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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 23:41

http://cot.priceminister.com/photo/852604240_L.jpgQui n’a pas rêvé un jour de tout quitter pour cultiver son jardin, à l’abri des regards importuns ? Souvenez-vous de Mattias, le héros de Buzz Aldrin, mais où donc es-tu passé ? qui, suite à une rupture amoureuse, a fui famille et amis pour se terrer aux îles Féroé et tenter de retrouver un équilibre. Anne Percin a imaginé, elle aussi, l’histoire d’un jeune homme, Pierre, qui du jour au lendemain, a décidé d’acheter une maison dans la Sarthe et d’y vivre en reclus :

« Je vis en bordure du néant, en rat des champs. Comme dit ma mère, « marginal, mais pas méchant ». La Sarthe, pour moi, est sans mémoire. Je n’y ai pas d’attaches, pas de passé ».

Dans Bonheur fantôme (Au Rouergue), les ombres du passé comme du présent hantent Pierre qui passe ses journées à ressasser ses souvenirs, ses blessures qui ne parviennent à se refermer – une rupture amoureuse pas vraiment consommée, la mort d’un frère jumeau…

Seul dans sa maison de campagne, il travaille à la biographie d’un peintre du XIXe siècle, Rosa Bonheur et pour tenter de gagner sa vie, il revend des vieilleries dans les brocantes. Pêcheur de lune, comme il aime à se nommer, il imagine des projets peu réalisables, rêve d’une vie différente, plus légère…

Pierre n’est pas un bobo en mal de liberté ou de goût de l’aventure. Il ne veut pas jouer à l’apprenti écolo : il veut simplement se fondre dans le paysage, boire des coups avec les habitants du coin, nourrir ses chiens, s’occuper de son jardin, vivre en toute simplicité… Il n’a guère d’autre ambition sinon nous faire découvrir ce peintre passionné que fut Rosa Bonheur. Des bribes de sa vie traversent le roman et font écho à celle de Pierre.

Pierre décrit son quotidien auprès de sa vieille voisine, Paulette, à la crêperie donnant un coup de main le soir, pour arrondir ses fins de mois. Pierre semble évoluer dans un autre monde, quelque peu suranné, souhaitant renouer avec l’état sauvage :

« De nos jours, il faut beaucoup de soin pour redevenir sauvage. Il faut oublier ce qu’on nous a dit, défaire le travail de deuil de l’adolescence, désapprendre le langage des villes. Redevenir sauvage, c’est redevenir enfant. Il y a des habitudes à perdre. La pudeur, la conscience de son apparence, le sens de la mesure et de la décence : voilà contre quoi il faut lutter d’abord ».

Pourtant, Pierre est un garçon bien de notre époque qui cherche sa place dans une société quelque peu violente : une société des apparences, attachée à l’argent et à la réussite sociale. Dans la Sarthe, Pierre découvre les petits plaisirs d’une existence simple, méfiant de la jouissance facile porteuse d’illusions :

« Le bonheur, même quand il vous est donné d’un coup, il faut se retenir d’en jouir trop vite, il faut en faire de petites provisions pour les jours d’après ».

Bonheur fantôme est le premier roman pour adultes d’Anne Percin et c’est une véritable réussite : doux, mélancolique, plein de poésie, ce texte m’a touchée par sa sensibilité.

 

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Published by Anne-Sophie - dans Pas mal...
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Catie 29/05/2011 11:26



D'Anne Percin, je n'ai lu que de la littérature jeunesse : "comment bien rater ses vacances", plein d'humour et "comme des trains dans la nuit", un recueil de nouvelles dont une, très émouvante,
sur une "première fois" particulièrement poétique.J'aime beaucoup sa finesse et sa façon de saisir les émotions. Après lecture de ton billet, j'irais bien voir du côté de ce "bonheur fantôme" ...



Cécile de Quoide9 22/02/2010 12:15


Le bonheur c'est simple comme un pot de rillettes !
Pardonnez-moi ce sont mes fibres porcines et sarthoises qui ressortent... la tentation est donc grande pour moi de voir comment une auteure parle d'un département qu'elle dit ne pas connaître
et que moi je connais fort bien.


Alice 16/02/2010 10:48


Tu titille ma curiosité :)))