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Un blog sans langue de bois sur la littérature. Pour me contacter : annesophiedemonchy [@]lalettrine.fr

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Le Dernier des fous - Timothy Findley

        Timothy Findley est né en 1930 au Canada, à Toronto. Très jeune, il a l’ambition de devenir artisteL Il commence alors la danse puis le théâtre. Il entre dans une troupe professionnelle, et fait la connaissance de la comédienne Ruth Gordon et de l'écrivain Thornton Wilder qui lui conseillent d’écrire. C’est ainsi qu’en 1967, il publie son premier roman, The Last of the Crazy People, Le Dernier des fous en français, avec grande difficulté puisque les éditeurs canadiens n’en veulent pas et la presse le boudent. Et pourtant, grâce à son troisième roman, Guerres, en 1977, Findley est enfin reconnu comme un écrivain digne de ce nom. Il reçoit le Prix littéraire du gouverneur général. Findley a passé sa vie entre le Canada et le Sud de la France. Il est mort, à Brignoles, dans le Var, en juin 2002.

      Je viens de finir la lecture de son premier roman, Le Dernier des fous (Serpent à Plumes) parce que son adaptation cinématographique est sortie sur les écrans hier. Je n’évoquerai pas le film, pour connaître mon avis, il vous suffira de vous procurer, à la fin du mois, Le Magazine des livres !

      Hooker est un petit garçon de 11 ans, livré à lui-même et en proie à de profondes angoisses, et pour cause : sa mère est folle, elle est cloîtrée depuis des mois dans sa chambre. Elle ne se remet pas d’avoir perdu son troisième enfant, mort-né. Elle réclame donc le silence dans toute la maisonnée. Son père, fou amoureux de sa femme, mais frustré, parce que rejeté, fuit le foyer. Sa tante, peu tolérante et froide, veille à la tenue de la maison. Enfin, son frère Gilbert est alcoolique et sujet à de violentes colères. Comment survivre parmi ces êtres qui lui sont étrangers ? Heureusement, il y a la servante, la souriante et joyeuse Iris et ses quatre chats. Régulièrement, il se rend dans la forêt avec Iris enterrer souris et oiseaux tués par ses animaux. Il lui pose des questions sur les raisons du rejet et de la maladie de sa mère, il veut comprendre pourquoi la situation est si étrange, s’il sera lui aussi obligé d’avoir des enfants, ce qu’est la vie, le mort, l’enfer. Iris aime et protège cet enfant livré à lui-même. Les malheurs pleuvent sur cette ferme canadienne. Les différents membres de la famille n’arrivent pas à communiquer malgré les longs dialogues, ils ne se comprennent pas, s’évitent ou entrent sans cesse en conflit. Ils aimeraient pourtant entrer en contact : chacun, à tour de rôle, frappe à la porte close, de Jessica la mère, mais n’obtient d’elle que des cris terrifiants, Hoocker aimerait jouer avec son grand frère mais celui-ci est paumé et dévalorisé par sa famille se marginalise encore plus.

            L’ambiance est très lourde dans ce huis-clos destructeur construit à la manière des tragédies antiques. Les personnages suffoquent à cause de la canicule, mal dans leur corps comme dans leur esprit, condamnés au silence. La mort est partout présente : l’enfant mort-né, les oiseaux et les souris recueillis par Hooker et bientôt l’une de ses chattes pleine écrasée par Gilbert. La fin est sans appel et ne restera que le dernier des fous.

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S
De préférence à ce roman ci, je ne peux assez conseiller "Pilgrim" du même auteur, l'ouvrage le plus réussi et le plus captivant de Findley
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V
Bonsoir Anne-sophie ! Et voila, il suffisait d'un click... J'ai emprunté "le dernier des fous" il y a quelques mois. Je dois avouer que l'ambiance pesante, moite, dès le début m'a freinée. Cette distance entre une mère et son enfant... bref, je n'ai pas pu continuer ! Tu en as fais une très belle critique ! Peut-être tenterai-je une autre fois ? A bientôt !
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A
Merci pour ces compliments. Ce roman exprime des sentiments ambigus, une folie étouffante, un univers malsain mais c'est un livre vraiment pas mal. Le lecteur n'en sort pas indemne mais comme libéré, grâce à une sorte de catharsis.
C
Un auteur qui a été pour moi un véritavle choc de lecture.
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A
Un choc, véritablement... Après plusieurs jours, je demeure encore abasourdie.
P
Oula oula, encore un livre dont on ne ressort pas entier....Bon je note quand même....Pour ton avis sur le film, ben je regarderais dans le magazine....;o )
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A
Merci !!!
I
L'univers de Findley est vraiment particulier. J'avais beaucoup aimé ce livre. Je ne savais pas qu'une adaptation devait sortir au cinéma. Merci du tuyau :o)
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A
Oui : il est sorti en salles mercredi. Hélas, il n'est pas diffusé dans de nombreux cinémas... En ce moment, les grosses productions envahissent toutes les salles...