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Le Dahlia Noir de James Ellroy est un magnifique roman, très noir justement, très violent, bref une véritable descente aux enfers. En refermant le livre, on se sent déboussolé, perdu et effrayé : l’auteur nous a montré le Mal sans complaisance.
Hier, est sorti en salle l’adaptation du roman par Brian De Palma, film reconnu par l’écrivain lui-même qui a déclaré dans une interview pour la télévision que si le réalisateur n’avait pas de conseil à lui donner pour écrire un livre, lui-même n’avait pas à lui donner de leçon pour tourner un film. Et il a raison. Car, au final, on ne voit pas l’adaptation fidèle du roman mais une nouvelle œuvre.
Le Dahlia noir est un fait divers. En 1947, une jeune comédienne, Betty Short, est retrouvée assassinée dans un terrain vague. Deux flics (incarnés par Aaron Eckhart et Josh Hartnett) mènent l’enquête. Enquête particulièrement pénible et violente puisqu’ils vont plonger dans les méandres de la prostitution, de l’argent sale, de l’inceste et des secrets de famille.
C’est un film de qualité où l’esthétique tient une place majeure, les comédiens incarnent parfaitement ces personnages sombres et ambigus. De Palma a voulu valoriser le glamour à la noirceur. C’est vrai que l’atmosphère générale est adoucie, c’est vrai aussi que l’on ressort du film moins ébranlé qu’à la fin du livre. Mais, pour ceux qui n’ont pas lu le livre (et il faut y remédier), ils prendront un plaisir certain.