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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 12:39

Voilà, il fallait bien que cela finisse un jour… Depuis plusieurs semaines, je lis avec un infini plaisir un roman suédois, La Vie commence,  de Stefan Casta… Depuis plusieurs semaines, vous avez bien lu... Il est vrai qu’il n’est pas ordinaire laisser un roman des jours entiers et le reprendre avec le même intérêt. Mais La Vie commence est un roman particulier : mélancolique et optimiste à la fois, il a su éveiller en moi de fortes émotions. Ce roman est publié chez Thierry Magnier, éditeur jeunesse mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’écriture et la réflexion qui y sont développées n’ont rien de puériles. Au contraire…


Pour s’adresser à des ados, Stefan Casta n’a ni recours à un vocabulaire trash ni à des situations particulièrement violentes… Son registre est plutôt poétique et le cadre est bucolique… Certains craindront qu’un roman ayant pour cadre une ferme isolée en Suède soit quelque peu  mièvre. Ils font fausse route.


Victor vit à la campagne auprès de ses parents adoptifs. Il est en terminale et s’intéresse particulièrement à la philo. Un jour, déboule une fillette mystérieuse, dont on ne connaît pas l’identité. Seule certitude : elle s’est enfuie de chez le voisin chez qui la DDASS l’a placée. Brigitte, la mère de Victor, ancienne cantatrice, l’accueille avec générosité, d’autant plus que «  la fille » ne compte guère s’en aller et accepter la décision du juge.

Cette arrivée bouscule le quotidien un brin monotone de Victor. La fille est étrange, son caractère sauvage et parfois impétueux questionne. Mais au fil des jours, elle gagne la confiance de tous.


Toutefois, Victor s’inquiète de la place que cette fille prend au sein de la famille. Alors qu’il est à un tournant de sa vie, personne ne semble s’inquiéter de ce qui le tourmente. Son père, Italien d’origine mais Suédois de cœur, prépare de délicieuses soupes, qu’il agrémente différemment suivant les saisons. La mère, Brigitte, cache un lourd passé et parle peu. Avec les années, Victor a appris à décrypter les différents sens de ses « veritamente ». Seule la présence de « la fille » réussit à l’apaiser. A aucun moment Victor ne parvient véritablement à discuter avec ses parents de ses désirs : pour eux, la vie à la ferme interdit toute réflexion existentielle, pure perte de temps.


Mais ce n’est pas le cas de Victor qui s’interroge sur son avenir après l’obtention de son bac : restera-t-il auprès de ses parents pour reprendre l’affaire ou bien se lancera-t-il dans le vaste monde, poursuivre des études et peut-être « devenir écrivain » ? Son vrai problème, au début de l’histoire, c’est qu’il n’a pas de projet :


« Un jour quelqu’un au lycée a parlé de l’importance d’avoir des adultes à admirer, qui vous servent de modèles. Mes modèles à moi sont Augusto et Brigitte. Je n’ai rien à leur reprocher, ils sont tout pour moi. Mais je ne suis pas chez moi dans leur maison. Je suis comme un jeune coucou qui grandit dans un nid qui n’est pas le mien. C’est peut-être la raison pour laquelle je n’ai pas de vision. »


Je ne partage pas ce point de vue : ce n’est pas parce que l’on est adopté que l’on se sent étranger chez ses parents. Tout adolescent, au moment de faire des choix, de se sentir devenir adulte, prend des distances avec ses parents. Quant aux parents modèles… Ce n’est pas encore une vérité générale…


Ces questions, je crois que nous sommes ou avons été nombreux à nous les poser. Quelle place tenons-nous auprès de nos parents ? Que voulons-nous devenir ? Certes, Victor est un enfant adopté et sa relation aux autres est donc particulière. Néanmoins, les questionnements sur sa filiation et son héritage sont fondamentaux pour n’importe quel individu. Si bien que ce roman, au rythme lent et poétique, est une invitation à la rêverie et à la méditation. Grâce à lui, le lecteur se pose pour réfléchir…


Parfois, le narrateur laisse entendre que de nombreux mystères entourent la fillette. Attention, si le lecteur s’attend à grandes révélations tragiques, il sera de nouveau déçu. Il n’est pas question de tragédie familiale ni d’enquête policière comme pourrait nous le faire croire la présence de l’assistante sociale et du policier, mais de dévoilement de soi…

On ne peut que tomber sous le charme de cette ferme suédoise où la vie est rythmée par les travaux des champs, la chasse et les saisons. Un roman magnifique qu’il faut déguster avec lenteur…

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Published by Anne-Sophie - dans Vraiment bien !
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Lo 12/11/2009 10:53



On ne peut qu'être très tenté de lire ce livre après un tel billet ! Merci !