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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:33

moutonsUn nouveau coup de gueule en ce mercredi contre notre cher ministre de l’Éducation. Le Monde a publié lundi dernier un document qui aurait dû rester confidentiel : « Schémas d’emplois 2011-2013 ». Alors, si vous comptez passer le concours et grossir les rangs du corps de l’enseignement, ce n’est pas avec ce projet que vous y parviendrez aisément car il n’est pas, contrairement à ce que le titre indique, question de créer des emplois mais de trouver des stratégies pour supprimer des postes dans le primaire comme dans le secondaire.

Notre ministre a eu recours à des spécialistes de l’école qui lui ont affirmé qu’un élève de plus dans une classe ne changeait rien au niveau de l’enseignement délivré. « Les académies sont donc invitées à envisager cette solution qui permet rapidement des économies de postes. « En théorie, une augmentation d’un élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de 10 000 classes, soit un peu plus du contingent total » ». Certes, il est indéniable qu’une classe avec 27 ou 28 élèves ne changent rien au problème. Notre cher ministre peut même décider d’augmenter de deux élèves par classe s’il le souhaite et se fendre d’avoir raison : le niveau reste le même ! Eh oui… Pas besoin de faire une étude sur le terrain pour se rendre compte qu’une classe de 25 ou 28 élèves est très difficile à gérer lorsque l’on a affaire à des enfants en grande difficulté scolaire. Ce n’est pas en grossissant les effectifs des classes que l’on permettra aux élèves de progresser, mais au contraire en les réduisant sensiblement. Moins une classe est chargée, moins l’on passe de temps en discipline. Je ne comprends pas ce projet qui va à l’encontre de la réforme du lycée qui prévoit de multiplier les heures de soutien et de tutorat. Ces heures permettent justement de travailler en petits groupes, d’approfondir ou de revenir sur des points qui n’ont pas été compris par les élèves.

Désormais, tout projet envisagé par le ministère de l’Éducation semble viser un objectif : réduire le budget. Est ainsi prévu pour l’an prochain de demander aux étudiants souhaitant passer les concours d’avoir un bac+4 (et non bac+3), d’entrer directement dans le métier sans formation à l’IUFM. La plupart des académies ne recevront pas ces jeunes profs, c’est l’académie de Créteil qui en recevra une bonne part… Une académie des plus tranquilles, comme chacun sait… À présent, on nous annonce que les classes seront un peu plus surchargées. Avec la suppression de la carte scolaire, de plus en plus de parents, frustrés de ne pouvoir inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix, décident de se tourner vers le privé. Bien évidemment, notre très cher ministre, ne se doutait pas d’une telle réaction des parents…

Et pour enfoncer le clou, j’entends ce matin dans la revue de presse sur France Inter, que les parents se plaignent du manque d’autorité des professeurs…

 

 

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Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
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Anne-Sophie 27/06/2010 21:36



Bonjour, 


en effet, ce n'est pas très rassurant. Mercredi j'ai rencontré l'Inspecteur d'académie. Il m'a sidéré lorsqu'il nous a affirmé que le problème dans les écoles, en particulier, n'est pas un
problème de moyens... Franchement, travailler dans certains bahuts, ce n'est pas une sinécure : pas assez de surveillants, des locaux parfois insalubres, pas assez de sous pour tel ou tel
projet... Alors, c'est vrai, parfois, on baisse les bras. On en a assez de ne pas pouvoir bosser parce que les enfants sont mal cadrés, qu'il manque du personnel, qu'on n'est pas écoutés... Mais
là, avec la suppression de la formation, on peut s'attendre à de jeunes profs perdus, qui n'auront pas envie de continuer... Il y a un vrai malaise...



Symon Dé 27/06/2010 20:26



Ici au Québec on a en moyenne 32 élèves par classes. Et le ministère de l'éducation tente de faire encore gonflé ce nombre. Malgré que les professeurs fassent des manifestations et des sorties
publique la situation ne changera pas. C'est d'une tristesse assez incroyable je trouve. Et ça m'étonne de lire que c'est la même chose qui se produit de votre côté. On dirait qu'un ministère est
seulement capable d'analyser des chiffres... Comme si plus d'élèves signifierait plus de réussite. Il me semble que plus qu'ailleurs la qualité devrait primé sur la quantité en matière
d'éducation.



bric à brac baroque 10/06/2010 23:51



 


Analyse très juste de la situation désastreuse que la droite est en train de fabriquer pour les générations d'enfants qui viennent, si un coup d'arrêt immédiat n'est pas donné à toutes ces
décisions et réformes liberticides et catastrophiques pour la connaissance. Les élèves, paraît-il, ne savent déjà plus écrire un paragraphe argumentatif en seconde... mais je ne comprends pas non
plus... les parents se battent pour que les enfants soient avant tout "bien" à l'école, un peu comme à la garderie...ou au jardin d'enfant...


On confond instruction et éducation en permanence et on fait assumer aux profs de plus en plus de tâches que les parents, avec leurs horaires de plus en plus horribles (flexibilité), ne peuvent
plus assumer (les femmes en particulier avec leurs horaires bricolés, et les pères qui sont souvent absents). C'est une vraie catastrophe parce que ce qui devrait être le lieu de la connaissance,
la pause des élèves eux mêmes par rapport à leur vie sociale et familiale, le détour nécessaire par la réflexion, la pensée pour dominer sa vie, devient le lieu de l'animation permanente, où
l'élève fait à peu près ce qu'il veut, comme s'il était un "client", tandis que son prof reçoit à longueur de journées les coups physiques ou autres, les reproches permanents, qui comme pour la
médecine aujourd'hui, les détournent de se battre et de parvenir à bien faire leur métier. Les élèves ne sauront bientôt plus rien et le métier risque de se dégrader vitesse grand V si le citoyen
ne se lève pas pour défendre son école républicaine.


 Il faut alerter partout et tout le monde. Le populisme, l'hypocrisie, la démagogie règnent en maîtres...


J'ai toujours été favorable à une école ouverte, moderne, avec des enseignants enthousiastes, engagés dans leur mission... mais là, c'est une école qui devient un moulin, et qui ne permet ni la
concentration, ni l'acquisition des connaissances. Les profs n'y sont pour rien, ils subissent, après s'être battus pendant des années pour maintenir le niveau.


Quand Napoléon perdait une bataille, c'est ses généraux qu'il changeait, pas ses grognards...


Il va falloir changer de direction aux manettes, c'est clair.



Ivan 04/06/2010 09:30



Bien d'accord avec vous, Anne-Sophie. Concernant la carte scolaire, l'exemple de la Belgique où il n'y a pas, précisément, de carte scolaire, montre que ce système scolaire est un des plus
inégalitaires d'Europe avec d'un côté des établissements poubelles, de l'autre des établissements huppés. La suppression de la carte scolaire conduit donc à une radicalisation des situations.
C'est tout à fait dans la logique sarkozyste d'accroissement des inégalités sur le modèle anglo-saxon.


Le deuxième projet dans les cartons, c'est à dire l'adaptation du rythme scolaire sur le modèle allemand (en gros, plus de cours l'après-midi mais des activités type UNSS, avec recours aux AS
privées) participe de la même logique : les allemands réfléchissent précisément à la sortie de ce système qui conduisait à un accroissement des inégalités, les familles pauvres n'ayant pas
les moyens de financer les "activités" de l'après-midi (se pose le problème de la garde de ces enfants souvent livrés à eux-mêmes)... A noter qu'au moment où le ministère pense à adopter le
système allemand, ces derniers souhaiteraient... prendre exemple sur notre rythme scolaire, moins générateur d'inégalités...



Koulou 03/06/2010 22:17



Une nouvelle série BD sympathique et familliale à découvrir ? ici si vous
voulez, bien sûr.

ce que d'autres en ont pensé avant vous

Bonne journée.