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Alors que je devrais progresser dans mes lectures de cette rentrée de janvier et faire baisser ma pile de livres qui ne va tarder à percer le plafond, j’ai eu une envie irrépressible de lire Les Détectives sauvages de Roberto Bolaño, sur les conseils d'une lectrice argentine de ce blog. Certains me diront que décidément je suis très en retard, puisque ce livre incroyablement riche et foisonnant a été publié il y a deux ans aux éditions Christian Bourgois.
Je n’ai pas encore terminé cette longue fresque lyrique, mais je ne puis m’empêcher de vous faire part de cette lecture dont on se remet difficilement. Comment aborder ce roman sans évoquer d’abord l’auteur, Roberto Bolaño qui a prêté ses traits à l’un de ses personnages principaux.
Roberto Bolaño est un véritable phénomène littéraire mondial. Mort en juillet 2003, à l’âge de 50 ans, sa popularité ne cesse de croître. Aux Etats-Unis, il serait l’auteur mort le plus vendu après Tenessee Williams ! Bien évidemment, vu l’engouement que ses romans suscitent, les éditeurs publient tous les inédits que l’auteur n’a pu faire paraître avant sa mort fulgurante. Car, contrairement à la plupart des romanciers, Roberto Bolaño était capable d’écrire plusieurs livres en même temps, en laissant certains en suspend, les reprenant plusieurs années plus tard.
En France, ce sont les éditions Les Allusifs qui ont commencé à faire connaître Bolaño en publiant Amuleto et Monsieur Pain, puis les éditions Christian Bourgois ont pris le relais. Il y a un an paraissait 2666 largement plébiscité par la critique et les lecteurs. En janvier dernier paraissait Le Secret du mal, recueil de textes épars, allant de l’ébauche de roman à la nouvelle intégrale en passant par des textes critiques.
Bolaño naît en 1953 à Santiago du Chili, d'un père camionneur et boxeur et d'une mère enseignante. A 15 ans, il suit ses parents à Mexico. Dès lors, Bolaño décide de devenir poète et abandonne ses études. En 1973, il décide de partir seul pour le Chili mais les événements politiques de l’époque, l’arrivée de Pinochet au pouvoir détourne ses plans. Plus exactement, il est arrêté et emprisonné huit jours. Il rentre alors chez lui à Mexico. Si vous lisez Les Détectives sauvages, vous vous rendrez compte qu’il utilise un certain nombre de faits qui lui sont arrivés. Par exemple, en 1974, avec son ami Mario Santiago Papasquiaro et un groupe d'amis exclus des ateliers d'écriture de l'Uuniversité de Mexico, il décide de créer un mouvement de poésie qui se réclame du Dadaïsme, des poètes de la Beat Generation, de Rimbaud, de Lautréamont ainsi que d’une jeune fille qui se serait suicidée à l’âge de 20 ans (personnage que l’on retrouve sous le nom de Laura Daumian). Le roman commence précisément au moment où un jeune homme, épris de poésie, fait la connaissance de cette équipe révolutionnaire et utopique.
Enfin, comme dans Les Détectives sauvages, Roberto Bolaño quitte le Mexique pour l'Europe : Espagne, France, Belgique … Il mène une vie de bohème au milieu d’artistes et d’écrivains. Toutefois, même si ce roman (comme un certain nombre d’autres) emprunte des éléments de son existence, il n’est pas autobiographique. Ces éléments ne sont qu’un point de départ pour mettre en scène un univers chaotique, violent parfois dérangeant mais jamais impudique.
La suite au prochain épisode !
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