Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
Des livres, des films, des expos et bien plus encore...

 

Mail : annesophiedemonchy [a] lalettrine.fr

Twitter : @asdemonchy

Mon CV : annesophiedemonchy.com

 

 

768 000  lecteurs et
plus de 230 livres chroniqués
depuis le 21 août 2006

follow-me-twitter.png

Recherche

Ma bibliothèque

Mes livres sur Babelio.com

Archives

Infos







logo-lettrine-negre-litteraire.jpg

 

 

classement-lettrine.jpg

 





21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 17:36






David M. Thomas est un écrivain, à coup sûr. Un plat de sang andalou est le premier volet d’une trilogie retraçant la guerre civile qui déchira l’Espagne opposant les Républicains aux troupes franquistes.

 

D’emblée, en lisant ces pages très fortes, qui se situent au fin fond de l’Andalousie, à Almeria, on pense à la longue tradition littéraire inspirée par la guerre d’Espagne, de Malraux à Hemingway, en passant par Arthur Koestler ou George Orwell, et plus récemment Javier Cercas et Bruno Arpaia.

 

Au-delà de ces influences prégnantes, Un plat de sang andalou est une œuvre originale.  David M. Thomas est Gallois, engagé politiquement : il a participé à la grande grève des mineurs en Angleterre dans les années 1980. Cette révolte est évidemment perceptible dans ce roman, écrit en français. La langue est ce qui distingue véritablement D-M. Thomas : dans un petit village d’Andalousie, Almaria, il met en scène des résistants venus de différents pays et se comprenant pourtant parfaitement. En effet, l’auteur joue avec les mots, mélange les langues, les superpose : « Souviens-toi bien de ce brassage chromatique. Souviens-toi aussi que s’il n’est de couleur unique, il y a bel et bien un sentiment unique, celui de la menace intemporelle : Lasciate ogne speranza, voich’intrate. Sinon c’est une voix biblique qui gronde : ne mets pas les pieds ici si tu ne veux pas mourir, toi qui n’as jamais connu la soif ».

 

Le narrateur, fils de docker londonien, quitte son pays pour rejoindre un petit village en Andalousie où s’organise la résistance espagnole. Il fait ainsi la connaissance du Jefe (le chef de la brigade), d’un transfuge de la Luftwaffe, d’un soldat italien et d’une réfugiée de Malaga. Beau mélange cosmopolite ! Et bavard qui plus est ! Dans ce roman, on parle, beaucoup pour partager ses angoisses, blaguer, s’engueuler sur tout et sur rien… Même quand il est censé ne pas parler, le narrateur, tout en fournissant des efforts physiques, continue inlassablement de se parler : « Nouvelle bordée de feu venant des bancs de sable. Ils vont pas tarder à se lancer à l’assaut. Tu vas leur tirer dessus et puis quoi ? Tu continueras. Et l’adversaire, il faudra combien de temps pour digérer la surprise ? Dix secondes pour se mettre à couvert. Dix secondes de jurons. Dix secondes pour repérer la source du feu. Dix secondes pour rendre le feu. Merde quarante secondes. Faudra courir vite, les gars. […] Cinq minutes. Oui, cinq minutes. Ils ne m’auront pas, les enculés. Il ne m’auront pas. Increvable que je suis. Increvable.

 

Un crépitement de fusil-mitrailleur, interrompu, mais merde c’est le flanc gau, hé merde, FUEGO-o-o-o-o-hijo’-o-o-o-deppputa-a-a-a-a Verd-d-d-i-i- il ét-t-t-ait où put-t-tain Solena-a-a-a-a-a-a-a ».

 

La parole libère, unit et tente d’effacer le sentiment de solitude qui habite les personnages face à leur destin.

 

David M. Thomas signe ici son premier roman mais fait une entrée fracassante en littérature. S’éloignant de l’écriture réaliste traditionnelle ou du roman introspectif, l’auteur ouvre une nouvelle voie, originale et puissante.

 

 

Un plat de sang andalou, David M. Thomas, Quidam éditeur

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Pas mal...
commenter cet article

commentaires

Anne-Sophie 27/11/2009 13:23


Merci de vos visites régulières et de vos compliments. Ca me va droit au coeur !
A bientôt et belle journée,  


bric à brac baroque 26/11/2009 19:30


Votre site est très intéressant.
Je suis désolée et sans doute très inculte de vous poser cette question puisque vous existez depuis déjà longtemps...but who are you?


bric à brac baroque 23/11/2009 23:58


Oui, ça donne envie...merci. On lit tellement de trucs insipides parfois...


cjeanney 22/11/2009 20:37


je n'étais pas attirée au départ, gros changement après cette présentation !