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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 13:44

En feuilletant les pages de mon Télérama, je suis tombée sur un programme qui a retenu mon attention : Dans la Peau d’un Noir. J’ai cru qu’il s’agissait d’une adaptation du récit de J-H Griffin (Folio), pas du tout. Il s’agit d’une émission où deux familles changent la couleur de leur peau durant un mois par la magie du maquillage – les Noirs deviennent Blancs et les Blancs sont Noirs. Ils apprennent ainsi à vivre dans la peau d’un autre et affronter un regard nouveau, souvent discriminatoire (enfin, d'après ce que dit le journal...).

Cette émission m’a donné très envie de relire le roman de Griffin, roman que je donne parfois à lire à des élèves de 3ème ou de 2nde pour différentes raisons. D’abord, il ne s’agit pas d’une fiction : l’auteur, en 1959, a pris la décision de changer la couleur de sa peau afin de vivre, de l’intérieur les problèmes auxquels sont confrontés les Noirs où sévit la ségrégation raciale dans certains Etats des Etats-Unis. Les élèves sont donc pris par un récit, un témoignage réel, tels qu’ils les aiment. En effet, Griffin raconte, au jour le jour, la façon ostensible dont la société isole, dénigre et rejette les Noirs. Ensuite, les élèves découvrent une réalité tangible : la ségrégation qui a eu longtemps cours aux Etats-Unis. Ils connaissent le sort des Africains durant la colonisation, mais ils ne savent pas toujours que dans certains Etats, les Noirs n’avaient pas le droit d’aller dans les mêmes lieux que les Blancs (toilettes, restaurants, hôtels, écoles) et étaient tenus complètement à part.

Mais ce roman n’est pas manichéen : si Griffin montre le racisme des Blancs à l’égard des Noirs, il dénonce aussi le fait que certains Noirs ont honte de leur couleur de peau et dénigrent les leurs. Certains manquent de solidarité par lâcheté, par découragement ou lassitude. Il peut en effet y avoir une certaine lassitude quand on fait de hautes études pour finir cireur de chaussures dans les quartiers populaires parce que les Blancs ne vous font pas confiance ou vous sous-estiment. Griffin, à plusieurs reprises explique que les gens associent la violence, l’ignorance à la couleur de la peau noire alors que le problème relève de leur condition de vie. Il remet donc en cause les nombreux préjugés qui sévissent aux Etats-Unis à cette époque (et s’expriment encore parfois dans la bouche de certains d’entre nous). Griffin défend également l’idée que les Noirs doivent avoir plus facilement accès à la culture, à l’instruction afin de trouver une place dans la société, réfléchir à leurs conditions, trouver des solutions.

Enfin, ce roman, linéaire, est plutôt bien écrit : les dialogues argumentatifs opposent les points de vue de Blancs, Noirs, pasteurs, les descriptions du ressenti de l'auteur sur sa nouvelle vie sont analysées, décortiquées précisément mais simplement.

Finalement, je ne regrette pas d’avoir fait erreur en découvrant l’émission Dans la peau d’un Noir, même si je ne l'ai pas regardée, puisque cela m’a donné l’occasion de  me replonger dans le roman une nouvelle fois.

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Published by Anne-Sophie - dans Pas mal...
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commentaires

Anne-Sophie 04/09/2007 23:19

Tu ne te trompes pas. J'ai beaucoup aimé ce livre mais c'est en lkisant le programme télé que je me suis rendu compte à quel point ce thème était encore d'actualité, en France. Peut-être pas de façon aussi brutale mais quand même. Il demeure des préjugés tenaces.

Nanne 04/09/2007 22:22

J'ai ce livre de Griffin dans ma PAL, qu'il faut absolument que je lise. Les extraits que j'ai pu lire en piochant dans cet ouvrage majeur de la littérature américaine m'ont touché. C'est un livre très fort et très dur, écrit à la fin des années 50, si je ne me trompe. Malheureusement, il est encore trop d'actualité.

Anne-Sophie 31/08/2007 17:43

Je comprends ce que vous voulez dire mais, à une époque où la discrimination était forte, l'apartheid répandu, rejeter ceux qui ont la même couleur de peau c'est entrer dans le système imposé par les Blancs. Aujourd'hui, tout a changé et il n'est plus question de regroupement par couleur de peau. Ce n'est pas un critère, heureusement !

Manon 30/08/2007 15:14

"il dénonce aussi le fait que certains Noirs ont honte de leur couleur de peau et dénigrent les leurs."Ce "les leurs" me gêne beaucoup, comme si une personne à peau noire doit se sentir de façon automatique et immédiate plus proche des gens à peau noire que du reste des gens. Que la ségrégation ait pu prendre fin grâce à une conscience collective et une solidarité de groupe (black is beautiful) soit. Mais il me semble qu'aujourd'hui les affinités électives doivent primer. Je suis contre cette catégorisation inconsciente par la couleur de peau (et la supposée solidarité au sein du groupe), qui ne reflète rien des qualités d'une personne et anihle l'individu.

Anne-Sophie 28/08/2007 19:41

Bonjour,j'ai en effet lu, adolescente J'irai cracher sur vos tombes mais je n'en garde pas un souvenir précis. J'ai encore le livre dans ma bibliothèque, j'irai donc jeter un coup d'oeil. Comme vous, je réalise que si on ne me dit pas le pauys d'origine ou la couleur de la peau des personnages, instinctivement, inconsciemmment, je les imagine Blans, parce que je m'identifie certainement à chacun d'entre eux. Mais c'est vrai que ce récit montre comment le fait de changer de peau change la vision du monde.Je découvre par la même occasion votre blog, en anglais, à suivre donc !