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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 00:13

Depuis plusieurs mois, Berlin est à l’honneur. Chaque semaine, hebdo, magazines et quotidiens racontent la ville à travers des photos, des témoignages, des enquêtes… Et pour cause : aujourd’hui, en ce lundi 9 novembre 2009, les Allemands fêtent la chute du mur… Un véritable événement. Il y a quelques jours encore, David Abiker, sur Facebook demandait à ses « amis » ce qu’ils faisaient le 9 novembre 1989 : au final, il est parvenu à obtenir près de 80 témoignages. Certains se souviennent parfaitement de cette journée, en particulier les mêmes images passant en boucle à la télé… D’autres sont passés à côté de l’événement, ne comprenant pas vraiment l’impact de l’effondrement de ce mur. C’est précisément cette ambivalence que l’on retrouve dans le recueil La nuit où le mur est tombé (Inculte éditions). Dix-sept auteurs allemands d’Est ou Ouest ont accepté d’apporter leur témoignage sur cette nuit si particulière.

 

La postface est intéressante et aurait mérité d’être une préface car elle met en contexte ce livre, rappelle les grandes lignes de cet événement. Elle évoque également en quelques lignes le projet littéraire des différents auteurs invités à participer à ce recueil. D’autre part, j’ai été très gênée par le fait de ne rien connaître des différents auteurs. Je n’avais eu l’occasion jusqu’alors de lire Reinhard Jirgl et Katja Lange-Müller. Il aurait sans doute été intéressant d’insérer une petite présentation de l’auteur et de son œuvre avant chaque récit afin d’avoir quelques repères. Par exemple, l’écriture de Reinhard Jirgl est très particulière et déroutante mais elle n’est jamais gratuite : elle veut traduire la complexité du monde. De même, contrairement à d’autres auteurs réunis dans ce recueil, Jirgl est resté obsédé par ce rideau de fer. Ses textes ressassent ses souvenirs de la RDA.

 

Toutefois, ce recueil est passionnant pour quiconque s’intéresse non seulement au travail littéraire sur le souvenir, mais aussi à l’identité, la quête de soi et l’Histoire (d’ailleurs les notes de bas de page se sont avérées fort utiles).

 

La nuit où le mur est tombé est une commande passée par un éditeur allemand à 17 auteurs issus de RFA ou de RDA : écrire un récit sur ce qu’ils ont vécu la nuit du 9 novembre 1989 et quels souvenirs ils en gardent. Ce qui est très étrange et passionnant c’est ce décalage entre ceux qui ont vécu cette nuit comme une véritable libération, un grand soulagement, et ceux qui sont passés à côté. Le récit de Hans-Ulrich Treichel, « Trop tard » est particulièrement significatif. L’auteur commence par raconter comment et dans quel état il a retrouvé son agenda de 1989, collé à celui de 1988 et 1990. Scène burlesque : « J’ai utilisé un grand couteau ; qui me sert à couper le pain, mais est en réalité ce qu’on appelle un coupe-pâte et possède une lame particulièrement large. J’ai obtenu trois agendas poisseux et abîmés, dont j’aurais mieux aimé me débarrasser tout de suite. (…) puis [j’ai] feuilleté 1989, malgré ma relative indifférence quant à mes rendez-vous de l’époque. Au final, tout se réduit toujours à des rendez-vous à l’université et chez le dentiste ». L’auteur tourne ainsi les pages de son agenda : rien de bien passionnant n’en ressort. Il note qu’il doit téléphoner à sa mère, se rendre chez le médecin. Même le 9 novembre, il n’a rien écrit de particulier et se souvient que ce soir-là il a vu les images de la chute du mur à la télé, mais est resté à travailler chez lui jusque tard dans la nuit… Et de poursuivre : « D’après mes souvenirs, je ne suis allé voir le Mur, plus précisément la porte de Brandebourg, que le 11 novembre, même s’il n’y a rien là-dessus dans mon agenda. Qu’aurais-je pu d’ailleurs y écrire ? 19-21h Chute du Mur ? ».

 

Le récit de Michael Lentz, issu de l’Ouest, « L’important c’est que devant nous… » est stupéfiant. Il montre l’incompréhension voire la haine qui pouvait exister entre les deux pays : « Aller à Berlin, soudain donc ne plus aller à Berlin-Ouest, ne plus aller à Berlin-Est, mais à Berlin tout court. Sans moi ! Je n’en avais rien à foutre de ce qui se passait là-bas. Cette indolence qui régnait à Berlin-Ouest, dépourvue de méthode comme d’avenir, m’exaspérait tout autant que les cortèges qui, les jours fériés, paradaient devant les corps creux de la RDA à qui l’euthanasie demeurait interdite. Nous, c’est nous – et je n’en étais pas ».

 

J’ai choisi ces passages à dessein, non qu’ils illustrent l’ensemble du recueil, mais parce qu’ils témoignent de cette incompréhension, à l’époque, qu’un fait majeur, malgré les reportages passant en boucle au JT, est en train de se produire. Certains n’ont pas accepté ce qui se passait comme Michael Lentz, d’autres comme Thomas Rosenlöcher ont « dormi » cette nuit-là… Un recueil à découvrir, à coup sûr.

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Published by Anne-Sophie - dans Pas mal...
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commentaires

Bertrand redonnet 09/11/2009 09:17


Et ceci, aussi.



Bertrand.redonnet 09/11/2009 09:11



Bien modestement je signale ceci