Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un blog sans langue de bois sur la littérature. Pour me contacter : annesophiedemonchy [@]lalettrine.fr

Publicité

Qui sommes-nous, blogueurs ?

Petit coup de gueule en ce mardi matin… J’assiste depuis hier matin à une série de débats avec des auteurs, des éditeurs et des libraires à la Société des Gens de Lettres (je vous en reparlerai plus en détail dans ces prochains jours) et nous blogueurs en prenons pour notre grade, nous qui racontons n’importe quoi dans nos espaces, par manque de sérieux et de professionnalisme. Vous vous en doutez, j’ai bouilli toute la journée, ne souhaitant pas intervenir. A quoi bon ? D’autant que nous savons bien que certains éditeurs commencent à venir vers nous, de façon parfois très maladroite, en espérant que nous n’écrivions pas des textes de qualité sur leurs livres mais disons-le carrément que nous en faisions de la publicité. Je reste donc très circonspecte devant ce genre de stratégie commerciale et finis par ne plus y répondre.

 

L’après-midi, François Samuelson était invité, avec éditeurs et auteurs, à parler de son métier d’agent littéraire. Une dame lève la main et déclare avoir été flouée par une agence peu sérieuse qui lui a fait miroiter une publication prochaine et n’a pas eu en deux ans de nouvelles du moindre éditeur. Cet auteur voulait savoir s’il existait un annuaire des agents et comment reconnaître un agent sérieux. Evidemment François Samuelson est demeuré très vague, conseillant à son interlocutrice de se procurer le Guide Lire.

 

Cet échange m’a fait sourire intérieurement parce que toutes ces personnes qui dénigrent allègrement notre contribution de blogueurs sur Internet auraient, si elles s’en donnaient la peine, pu trouver sur mon blog et ici l’annuaire des agents sérieux de la place de Paris. Inutile de chercher pendant des heures sur Google, c’est le deuxième lien… D’autre part, de nombreux blogs ont relayé l’affaire de l’Agence littéraire qui demande un forfait de la part de son client avant le moindre résultat (et qui d’ailleurs n’en a pas). En faisant encore une fois une recherche très rapide, le prétendant à une agence littéraire sait de quoi il en retourne en consultant quelques sites abordant le sujet et en lisant les nombreux commentaires de personnes flouées et qui ont désormais porté plainte et pour certains obtenu gain de cause. Lire aussi le témoignage édifiant d'un auteur  qui est passé  par cette agence.

 

Enfin, un dernier petit coup de gueule à l’égard de certains internautes qui confondent la fonction de blogueur qui agit à son compte et celui d’agence de renseignements ou d’agents littéraire voire de comité de lecture. Nous ne sommes que des blogueurs et n’avons, en tout cas en ce qui me concerne, pas d’autres prétentions que d’apporter une information, parfois les résultats d’une enquête voire un point de vue ou un commentaire.

 

J’aborde cette question car la semaine dernière j’ai été approchée par un auteur qui cherchait les coordonnées d’un agent littéraire. Il me raconte avec force détails son parcours littéraire, me confie que son œuvre pourrait avoir une véritable importance à l’étranger, etc. Il me donne le nom écorché d’un agent très connu. Je fais la recherche et en un instant, j’ai les coordonnées. Finalement, les aléas de la vie font que je ne prends pas le temps de répondre dans les jours qui suivent à ce mail et ce week-end, je reçois un nouveau mail extrêmement désagréable de la part de cet auteur qui me demande si je suis bien la jeune femme souriante de la vidéo moi qui ne prends pas la peine de répondre. Pour qui me prends-je ? Je suis effarée mais comme il ne se trompe pas sur mon compte, je lui donne l’information… C’est une anecdote parmi d’autres : je reçois chaque semaine des tapuscrits via ma boîte mail avec un message me demandant de l’aide pour trouver un agent ou un éditeur, ou bien un avis sachant que le texte a été refusé par toutes les maisons d’édition.

 

Finalement, c’est cela le problème : nous blogueurs savons ce que nous faisons et pourquoi. Nous pratiquons avec aisance Google, Yahoo et autres moteurs de recherche. Nous savons déjouer certains pièges de la part de sites plus ou moins crapuleux. Mais nombre de gens qui se familiarisent à peine avec Internet débarquent dans un univers qui leur est complètement étranger. Ils ont l’impression qu’ils vont avoir les réponses à toutes leurs questions, à tous leurs problèmes, qu’il suffit de demander pour obtenir satisfaction. Ils confondent toutes les fonctions : journalistes, blogueurs, agences de renseignement, éditeurs, etc. C’est très dommageable pour nous car à cause de ces confusions, nous sommes critiqués de toutes parts. La situation évolue à grande vitesse mais contrairement à ce que nous croyons, il reste encore beaucoup à faire. Hier, auteurs comme éditeurs affichaient un mépris sans partage à notre encontre. Certains craignant l’édition numérique, d’autres les avis à l’emporte-pièce des Internautes…

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Je suis ravie d'être tombée sur sur votre blog! Enfin un peu de sérieux. J'ai parcouru cet article avec beaucoup d'intérêt et je continuerai à suivre la lettrine pour ses informations j'allais dire personnalisées. Je connais que trop peu cet univers de blogueurs...que j'ai intégrè il y a peu de temps. Ici j'en découvre quelques facettes, mais aussi davantage sur son image auprès des médias.Alors merci!
Répondre
L
Je ne suis qu'une "petite blogueuse" débutante, qui ne prétend pas réformer le monde des critiques littéraires, mais je pense sincèrement que parfois nos blogs à nous, anonymes de la souris, lecteurs assidus, inexpérimentés certes, mais honnêtes et  passionnés sont plus intéressants, plus vrais, et plus agréables à lire que certains papiers de professionnels bien en vue, au chaud dans leur journal, maison d'édition ou site très connu...
Répondre
N
A la lectue de ton article, j'ai souri, Anne-Sophie, sur ce mépris affiché des éditeurs pour la blogosphère. Oublient-ils qu'ils envoient à certains blogs "connus" leurs dernières sorties avec une synthèse du sujet pour qu'ils se vendent et obtiennent une meilleure lisibilité ? Ils se fichent du monde, ou nous prennent pour des idiots congénitaux ? Personnellement, je suis heureuse de résister à tout ce tintamarre et de continuer mon blog comme je l'entends.
Répondre
C
bizarrement je ne parviens pas à lire les commentaires au delà du 4e; Frustrant.
Répondre
A
<br /> C'est très bizarre : on me l'a déjà signalé. Je vais voir auprès de mon hébergeur si je peux faire qque chose<br /> <br /> <br />
R
Bonjour, J'ai commencé un blog en septembre et lors d'une rencontre avec les éditeurs à Manosque (une table ronde autour des problèmes de l'édition), j'ai commencé à évoquer la place des blogs dans le milieu littéraire. Et là, même sourire entendu mâtiné de mépris ; en fait les éditeurs ont peur, peur que nous leur volions la vedette et que les lecteurs puissent accéder si facilement à de la littérature gratuite. C'est toute leur économie qui se trouve menacée. Mais quand je leur ai objecté qu'ils devraient être d'un accès plus démocratique, s'ouvrir hors de leur milieu fermé plutôt que de passer leur temps à vernir les mêmes, alors là le ton s'est radouci."Envoyez-nous votre manuscrit" ont-ils fini par lâcher en choeur ! Nous n'avons pas entendu qu'ils légitiment notre présence, et c'est cela qui leur fait peur... (en allant sur mon blog, à la date du 26 septembre, on peut retrouver la synthèse de cet entretien).
Répondre