 1994). Aujourd’hui encore, Calixthe Beyala continue de publier des livres et d’être considérée comme une femme de lettres à part entière.

Dans Une histoire des best-sellers (Flammarion), Frédéric Bouvillois montre que les plagiats sont souvent liés à la négritude. En effet, comme on l’a vu par exemple, avec la biographie d’Hemingway par PPDA, les collaborateurs, peu scrupuleux, recopient des passages entiers de livres issus de leur documentation, sans prendre soin de les mettre entre guillemets et de faire une note en bas de page. Frédéric Bouvillois donne ainsi quelques exemples de ces auteurs qui ont eu recours à des collaborateurs plagiaires, et notamment Jacques Attali pour Histoire du temps (1982) fortement inspiré du Traité du sablier d’Ernest Jünger. À l’époque, c’est Jean-Edern Hallier qui révèle l’affaire. Et pourtant… Jacques Attali a-t-il été sanctionné ? A-t-il été boudé par ses lecteurs ? Absolument pas. Ses livres demeurent des best-sellers.

L’enquête du Monde s’interroge sur cette impunité en matière de plagiat. C’est d’un point de vue juridique que la journaliste analyse le problème. Ainsi lit-on que « Pour Christophe Bigot, avocat de Flammarion et d'Albin Michel depuis quinze ans, la relative impunité du plagiat cède parfois la place, aujourd'hui, à l'opprobre moral : "Une réprobation générale s'abat et persiste", note Me Bigot. L'avocat souligne que les condamnations judiciaires sont aussi beaucoup plus lourdes, les dommages et les indemnités plus élevés qu'en cas de diffamation. Pour l'éditeur, "cela coûte cher en honoraires, cela abîme l'image de la maison, cela rend compliquées les relations avec les auteurs", renchérit Me Pierrat. Quand l'équation d'un auteur se résume à un livre = un procès, l'éditeur finit par faire ses comptes, dit-il. La fin de l'impunité passera peut-être par là. » C’est avec son carnet de chèque que l’éditeur règle donc les plagiats.

histoire des best-sellers

L’analyse de Frédéric Bouvillois dans son Histoire des best-sellers est également très intéressante. En effet, après avoir rappelé les affaires de plagiat (qui aboutirent toutes à un non lieu) autour du roman de Marc Lévy, Et si c’était vrai ?, l’auteur montre que le plagiat peut être aussi parfois « une illusion d’optique ». En effet, en reprenant l’exemple du roman de Marc Lévy, il explique que « plus un livre est banal, plus il pourra donner le sentiment à d’autres auteurs d’ouvrages également banals de les avoir plagiés, plus il suscitera chez ces derniers colère et ressentiment. »

Mais il n’y a pas que cela. Certes, ces pratiques sont déplorables, certes, il paraît scandaleux que tous ces auteurs puissants, à succès s’en sortent toujours sans trop de dommages… En réalité, ce sont les lecteurs qui font leur succès. Les lecteurs, je le note souvent lorsqu’il est question des nègres littéraires, ont beau être choqués en apprenant que PPDA, par exemple, n’est pas l’auteur de certains de ses livres, ou que Attali a des collaborateurs, ils continuent de les lire parce qu’ils sont attachés à ces personnages publics. Enfin, dans le cas du plagiat, il est difficile parfois de déceler soi-même des reprises précises. On se souvient de l’affaire qui a opposé Camille Laurens à Marie Darrieusecq. On n’a pu être insensible aux arguments de Camille Laurens blessée par la publication d’un texte si semblable à son Philippe : Tom est mort. Et malgré cette mise en garde, j’ai lu ce roman de Marie Darrieusecq et j’ai trouvé ce texte bon. Certes, la polémique portait sur le « plagiat psychologique » : l’auteur plagiaire était accusée d’avoir volé une idée de roman, celle de la mort d’un enfant, alors qu’elle, n’a jamais connu cette tragédie. Toutefois, la curiosité pousse parfois le lecteur à lire un auteur plagiaire parce qu’il a connu ainsi le scandale ou parce qu’il éprouve pour lui une certaine sympathie, quel que soit l’objet de son délit. C’est peut-être pour toutes ces raisons qu’en France, nous sommes assez tolérants à l’égard des plagiaires…

 

Sources : 

- Beatrice Guerry, "Le Plagiat sans peine", Le Monde des Livres, 22 septembre 2011

- Frédéric Rouvillois, Une histoire des best-sellers, Flammarion

 

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 11:56

joseph.jpgDepuis que les médias ont dénoncé les copier-coller de Joseph Macé-Scaron  dans plusieurs de ses romans, les langues, dans le petit milieu journalistique, ont commencé à se délier, en off bien sûr. Certains journalistes m’ont en effet confié que le patron du Magazine littéraire était coutumier du fait, y compris en ce qui concerne ses articles de presse. Il se murmure pas mal de rumeurs dans ce milieu qui ne sont pas toujours avérées. Je ne comprenais pas pourquoi, si leurs accusations étaient fondées, ces journalistes ne dénonçaient pas ces plagiats. Cela me semblait en effet intéressant de montrer que ce super actif (sévissant dans les médias et trouvant en plus le temps d’écrire des romans) ne se gêne pas pour appliquer sa technique de l’ « intertextualité » dans tous les domaines. J’ai continué donc de suivre cette affaire de plagiat de loin, estimant  que les dernières révélations de plagiat remontaient à plus de vingt ans et donc étaient quelque peu périmées : cela relevait plus du règlement de compte que de l’information.

 

Finalement, c’est le site de L’Express qui s’est jeté à l’eau en publiant un article titré « Plagiat : Macé-Scaron le journaliste aussi... ». Le voici l’article tant attendu, celui qui montre les véritables méthodes de travail d’un homme très occupé, qui n’a pas le temps de rédiger seul ses articles ! Et je journaliste, Jérôme Dupuis, de prendre un premier exemple tiré d’un article du 8 juillet 2006, dans Marianne et intitulé « Catulle, le Rimbaud de Vérone » qui correspond, mot pour mot  à un article paru dans le magazine Lire en 2004, de la journaliste Laurence Liban. Selon Jérôme Dupuis, la journaliste n’aurait pas eu vent de ce copier-coller et l’affaire en est resté là.

 

Mais, Joseph Macé-Scaron, selon le journaliste de L’Express, aurait récidivé quelques semaines plus tard, le 16 septembre 2006 avec un article intitulé : « Le tiers état culturel ». Une fois encore, c’est dans le magazine Lire qu’il trouve son inspiration. Il s’agit d’un article de Delphine Peras au sujet d’un livre du sociologue Bernard Lahire sur la condition des écrivains. Il fait plus que s’inspirer du texte de la journaliste, il le reprend mot pour mot.

 

Jérôme Dupuis réserve l’exemple le plus pour la fin : une critique de Macé-Scaron sur l’œuvre de l’italien Antonio Tabucchi,  parue dans Marianne, en mai 2006, recopiée d’un article du Matin (daté de 1987) qui se trouvait retranscrit sur la quatrième de couverture du livre de Tabucchi !

 

Ces nombreux exemples ne sont donc pas, comme veut nous le faire croire Macé-Scaron, une simple « connerie », c’est une méthode de travail. Incapable de consacrer le temps nécessaire à lire et à écrire des articles issus de sa propre réflexion, il préfère recopier ce qui a été écrit pas d’autres et qu’il juge assez bon pour être repris par lui, le directeur du Magazine littéraire.

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 12:11

tiquet-d-entree.jpgEncore une nouvelle histoire de plagiat… Après le journaliste, Patrick Poivre d’Arvor et sa biographie sur Hemingway, c’est au tour du directeur adjoint de Marianne, Joseph Macé-Scaron, d’être épinglé. Effet, dans  Ticket d’entrée, paru chez Grasset en avril dernier, il apparaît que l’auteur se serait très fortement inspiré, dans certains passages de son livre, d’un recueil de chroniques - American rigolos : Chroniques d'un grand pays (Payot-Rivages, 2003) - de Bill Bryson.


Un internaute aurait contacté les sites  @rrêt sur images ainsi que  Acrimed pour indiquer la fraude ainsi que les passages repris. Bien sûr, Macé-Scaron ne s’est pas démonté et a expliqué  à l’AFP sa démarche : « La littérature ne s'écrit pas ex-nihilo, les auteurs se nourrissent les uns des autres et l'ont toujours fait. L'intertextualité, c'est un classique de la littérature, même si je n'ai pas la prétention de me mettre à la hauteur des grands auteurs. Il y a par exemple chez Montaigne 400 passages empruntés à Plutarque... Si on ne connaît pas un sujet, on invente ou on le prend dans d'autres textes. Moi, je ne connais rien à l'informatique et c'est pourquoi j'ai emprunté des passages des chroniques de Bill Bryson où il en était question ». Certes, les écrivains qui sont pour la plupart du temps, de grands lecteurs, sont souvent influencés par leurs lectures. Mais l’intertextualité se définit comme le plaisir, pour le lecteur, de retrouver la référence à telle ou telle œuvre. Même si, comme il le prétend, Macé-Scaron a donné à la page 87 le nom de Bill Bryson et la référence à son livre, les passages recopiés n’apparaissent dans son roman qu’à partir de la page 216. Comment faire le lien entre les deux textes ? Et qui connaît Bryson au point de reconnaître les emprunts ?  

 

Joseph Macé-Scaron reconnaît avoir fait  « une connerie » mais se justifie en expliquant : « Je prends habituellement en note sur un cahier des éléments que je lis, qui me semblent intéressants ou drôles. À l'origine, je ne pensais pas me servir de ces extraits ». Finalement, oubliant d’où provenaient ces extraits, l’auteur les a repris tels quels dans son roman.


Cette affaire m’interpelle sur plusieurs points. D’abord, je trouve étrange qu’un internaute écrive à Acrimed ainsi qu’à @rrêt sur images pour indiquer précisément les passages plagiés, et ce, plus de quatre mois après la parution du roman. Pourquoi avoir attendu autant ? Il est évident que le dénonciateur n’est pas un lecteur lambda. Ensuite, Joseph Macé-Scaron affirme avoir repéré des passages intéressants dans les chroniques de Bryson mais n’aurait pas pris le temps de les récrire. Supposons (et pourquoi douter de sa bonne foi ?) qu’il ait vraiment oublié de « retravailler » ces passages, cela supposerait donc qu’il lui a manqué de temps pour peaufiner son texte… L’auteur met l’accent sur un fait important : l’édition, entreprise comme une autre, doit faire des profits et pour être rentable, doit produire tant et plus… Macé-Scaron, très occupé par ses fonctions au sein de Marianne, du Magazine littéraire, et chroniqueur régulier à la télé comme à la radio, n’a donc pas eu le temps de récrire des passages qui n’ont peut-être pas attiré l’attention d’un éditeur pressé par de nombreux dossiers. Pourquoi, en effet, passer des heures à écrire et corriger un livre quand on sait qu’au bout de quelques semaines seulement celui-ci aura disparu des librairies ?


Dans un tout autre ordre, cette affaire m’a rappelé les propos de Camille Laurens qui, en 2007, s’était exprimée sur son sentiment d’avoir été plagiée par Marie Darrieusecq. Elle avait alors évoqué l’image de l’écrivain utilisant son stabilo pour surligner, dans les livres qui l’intéressent, les passages qu’il reprendra dans son prochain roman. Elle n’avait pas tort : les copier-coller semblent être légion ces derniers temps dans l’édition, que ce soit dans les travaux universitaires comme dans les œuvres de fiction ou les documents. 

 

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 12:18

de gaulleVous me direz que j’arrive après la bataille, que tout  été dit sur le sujet et que cette polémique n’en valait certainement pas la peine. Eh bien soit. Mais cette affaire De Gaulle au programme de Terminale littéraire est opaque, bien plus opaque que certains voudraient nous le faire croire.

 

Cette polémique lancée par les enseignants du lycée affiliés au SNES concerne le nouveau programme des élèves de Terminale littéraire. En effet depuis près de quinze ans, les bacheliers ont un programme imposé en littérature. Quatre livres sont au programme, se renouvelant pour moitié tous les ans. Ainsi, pour l’année 2010-1011, les élèves plancheront sur  L’Odyssée d’Homère (Chants V à XIII) et Fin de partie de Beckett, programme repris de l’année précédente, ainsi que sur Tous les matins du monde de Quignard et adaptation cinématographique d’Alain Corneau et enfin les fameuses  Mémoires de guerre, tome III, « Le Salut, 1944-1946 » de De Gaulle.

 

Comme vous pouvez le constater, en général, les œuvres littéraires choisies font partie de notre patrimoine littéraire. Or, avec ces mémoires de De Gaulle, on se dirige plutôt vers la culture. Je dis « plutôt » car, contrairement à ce qui est souvent colporté ici et là et qui suscite la polémique, De Gaulle a une plume, classique, c’est vrai mais une plume quand même. Les portraits qu’il tire d’Eisenhower ou de Staline par exemple sont bien sentis, ses emportements lyriques sont à la fois outranciers et travaillés. Bien sûr, sa véhémence, sa satisfaction de lui-même et son côté colonialiste peuvent horripiler. C’est d’ailleurs la réaction que j’ai eue en février dernier lorsque j’ai dû le lire de près : à cette époque, de passage chez Hatier, je travaillais sur les œuvres du nouveau programme littéraire. Certes, le style est une affaire de goût mais je ne pense pas que l’on puisse balayer d’un revers de la main celui de Gaulle, parce qu’il correspondait au goût d’une époque. Et c’est bien ça le problème : les idéologies gaullistes peuvent non seulement déplaire mais aussi susciter le doute quant au choix d’un livre pareil. Le programme de Terminale prévoit que les élèves étudient des œuvres littéraires qui ont un fort impact dans le patrimoine. Or, ces mémoires ne peuvent guère se comparer à une œuvre aussi incontestable que L’Odyssée, ni même à Fin de Partie. Lorsqu’on ouvre n’importe quelle encyclopédie consacrée à la littérature (j’en possède plusieurs), un article, toujours conséquent, est réservé à De Gaulle écrivain. Voilà un florilège de ce qui en est dit : « De Gaulle s’inscrit dans la tradition française qui associe littérature et politique », « sûreté du verbe », « concision de la syntaxe », « efficacité du choix des mots », « sa phrase est parfois très proche de celle des Mémoires d’Outre-tombe (…), proche de celle de Chateaubriand et des romantiques par le sentiment de la grandeur, par le goût de l’universalité et de la prophétie », « sobriété qui l’apparente aux penseurs du XVIIème siècle, comme La Rochefoucauld, du XVIIIème siècle, comme Vauvenargues , ou du XIXème siècle, comme Joubert »,  « sa conception de la France, qui fait de la nation une personne et l’investit d’une vocation, est tout entière héritée de Michelet et de Péguy », « le lyrisme, le souffle, le sens du portrait font le style même de ces Mémoires ». Certains penseront que c’est sans doute exagéré, mais il apparaît assez clairement que De Gaulle a voulu se rapprocher de ces écrivains. Le troisième volume en tout cas est des plus lyriques et l’on retrouve de nombreuses références littéraires.

 

Pourtant, on peut se poser la question d’un choix pareil. Une émission  passionnante sur Arrêt sur images est consacrée au sujet. Sur le plateau, animé par Judith Bernard, l’éditeur de De Gaulle en Pléiade, Jean-Luc Barré, l’écrivain Stéphane Zagdanski (Pauvre de Gaulle) et Daniel Schneidemann qu’on ne présente plus. Emission passionnante, donc, car on se rend bien compte que la figure d’homme d’État vient sans cesse parasiter l’analyse littéraire. Pourtant, Judith Bernard ne perd pas le fil et ramène ses invités au sujet qui nous intéresse ici : la littérature. Grâce aux questions posées et aux nombreux extraits lus et commentés, on se fait une certaine idée non pas de la France mais de la littérarité des Mémoiresde De Gaulle. On se rend compte aussi que ce qui passe pour du style pour les uns est du verbiage pour les autres et inversement. Je vous recommande vivement cette émission car elle entre véritablement « Dans le texte ».

 

Alors quel est le problème ? Eh  bien il y en a un toutefois et l’on ne peut faire fi des réactions plus ou moins passionnées des enseignants qui s’insurgent contre ce choix au bac Littéraire. Dès le 5 février, le Snes a fait publier un communiqué expliquant pourquoi étudier De Gaulle en Terminale n’est pas judicieux : ce troisième tome des Mémoires de guerre n’est pas une œuvre majeure et surtout il semble difficile d’accès pour des élèves de 17-18 ans. En cela, je suis complètement d’accord. D’un point de vue pédagogique, ce livre n’est pas facile à lire. Certains élèves y parviendront sans doute mais certainement pas la majorité. D’aucuns me répondront que Fin de partie est également d’un niveau très élevé, toutefois, Beckett pose des questions langagières et existentielles. Le Snes ne remet pas en cause le choix qui pourrait être politique contrairement au collectif d’enseignants « Lettres volées ». Le site @si, encore lui, a fait une longue enquête sur le sujet et rapporte un point important : la responsabilité du pouvoir politique dans ce choix. En effet, « une déclaration d'Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République, en octobre, et personnalité particulièrement sensible aux grandes mythologies françaises, avait mis la puce à l’oreille des enseignants.


Il y exprimait clairement sa volonté que l’Elysée mette son nez dans les programmes scolaires. De là à voir dans le choix de De Gaulle au bac la main de Guaino, il n’y a qu’un pas. Que sous-entend la pétition des Lettres volées. « Ce choix (...) on pourrait le soupçonner de flatter la couleur politique du pouvoir en place. À la prochaine alternance, devrons-nous enseigner L’Armée nouvelle de Jean Jaurès, ou l’essai sur le mariage de Léon Blum? Nous transmettons des valeurs républicaines; pas des opinions politiques », écrivent-ils ». Autre coïncidence : la commission choisissant le programme de Terminale littéraire est composée de cinq inspecteurs généraux de l’Éducation nationale, dont Philippe Le Guillou, écrivain et gaulliste convaincu (les éditions Gallimard ont réédité justement cette année Stèles à De Gaulle). Mais l’inspecteur se justifie dans L’Humanité rappelant « les qualités littéraires de l’œuvre, et le double anniversaire gaullien : son appel et sa mort ». Logiquement, les enseignants doivent accepter ce choix qui ne serait donc que littéraire. Sauf que cette année et pour la première fois, les profs de lettres n’ont pas été convoqués à l’Inspection générale pour proposer une liste de livres comme c’est la coutume et discuter avec les inspecteurs du choix du programme…  Voilà une façon frontale de passer un livre en force et qui, pour ma part, continue à me poser question.

 

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 17:04

cadeaux.jpgVous y avez cru, hein ? Eh bien non... Vous êtes passé à côté d'une belle occasion de gagner plein de lots super fun et sympa. Mais promis, dans la suite du billet, je vous donne deux astuces pour gagner des cadeaux. Un peu de patience ! Toutefois, je fais une petite digression pour vous expliquer pourquoi je ne veux pas me transformer en Mère Noël. Très récemment, j’ai reçu une demande de la part d’une boîte de com’ : j’ai la possibilité de recevoir deux exemplaires d’un même bouquin. Le premier est pour moi (c'est bien généreux) et le second pour le gagnant du formidable jeu que j’organiserai. Eh bien non. Ça ne me tente pas du tout ce genre d’exercice. Pas du tout envie de créer cette loterie avec vous… Pas du tout mon style ni ce que j’ai envie de faire ici. Donc… mes amis, vous n’aurez pas de cadeaux déguisés de ma part.


Mais revenons à ce qui vous intéressent, les cadeaux. Un chargé de médias sociaux au sein du groupe France Loisirs m'a fait savoir que l'on pouvait participer à un jeu créatif : « À partir du lundi 21 juin, nous lançons une opération inédite autour de l’écriture collaborative sur Facebook. Le principe est le suivant : par l’intermédiaire d’une application, une auteure à succès, Anna Gavalda, va rédiger le début d’un roman.

Les utilisateurs de l’application seront ensuite amenés à en proposer une courte suite, et à voter pour les contributions des autres internautes. La proposition ayant rencontré le plus fort succès vient compléter le récit, et le cycle redémarre, chacun pouvant de nouveau proposer une nouvelle suite ».

Le communiqué de presse ajoute que  « les plus talentueux et imaginatifs recevront un exemplaire orné d’une dédicace personnalisée du nouveau roman d’Anna Gavalda ». Il s’agit de La Consolente

 

Mouais… Donc, pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez aller sur Facebook montrer vos talents littéraires et surtout vous prendre pour Anna Gavalda. Cerise sur le gâteau, vous aurez la chance de recevoir son prochain opus. Vous me raconterez…

 

Dans le même genre, mais cette fois, plus étonnant, c’est Fluctuat, qui vous propose de vous prendre pour… Houellebecq. On n’est franchement plus dans le même registre. Le site se désole que l’on ne sache rien du prochain roman de l’auteur sinon qu’il sera tiré à 120 000 exemplaires, qu’il aura pour titre La Carte et le territoire. Un indice encore : « Michel Houellebecq met en scène une galerie de personnages, dont lui-même, et centre son histoire sur un artiste contemporain qui expose des cartes Michelin » (Livres Hebdo). Aussi, pour nous faire patienter, et surtout créer le buzz, Fluctuat propose… un jeu concours ! Ici, il est question d’écrire les premières lignes de ce roman mystérieux… Les gagnants remporteront bien évidemment des livres.


 À vos marques ! prêts ?…

 

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:33

moutonsUn nouveau coup de gueule en ce mercredi contre notre cher ministre de l’Éducation. Le Monde a publié lundi dernier un document qui aurait dû rester confidentiel : « Schémas d’emplois 2011-2013 ». Alors, si vous comptez passer le concours et grossir les rangs du corps de l’enseignement, ce n’est pas avec ce projet que vous y parviendrez aisément car il n’est pas, contrairement à ce que le titre indique, question de créer des emplois mais de trouver des stratégies pour supprimer des postes dans le primaire comme dans le secondaire.

Notre ministre a eu recours à des spécialistes de l’école qui lui ont affirmé qu’un élève de plus dans une classe ne changeait rien au niveau de l’enseignement délivré. « Les académies sont donc invitées à envisager cette solution qui permet rapidement des économies de postes. « En théorie, une augmentation d’un élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de 10 000 classes, soit un peu plus du contingent total » ». Certes, il est indéniable qu’une classe avec 27 ou 28 élèves ne changent rien au problème. Notre cher ministre peut même décider d’augmenter de deux élèves par classe s’il le souhaite et se fendre d’avoir raison : le niveau reste le même ! Eh oui… Pas besoin de faire une étude sur le terrain pour se rendre compte qu’une classe de 25 ou 28 élèves est très difficile à gérer lorsque l’on a affaire à des enfants en grande difficulté scolaire. Ce n’est pas en grossissant les effectifs des classes que l’on permettra aux élèves de progresser, mais au contraire en les réduisant sensiblement. Moins une classe est chargée, moins l’on passe de temps en discipline. Je ne comprends pas ce projet qui va à l’encontre de la réforme du lycée qui prévoit de multiplier les heures de soutien et de tutorat. Ces heures permettent justement de travailler en petits groupes, d’approfondir ou de revenir sur des points qui n’ont pas été compris par les élèves.

Désormais, tout projet envisagé par le ministère de l’Éducation semble viser un objectif : réduire le budget. Est ainsi prévu pour l’an prochain de demander aux étudiants souhaitant passer les concours d’avoir un bac+4 (et non bac+3), d’entrer directement dans le métier sans formation à l’IUFM. La plupart des académies ne recevront pas ces jeunes profs, c’est l’académie de Créteil qui en recevra une bonne part… Une académie des plus tranquilles, comme chacun sait… À présent, on nous annonce que les classes seront un peu plus surchargées. Avec la suppression de la carte scolaire, de plus en plus de parents, frustrés de ne pouvoir inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix, décident de se tourner vers le privé. Bien évidemment, notre très cher ministre, ne se doutait pas d’une telle réaction des parents…

Et pour enfoncer le clou, j’entends ce matin dans la revue de presse sur France Inter, que les parents se plaignent du manque d’autorité des professeurs…

 

 

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 00:00

masterisation.gifMalgré les jours qui passent, je garde une très grande colère en moi, colère que je compte bien partager avec vous. Comme vous le savez, je suis une enseignante insatisfaite mais je me sens très engagée et ne peux me résoudre à cette évolution de l'école…  


Des réformes sont nécessaires, personne ne peut le nier, mais lorsque l’on regarde de près ce qui se prépare, on est en droit de se demander comment notre cher gouvernement envisage l'avenir. Les étudiants qui auront leur concours de CAPES ou d'agrégation commenceront à travailler dans un établissement scolaire à temps plein dès la rentrée de septembre… Ce n’est qu’en fin d’année qu’un inspecteur viendra les rencontrer pour donner son verdict. Ce n’était bien sûr pas le cas jusqu’à présent : autrefois, il existait l’école normale des maîtres, formation exemplaire puisque les étudiants étaient encadrés par des enseignants pendant de longs mois et apprenaient réellement la pédagogie. Aujourd’hui bien malin celui qui m’expliquera ce qui se cache derrière ce terme (mais je suis preneuse de toute proposition intéressante !). À la rentrée 1990, les IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) font leur apparition… Dès lors, pas mal de choses changent. Les professeurs du secondaire se voient attribuer une ou deux classes (six heures par semaine maximum) ainsi qu’un tuteur, professeur enseignant dans le même établissement, chargé d’observer les cours de son collègue, de lui donner des conseils… Une fois par semaine, l’enseignant allait à l’IUFM suivre des cours, il est vrai peu stimulants et surtout il devait soutenir en fin d’année un mémoire reposant sur une problématique propre à son expérience. Contrairement à 'opinion commune, je trouvais ce mémoire très intéressant car il permettait au professeur en devenir de réfléchir à ses pratiques, à sa relation aux élèves, et de chercher des solutions pour s’améliorer.

 

Mais notre gouvernement qui cherche à faire des économies dans les secteurs peu rentables a eu la riche idée de mettre les jeunes enseignants en situation directement. Pour cette cession seulement. L’an prochain, les étudiants en Master 1 (maîtrise) pourront faire un stage d’observation et de pratique accompagnée (non rémunéré) ainsi qu’un stage en responsabilité d’une durée maximale de 108 heures (équivalent à 6 semaines de 18 heures) encadré par un professeur référent (cette fois, le stage est rémunéré). Les enseignants qui auront eu leur concours cette année seront les grands sacrifiés puisqu’ils n’auront pas eu ces quelques semaines de stage… Ces stages d'une année complète comme autrefois sont inutiles puisque comme chacun sait, tout le monde sait enseigner et plus encore « tenir » (très vilain mot) une classe. Mais, il ne suffit pas de penser que l’on aime les jeunes, ni sa matière, pour prétendre que l’on peut enseigner. D’ailleurs nombre d'enseignants se souviennent du bon temps où ils donnaient, étudiants, des cours particuliers et reconnaissent qu'il n'y a aucun rapport entre ce soutien scolaire et le fait d'enseigner devant une classe de 25 élèves. On ne transmet pas le même savoir à un élève qui nous paie et dont les parents ont des attentes particulières et à une classe au niveau souvent hétérogène. Pour en prendre conscience, il faut bien évidemment vivre cette expérience mais pour savoir comment pallier cette difficulté, un tuteur est nécessaire. Avec lui, on peut non seulement échanger mais surtout demander de l’aide. Derrière cette décision de supprimer cette formation, se cache la volonté de faire des économies et d’encourager les parents à inscrire leurs enfants dans le privé.

 

L'idée de proposer un stage avant de passer le concours est toutefois intéressante : en étant devant une classe, même en observateur passif, on touche déjà du doigt la réalité du métier. C’est une première immersion qui, d’emblée, permet de savoir si l’on a envie ou non de continuer dans cette voie. Certains étudiants pourraient, après ce premier stage, juger que l’école telle qu’elle existe aujourd’hui n’a pas de rapport avec celle qu'ils fantasment. Cette réalité peut aussi bien décourager que motiver parce que l’on se rend compte qu’il y a des choses à faire…

 

J’ai évoqué un secteur public que je connais bien, mais hélas, la situation est la même dans les hôpitaux, et très certainement dans bien d’autres domaines. Certains diront que tout cela coûte bien cher et que des économies sont nécessaires, le problème est de savoir quelle société nous souhaitons. Concernant l’école, il est clair que l’État a pensé à restreindre ses dépenses sans se soucier du devenir des jeunes enseignants et par conséquent de la qualité des cours proposés…

 

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 14:31

Souvenez-vous, c’était il y a un an et demi déjà : le fils de Nabokov avait pris la décision de publier le dernier manuscrit de son père, contre la volonté de celui-ci. En effet, l’auteur de Lolita, en 1977, avait fait promettre à sa femme de détruire son texte puisque la mort l’emporterait avant d’avoir le temps de finir son projet. L’épouse respecta le choix de Nabokov mais ne se résigna pas à détruire le manuscrit. Le fils, Dmitri Nabokov, lui, n’a pas les mêmes scrupules. Seul héritier, il annonce, dès mai 2008, qu’il fera paraître le livre.

 

Grâce au site canadien Cyberpresse, on apprend que Dmitri Nabokov a confié le manuscrit à l’agent Andrew Wylie qui a négocié les droits avec les maisons d'édition Knopf/Random House aux États-Unis, et Penguin en Grande-Bretagne. Résultat : le roman, The original of Laura, paraîtra simultanément le 17 novembre prochain à New York et à Londres.

 

Evidemment, cette publication suscite beaucoup de réactions. Toutefois, Gavriel Shapiro (universitaire et spécialiste de Nabokov) défend la position du fils : «Dmitri a pris la bonne décision. Si son père avait voulu détruire le manuscrit il l'aurait fait lui-même». Et de préciser que Nabokov avait déjà fait une tentative de destruction avec une ébauche de son roman le plus célèbre, Lolita. De même, Dmitri Nabokov confie dans une interview télévisée réalisée par la BBC en 2008 à Montreux : «Mon père m'a dit un jour quels étaient ses livres les plus importants. Il avait fait allusion à Laura. Un auteur ne qualifie pas d'important un livre qu'il demande de détruire. Il n'aurait pas agi de façon aussi dramatique s'il n'avait pas vu la mort si proche».

 

En France, Gallimard laisse entendre qu’elle publiera Laura. Pour le moment, rien n’est officiel.

 

Pour les curieux, le magazine américain Playboy, publiera les bonnes feuilles  du roman dans son numéro du 10 novembre.

 

Avis aux amateurs…

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article
11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 11:09

La rentrée littéraire commence officiellement jeudi 13 août, avec notamment la sortie du très attendu Column McCann (Et que le vaste monde poursuive sa course, chez Belfond) mais dores et déjà, le trublion germanopratin, Frédéric Beigbeder, fait parler de lui : Un Roman français (qui paraît le 18 août aux éditions Grasset) aurait été « censuré » !

 

Juin dernier, journalistes et libraires reçoivent les épreuves du roman. Il s’agit d’une autofiction dans laquelle l’auteur raconte cette fameuse nuit de 2008 où il avait été interpellé par la police pour avoir sniffé de la cocaïne sur le capot d’une voiture en pleine rue. S’en était suivie une garde à vue prolongée de 24 heures à la demande du procureur de la République, Jean-Claude Marin. C’est à lui que s’en prend directement Frédéric Beigbeder au chapitre 27 de son livre : «Personne ne parle jamais de Jean-Claude Marin. Normal, c’est chiant d’être Jean-Claude Marin» (ce qui n'est pas tout à fait vrai au vu des nombreuses polémiques dont il fait l'objet).

 

Ouh le méchant… L’éditeur de Frédéric Beigbeder, Olivier Nora, craignant des problèmes juridiques avec le procureur de la République a préféré demander à l’auteur de revoir sa copie. Cette petite phrase cinglante disparaît donc dans la nouvelle version, plus édulcorée : « Les mots : Jean, Claude, et Marin, pour les générations à venir seront le symbole de la Biopolitique Aveugle et de la Prohibition Paternaliste ».

 

Ce qui est amusant c’est que l’auteur de 99 Francs est un expert en marketing. Bourré d’imagination, l’année dernière il envisage de faire paraître son roman, Au Secours Pardon en juin et de n’accorder aucune interview télé réservant une unique vidéo à Thomas Clément reprise ensuite par les différents médias. Les ventes ne furent pas à la hauteur de ses espérances mais c’était une façon de faire parler de son bouquin bien avant le déferlement de la rentrée. Cette année, il récidive avec une idée plus ingénieuse encore : faire croire que son livre aurait été « (auto)censuré ». Pourquoi je ne crois pas à cette histoire ? D’abord parce que je suppose que l’éditeur de Frédéric Beigbeder est un homme sérieux qui a pris le temps de lire le roman avant de le mettre sous presse. Il n’a donc pas pu passer à côté de ce chapitre litigieux… Mais, Le Monde rapporte que l’éditeur n’aurait pas prêté attention à ce passage : « Je m'étais d'abord concentré sur une lecture littéraire du manuscrit de Frédéric Beigbeder et je lui ai fait des remarques de style », dit-il. « C'est en relisant à tête reposée le livre dans cette version que le caractère provocateur et grinçant de certains passages m'a sauté aux yeux », dit-il. Olivier Nora - dont l'avocat Jean Veil est aussi celui de Jean-Claude Marin - a convaincu Frédéric Beigbeder de procéder à des coupes, afin d'éviter « une promotion par le scandale » et surtout une menace de référé, en cas d'outrage à magistrat ». Ensuite, le magistrat a voulu répondre aux attaques de Frédéric Beigbeder dans un communiqué que l’on peut lire, entre autres, dans le webmagazine littéraire, Bibliobs

 

 En attendant, Beigbeder peut savourer sa « promotion par le scandale ». C’est lui qui inaugure cette rentrée « littéraire ».

La rentrée littéraire commence officiellement jeudi 13 août, avec notamment la sortie du très attendu Column McCann (Et que le vaste monde poursuive sa course, chez Belfond) mais dores et déjà, le trublion germanopratin, Frédéric Beigbeder fait parler de lui : Un Roman français (qui paraît le 18 août aux éditions Grasset) aurait été « censuré » !

 

Fin du printemps dernier, journalistes et libraires reçoivent les épreuves du roman de Beigbeder. Il s’agit d’une autofiction dans laquelle l’auteur raconte cette fameuse nuit de 2008 où il avait été interpellé par la police pour avoir sniffé de la cocaïne sur le capot d’une voiture en pleine rue. S’en était suivie une garde à vue de prolongée de 24 heures à la demande du procureur de la République, Jean-Claude Marin. C’est à lui que s’en prend directement Frédéric Beigbeder au chapitre 27 de son livre : «Personne ne parle jamais de Jean-Claude Marin. Normal, c’est chiant d’être Jean-Claude Marin».

 

Ouh le méchant… L’éditeur de Frédéric Beigbeder, Olivier Nora, craignant des problèmes juridiques avec le procureur de la République a préféré demander à l’auteur de revoir sa copie. Cette petite phrase cinglante disparaît donc dans la nouvelle version : « Les mots : Jean, Claude, et Marin, pour les générations à venir seront le symbole de la Biopolitique Aveugle et de la Prohibition Paternaliste ».

 

Ce qui est amusant c’est que l’auteur de 99 Francs est un expert en marketing. Bourré d’imagination, l’année dernière il envisage de faire paraître son roman, Au Secours Pardon en juin et de n’accorder aucune interview télé réservant une unique vidéo à Thomas Clément reprise ensuite par les différents médias. Les ventes ne furent pas à la hauteur de ses espérances mais c’était une façon de faire parler de son bouquin bien avant le déferlement de la rentrée et de sortir du lot. Cette année, il récidive avec une idée plus ingénieuse encore : faire croire que son livre aurait été « (auto)censuré ». Pourquoi je ne crois pas à cette histoire ? D’abord parce que je suppose que l’éditeur de Frédéric Beigbeder est un homme sérieux qui a pris le temps de lire le roman avant de le mettre sous presse. Il n’a donc pas pu passer à côté de ce chapitre litigieux… Mais, Le Monde rapporte que l’éditeur n’aurait pas prêté attention à ce passage : « Je m'étais d'abord concentré sur une lecture littéraire du manuscrit de Frédéric Beigbeder et je lui ai fait des remarques de style », dit-il. « C'est en relisant à tête reposée le livre dans cette version que le caractère provocateur et grinçant de certains passages m'a sauté aux yeux », dit-il. Olivier Nora - dont l'avocat Jean Veil est aussi celui de Jean-Claude Marin - a convaincu Frédéric Beigbeder de procéder à des coupes, afin d'éviter « une promotion par le scandale » et surtout une menace de référé, en cas d'outrage à magistrat ». Ensuite, le magistrat a voulu répondre aux attaques de Frédéric Beigbeder, réponse que l’on peut lire entre autres dans le webmagazine littéraire, Bibliobs…

 

 En attendant, Beigbeder peut savourer sa « promotion par le scandale ». C’est lui qui inaugure cette rentrée « littéraire ».

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
commenter cet article