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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 18:29

Comme je vous l’avais annoncé, je suis allée hier soir à l’université de Paris II suivre deux exposés suivis d’un débat sur « la critique impossible ». C’est l’Institut Français de Presse qui propose des séminaires dans le cadre du Master de Journalisme, animés par les critiques Christophe Kantcheff (Politis) et Bertrand Leclair (La Quinzaine littéraire). Ce séminaire a lieu cinq fois par an et réuni à la fois des étudiants comme des journalistes, écrivains, bibliothécaires ou universitaires.

Cette séance était vraiment passionnante parce qu’elle a pointé des problèmes réels auxquels sont confrontés les journalistes : qu’est-ce qu’un véritable article critique ? Faut-il simplement rendre compte de sa lecture ou donner envie de lire ? Comment ne pas toujours céder à la concurrence ? Pourquoi les journaux nationaux traitent-ils des mêmes livres à la rentrée ?

Ce genre de réunion permet une véritable mise à distance de son activité et prise de conscience de ses pratiques. Divers journalistes comme Alain Nicolas, responsable des pages livres de L'Humanité, Ingrid Merckx, de Politis, Patrick Kechichian, du Monde des Livres, Bernard Leclair ou Christophe Kantcheff sont intervenus pour exposer leur point de vue, exprimer des difficultés au sein même de leur rédaction, leurs remises en question.

Quelque soit sa profession, réfléchir à ses pratiques, à l’évolution de la société, est nécessaire et permet d’exprimer ouvertement ses doutes, partager des projets, des souhaits. La séance n’a pas eu pour objectif d’apporter une réponse à la question : « la critique impossible ? » mais d’ouvrir des pistes et de constater que peu à peu les journalistes glissaient tous vers l’analyse psychologique des personnages et la critique impressionniste, tics, selon eux à corriger.

Cette séance était une véritable bouffée d’oxygène, une ouverture vers de nouvelles perspectives. Néanmoins, j'ai également l'impression, que la critique ne correspond plus aux attentes des lecteurs... Sûrement parce que justement elle n'est plus critique mais seulement prescriptive et n'encourage qu'à la lecture au lieu de proposer une analyse du livre.

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commentaires

Daniel Fattore 17/05/2007 19:22

En ce qui concerne la prudence relative de certains critiques avant d'éreinter un livre, on peut avancer leur volonté de ne pas se griller auprès d'un auteur qui pourrait leur servir plus tard, en vue d'une publication...
Une fois publié, ensuite... être présent sur les deux tableaux (celui de la critique et celui de la création) est un délicat exercice d'équilibre, où il convient de ne froisser personne - sans quoi on va vous reprocher d'être partial dans vos critiques parce que vous êtes de telle ou telle coterie. Pour faire un peu de critique musicale tout en faisant du chant choral, j'ai pris conscience de cela. Mais d'un autre côté, mon rôle de choriste me permet de connaître de l'intérieur le monde de la pratique musicale... De même, un critique qui écrit des oeuvres d'imagination a une idée de ce que vit un écrivain, des difficultés de la chose écrite.
Et puis, pour un critique comme pour plein de monde, avoir son nom imprimé en elzévirs rouges sur la couverture d'un beau livre beige à lisérés noirs (ou tout autre), c'est quand même une consécration... à laquelle il sera difficile de renoncer en faveur d'une activité de critique, plus lucrative mais moins gratifiante.
Voilà pour le numéro du funambule...  

Anne-Sophie 18/05/2007 18:08

Oui... Ce n'est pas facile, il faut apprendre à marcher le long d'un fil lorsque l'on est critique et auteur. Néanmoins c'est le jeu : chacun sa place. Les éditeurs éditent, les critiques critiquent. De beaux truismes, pourtant bien réels ! Evidemment qu'il est parfois difficile pour un journaliste de critiquer un confrère où la maison où il est publié, pourtant... D'ailleurs, il ne faut pas se leurrer, les auteurs/éditeurs sont contents lorsqu'on parle de leurs livres, en bien comme en mal. Même si la critique négative est quasi inexistante.

Hemlock 15/05/2007 15:17

Bonjour,
cette conférence avait l'air très intéressante et je dois dire que votre recension et le débat qui s'ensuit dans les présents commentaires ne le sont pas moins.
Sortant d'un lieu public où il convient de rester au moins trente minutes, je lisais à la fin d'un papier de la rubrique littéraire de Paris-Match une phrase qui m'a littéralement estomaqué : en substance le plumitif nous concluait que le livre en question (L'élégance du hérisson, de Muriel Barbéry) avait finalement "mérité" l'estime que lui ont porté libraires et lecteurs.
En serions-nous rendus à ce point où la presse, au delà de la critique et au-delà même de la chronique, se contente d'observer le marché du livre, dans une attitude libérale-béate ?
Bien à vous.

Anne-Sophie 15/05/2007 15:49

Merci de votre observation car d'autres journaux (dont le Figaro littéraire de cette semaine (http://www.lefigaro.fr/litteraire/20070510.FIG000000244_le_charme_discret_de_muriel_barbery.html) revenait sur ce succès de Muriel Barbery. Comme l'a noté également Joëlle Losfeld après le succès d'Effroyables jardins : les journalistes courent après le succès. C'est une fois que le bouche-à-oreille est mis en place que certains commencent à s'intéresser au livre et à se poser des questions.

Daniel Fattore 13/05/2007 09:35

A la suite d'une connaissance, auteur d'un intéressant mémoire de master sur René de Weck, j'ai envie de faire une distinction entre "chronique littéraire" et "critique littéraire". La chronique s'effectue à chaud, à la sortie du livre, et se concentrera sur les impressions du rédacteur en tant que lecteur. Cela, dans les règles du journalisme, mais sans être en mesure d'entrer dans les détails. Sans même parler de pressions financières, il y a là les pressions du calendrier (quel intérêt à parler de la rentrée littéraire en janvier?) et celles des lignages (comment faire une analyse fine en mille signes?). Donner envie de lire, recommander ou déconseiller? C'est la consigne que certains chroniqueurs reçoivent de leur chef, et c'est tout!
 
La critique, elle, prend son temps. Et elle va plus loin, plus en profondeur: analyse fine du style, étude des personnages, argumentation soignée. Dans la presse, elle sera sans doute admise pour peu que l'ouvrage en vaille la peine - d'un point de vue journalistique, bien sûr: prix littéraire, actualité malgré soi, retour sur l'histoire, etc. Mais je ne suis pas certain qu'un journaliste puisse faire tout ça sur trois mille ou quatre mille signes. Pour atteindre la "critique pure", pour reprendre le terme utilisé par un commentateur, il faut du temps, de la place, de l'intelligence. A réserver à des revues spécialisées, plus encore que le magazine "Lire", par exemple, dont la mission est justement de commenter l'actualité littéraire. Donc, quand vous dites "La critique impossible", j'ai envie d'abonder dans votre sens - en tout cas pour ce qui est du journalisme.
Merci de m'avoir suivi jusque-là... j'espère n'avoir pas trop radoté.

Anne-Sophie 14/05/2007 10:16

Bonjour Daniel,rassurez-vous, vous n'avez pas radoté, bien au contraire. Votre disctinction entre chronique et critique me semble très intéressante. Vous avez raison lorsque vous remarquez qu'il est très difficile de faire une critique en 1000 signes seulement. La critique littéraire est possible néanmoins à condition que les journaux laissent la place aux journalistes littéraires pour faire leur travail correctement. D'autre part, il serait intéressant de se demander pourquoi les pages littéraires sont de moins en moins lues... et les journalistes de moins en moins crédibles.Au plaisir de vous relire

Vanden 12/05/2007 11:26

Si j'entrevois parfaitement les dérvies qui peuvent sugir d'une analyse trop psychologique, notament celle d'extraire des invariants et des généralités dans le comportement humain, j'ai le sentiment que le fond est vertueux. Quand bien même s'éloigne-t-on de la critique littéraire "pure" (si vous permettez cette expression qui ne veut rien dire), il n'en reste pas moins le puissant moteur qui pousse certains d'entre nous à lire et / ou à critiquer : tenter d'approcher des réponses à la question qu'est-ce que l'être humain ?Bref, il serait tout aussi dommage que les critiques "psychologiques" disparaissent qu'elles prennent une place disproportionnée...

Anne-Sophie 12/05/2007 12:35

Bonjour Vanden,en effet, le problème d'écrire un article critique est copmplexe et c'est pour cela que j'ai beaucoup apprécé la démarche de ces journalistes pourtant installés depuis lo,ngtemps dans le métier, de se remettre en cause, de poser tout à plat et de soulever les problèmes, les dérives de la critique.La critique prsychanalytique est une méthode, reconnue. Et elle n'est pas à rejeter. Mais elle n'a pas de rapport avec l'analyse des personnages. Le problème c'est que l'on a souvent tendance à oublier que les personnages ne sont que des êtres de papier, ils n'ont aucune psychologie, ils sont de pures créations. Le narrateur peut attribuer des traits de caractère à ses personnages, comme la haine, la jalousie, etc, mais le personnage, lui ne pense pas, c'est l'auteur qui imagine qui est son personnage.Alors, c'est vrai que lorsqu'on lit un roman, on a tendance à s'identifier ou non au personnage, à "ressentir ses émotions"... c'est parce que le narrateur est parvenu à nous plonger dans son univers. Le critique, qui est censé avoir un certain bagage culturel, sait tout cela. Il doit donc, après avoir fait une lecture "naïve" du roman, prendre du recul... C'est toute la difficulté... Et quand on écrit "à chaud", on n'a pas toujours ce recul suffisant... C'est aussi la différence entre un blogueur et un critique. Les deux lecteurs n'envisagent pas du même point de vue leur activité.

Bon_sens 11/05/2007 22:28

Forcément si 50% de la liberté d'un critique est tronquée, il ne reste pas grand-chose... sur le papier. C'est bon d'être une bloggeuse libre :)

Anne-Sophie 12/05/2007 12:41

Oui... comme tu dis... Quand on commence à découvrir un peu le milieu et comprendre les enjeux financiers qui doivent entrer en compte, on se dit que parfois, on est pas mal lotis... certes peu lus, mais on reste libres...Mais trève de plaisanterie... Dans tous les milieux on sait que l'argent et la concurrence entrent souvent en compte. Dans l'édition, les éditeurs sont parfois obligés de publier des livres médiocres dun point de vue littéraire ou intellectuel, mais vendeurs, parce qu'il faut survivre. Dans les entreprises privées, on sait à quel point la concurrence est rude. MAlgré mon naturel optimiste, parfois frisant la naïveté, je crois qu'il ne faut pas être angéliques, sans tomber pour autant dans le cynisme.