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Anne-Sophie Demonchy
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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 21:37

Essel a fait une excellente enquête

Pourtant, je crois que ces deux avis, si différents soient-ils, sont cohérents. En effet, Essel a demandé à son entourage (élèves, collègues, amis, connaissances, etc.) ainsi qu’aux internautes de dire qui les influence le plus en matière de lecture. Mais, elle ne connaît pas le réel impact de ces choix sur les ventes. En revanche, les éditeurs savent que si un invité passe chez Guillaume Durand, dès le lendemain, les ventes ont été boostées ou non. D’ailleurs, pour le moment, il est difficile de savoir à quel point un blog est prescripteur parce que même si certains sont très visités, ils n’ont pas encore la même visibilité qu’un média reconnu comme Le Monde des Livres ou Le Magazine littéraire.

D’autre part, une éditrice me faisait remarquer qu’« il faut se méfier de plus en plus de la presse. Car même si c’est toujours très agréable pour l’auteur comme pour soi d’avoir un article, certains ne servent à rien ». Et d’ajouter : « si vous pouviez savoir à quel point, en ce moment, la presse ne correspond pas à ce qui se passe commercialement, cela vous étonnerait ». Elle m’a ainsi expliqué que le cahier des livres de Télérama était particulièrement prescripteur parce que, sans doute, son lectorat (comptant énormément d’enseignants, d’ailleurs) achèterait plus de livres que les autres. Mais, selon elle, c’est surtout la façon dont on écrit un article qui détermine la vente d’un livre : « je reconnais un article où le journaliste s’est fait plaisir et a écrit un texte d’auteur et non de critique littéraire qui doit être à la fois critique mais aussi incitatif à la lecture. Or, il y  des gens qui jouent avec leur plume. Ca c’est zéro pour nous, c’est zéro vente ». L’éditrice dénonce ces types d’articles où le journaliste laisse une « sorte de brume » sur le livre et n’exprime pas clairement son point de vue. Finalement, le lecteur ne sait pas si le livre a plu ou pas. Pour elle, un bon article exprime le pouvoir évocateur du livre en question, sa portée universelle et « ne se ferme pas sur quelques adjectifs qui sont toujours les mêmes ». Un journaliste qui a envie d’inciter à la lecture « devrait montrer en quoi le livre a pu changer sa vie, a apporté des réponses à tout ce qu’on n’a pas compris, a soulevé les interrogations qu’on pourrait avoir ».

Cette éditrice a parfaitement raison. On aime les articles qui nous entraînent dans un univers nouveau, qui nous invite dores et déjà à la rêverie, à la réflexion, à l’analyse ou à l’introspection. Néanmoins, pour faire partager le livre avec le plus grand nombre, il est nécessaire pour l’auteur de bénéficier de relais dans tous les médias : presse, blogs, librairies et bouche-à-oreille.

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commentaires

Lilly 10/05/2007 13:09

Pour Jane Austen, je pense qu'elle a bénéficié de la sortie du film "Orgueil et Préjugés" de Joe Wright. Depuis quelques temps, elle est placée bien en vue dans les librairies, et archipoche a édité deux de ses romans ces derniers mois. 10/18 aussi édite les romans d'Austen. Or, cette édition bénéficie d'une bonne image d'après ce que j'ai pu voir, pas du tout ringarde (ce qui n'est pas le cas des "classiques" généralement). Les blogueurs, qui fréquentent pas mal les librairies, et ont dû les voir.Cuné  a complètement craqué sur Jane Austen récemment. Son blog est probablement l'un des plus visités de la blogosphère "littéraire", et je pense qu'un tel enthousiasme a débridé même les plus hostiles aux romans "classiques", surtout s'ils avaient déjà vu les livres en librairie, ou entendu parler des adaptations.  Comme quoi, à nouveau, blogueurs/milieu de l'édition, souvent même combat ;)
Sinon, pourquoi ça plaît ? Etant moi même en admiration devant les romans de cet auteur, je dirais que c'est le talent !  Et plus ça plaît, plus les blogueurs s'y mettent. Et je trouve que c'est tant mieux !
 

Lilly 09/05/2007 22:23

Ton article m'a fait pas mal cogiter, parce qu'il touche du doigt certaines questions que je me pose depuis quelques temps. D'abord, il est vrai que c'est extrêmement compliqué de faire une critique de livre. Comme les lecteurs de notre avis n'ont pas souvent lu le livre, il faut éviter de raconter la moitié de l'histoire, et cela nécessite de rester un peu dans le flou. En plus, je sais que j'ai la manie de penser tout haut et d'être d'une clarté remarquable (...), ce qui n'arrange rien. Quant à dire en quoi La foire aux vanités ou encore Auprès de moi toujours ont changé ma vie... Ces livres m'ont bouleversée, et m'ont procuré un grand plaisir quand je les ai lus, mais de là à changer ma vision de la vie... ;)  J'ai aussi la crainte d'être mal comprise. Il y a des livres que j'aime bien, qui me paraissent très sympathiques, mais qui ne sont pas non plus des chefs d'œuvre pour moi, et que j'oublierai sûrement très bientôt. Par exemple, Une canne à pêche pour mon grand-père de Gao Xingjian, ou Soie de Baricco. Comme je ne note pas mes lectures selon un barème (je ne pourrais pas être prof...;)), ça peut induire ceux qui me lisent en erreur.D'autre part, quand je parle d'un livre, c'est souvent à chaud. Certains qui m'ont plu tout de suite après ma lecture ne me laisse en fin de compte pas un bon souvenir maintenant. Et là, je rentre dans l'avis de Thom. Je pense que les blogueurs s'influencent, même sans le vouloir. Quand je lis un livre suite à un article de tel ou tel blogueur, je réalise de plus en plus que sa critique influence ma lecture, je recherche la même impression que celle qu'a eue X ou Y. C'est vrai qu'on peut aussi avoir le même avis sur un livre (après tout, on vit dans la même société, à la même époque, les choses nous touchent souvent de façon assez similaire), mais je me rends de plus en plus compte que l'on s'influence entre nous dans nos critiques. J'ai un exemple concret, le dernier Philippe Besson. Je l'ai ouvert après avoir lu plein de très bonnes critiques. Finalement, je me suis ennuyée comme un rat mort pendant plus de la moitié du livre. Mais j'y ai cherché ce qu'en avait dit je ne sais plus qui. J'ai persévéré parce que je voulais que ce livre me plaise. C'est vrai que la dernière partie du livre m'a énormément plu. La séparation est un sujet que je n'apprécie pas du tout, et le début de la guérison de Louise m'a probablement permis de m'insérer plus facilement dans l'histoire. Quand j'ai achevé le livre, j'avais une bonne impression. Sauf que, quelques semaines après ma lecture, j'en garde un mauvais souvenir. Et maintenant je me dis que si j'étais si satisfaite, c'est aussi parce que j'étais du même avis que les autres. Je pense que je lui ai cherché et trouvé des excuses qu'il n'avait pas, parce que j'étais convaincue d'être responsable de mon mauvais départ. Je n'aime pas dire du mal d'un livre, c'est toujours assez délicat parce que je sais que quelques personnes lisent mon avis. J'essaie de dire le plus clairement ce qui ne m'a pas plu, et je mets en lien des avis contradictoires. J'étais sincère en disant que le sujet a joué sur ma lecture. Et c'est là que ça a coincé je pense. Quand un sujet ne me plaît pas, je ne parviens pas à voir le reste. A partir du moment où l'histoire m'a plu, je pense que j'ai du me dire que c'était vraiment de moi que le problème venait, et j'ai mis trop d'enthousiasme dans ma critique. Les avis que j'avais lus précédemment, et l'opinion très positive que j'avais sur cet auteur m'ont permis d'être confortée dans mon avis. Or, j'ai relu ma critique récemment, et elle ne correspond pas au souvenir que j'ai du livre. Je me trouve bien trop indulgente. N'ayant aucun lien avec le monde de l'édition, ou monsieur Besson, ou autre, je ne pense pas avoir manqué volontairement de sincérité. Je me suis simplement laissé dicter mon avis un peu trop facilement... Heureusement, c'est le seul exemple que j'ai, parce que ça m'embête quand même beaucoup...
Sinon, Thom oublie que Jane Austen fait actuellement un tabac sur les blogs, auteur qui a écrit bien avant le milieu des années 1980 :)) (même s'il est vrai qu'elle revient en bonne place dans les librairies depuis la sortie d'un certain navet... excuse moi, je n'ai pas pu m'en empêcher, j'ai détesté ce film) 
Par ailleurs, s'il est vrai que certaines critiques peuvent nous induire en erreur, je pense que l'on repère rapidement les blogueurs qui ont des goûts assez similaires aux nôtres. Si certains auteurs que je vois partout me laissent encore très sceptiques, je suis ravie d'en avoir découvert d'autres par le biais des blogs. Paul Auster par exemple, même si je n'ai lu qu'un seul de ses livres pour l'instant. Les blogs me servent avant tout à savoir que tel ou tel livre existe, mais ça ne m'empêche pas de continuer à découvrir des livres par moi même.
D’ailleurs, je n’ai jamais eu la prétention de créer un contre-pouvoir avec mon blog (j'avoue que cette conception me surprend un peu d'ailleurs...). Je suis là pour évoquer mes lectures, les partager, je ne me considère pas comme un porte-drapeau des livres inconnus. Pour finir, étrangement, la plupart des mes avis sur des livres "classiques" sont très commentés. Comme quoi...
Excuse-moi pour la longueur de mon commentaire (je réalise en plus que j'ai interprété ton article vraiment à ma manière :S )...
 

Anne-Sophie 10/05/2007 11:36

Lilly,Joelle Losfeld voudrait que l'on dise en quoi un livre peut changer notre vie. C'est utopique, car ils sont très rares ces livres-là. mais des livres qui changent notre façon de voir, ça oui... Je pense par exemple à LA Recherche du temps perdu de Proust. J'ai eu certaines révélations en lisant notamment les pages sur le fameux coucher et les angoisses de la nuit, sur les retrouvailles avec la grand-mère en Normandie, la nostalgie et le vague-à-l'âme que cela peut produire. De même, adolescente, j'ai découvert que je n'étais pas la seule à être obsédée par le temps qui passe : les poèmes du Spleen de Baudelaire ont su, par les mots, exprimer ce que je ressentais très fort en moi et que j'étais bien incapable de décrire.Ces livres sont rares mais précieux. L'éditrive voudrait que l'on ressente des émotions aussi fortes à chaque fois que l'on ouvre un livre, hélas ce n'est pas possible... car les livres n'ont pas tous cette ambition ni même les qualités pour atteindre cet objectif.Tu parles de notation des livres... Je suis professeur mais loin de moi l'idée d'attribuer une note à un auteur. J'en serais bien incapable, à la limite je pourrai attribuer une à tois étoiles... Mais savoir argumenter de façon claire et précise sur un livre me semble important. L'important n'est pas tellement de savoir si on aime ou pas le livre mais pourquoi. Décidément, Philippe Besson ne laisse pas indifférent et suscite de nombreux commentaires ! Comme toi, je l'ai lu suite aux nombreux posts, mais pas dans la même optique que toi : je voulais comprendre ce qui suscite auprès des blogueurs et critiques un tel enthousiasme. Je n'ai pas partagé l'avis général, non pas par esprit de contradiction mais parce que je n'y ai rien tgrouvé : pas de style, pas d'histoire... Je crois que ce qui a plu, sans vouloir trop m'avancer, c'est que le lecteur peut s'identifier facilement à Louise parce qu'elle s'exprime de façon simple et familière. En ce qui concerne ce livre, je n'ai aucun scrupule pour le critiquer car il fait partie des best-sellers. Ce n'est pas parce que moi, sur mon petit blog, je fais une critique très négative, que les gens vont cesser de l'acheter en masse. En revanche, je ne fais pas de critiques de livres peu lus. Ca ne sert à rien. Si je ne les ai pas aimés (et ça arrive), je n'en parle pas. Lily, je te crois lorsque tu parles de sincérité. Il est très difficile de prendre du recul sur une oeuvre. Quand on lit, on se laisse emporter par l'histoire. Ensuite, ce qui est difficile, c'est de comprendre ce qui en fait son intérêt, d'uin point de vue narratif comme stylistique. Lily, puisque tu as l'air bien informé, peux-tu me dire pourquoi Jane Austen fait un tabac comme ça sur les blogs ? Merci pour ton commentaire qui m'a permis également d'éclairer un peu plus ma pensée.Aun plaisir de te relire

Thom 09/05/2007 20:10

Bon sens, je suis ravi de te conforter dans ton avis, mais j'ai eu l'impression à la relecture d'avoir un peu noirci le tableau ;) Il m'est arrivé une ou deux fois de faire de belles découvertes, tant via les blogs que la presse...mais disons que c'est assez minoritaire.

Anne-Sophie, je suis évidemment d'accord pour l'effet boule de neige. Disons que quand je prends l'exemple d'Auster, c'est le plus significatif : sur son dernier roman, j'ai lu au moins trente commentaires, la plupart se recoupant parfaitement les uns les autres, et c'est vrai que cela m'a agacé parce qu'il y a tellement plus important à faire partager, avec tous ces livres qui sortent, et ceux encore qui sont sortis et n'ont pas trouvé leur public.

Du coup, j'ai fini par différer ma critique du Auster, tellement ça me donnait le vertige de devoir en rajouter une.

Anne-Sophie 09/05/2007 21:54

C'est vrai ce que tu dis à propos d'Auster : il n'a pas besoin des blogueurs pour être lu. Chacun est libre de parler du livre qu'iil souhaite mais en même temps en faisant cela nous ne faisons que reproduice que que la presse publie déjà...

Bon sens ne saurait mentir 09/05/2007 16:12

Mais c'est certain ! Il faut que les maisons d'éditions fassent des sous pour continuer à éditer et il faut que les écrivains puissent gagner de l'argent pour vivre de leur écriture et se fassent plaisir en ne faisant que ça :) Et quoi qu'il en soit, ça toujours été comme ça en littérature comme en peinture : un artiste doit rapporter de l'argent. Croire en lui c'est bien mais rallier un plus grand nombre, c'est mieux ;)
Bon j'attends ardemment la liste car perso, n'étant pas du tout dans le monde de l'édition je n'ai aucune idée des personnes ayant eu le courage d'ouvrir une maison d'édition envers et contre les géants.

Anne-Sophie 09/05/2007 16:23

Je te propose le mois prochain (ok c'est de l'autopromo, mais ça éa été aussi du boulot) de lire notre dossier sur les femmes éditrices dans Le Magazine des livres. Tu verras ainsi le parcours du combattant de Losfeld, Metailié, Claire Paulhan.... Certaines sont complètement indépendantes et font des choix éditoriaux très courageux. Dans ces prochains commentaires sur mon blog, j'évoquerai un roman publié chez Constance de Bartillat.

Bon sens ne saurait mentir 09/05/2007 14:20

Et ben ! Les commentaires de Thom confirme mon choix de contourner l'actualité littéraire, coûte que coûte (c'est à dire en attirant sûrement moins de lecteurs !). Du coup je me demande : qu'est ce qu'un contre pouvoir ? Parce qu'aucun blog n'empêchera la logique financière des maisons d'éditions. Je serais preneuse un jour, Anne-Sophie, si tu décidais d'établir une liste des petites maisons d'éditions assez courageuses pour éditer selon le coup de coeur :)
PS : En refusant de parler de l'actualité littéraire j'assume mon côté "classique" contre "moderne" et mon côté réac ;)

Anne-Sophie 09/05/2007 15:14

Ta proposition est excellenete et c'est vers celle-ci d'ailleurs que je compte me diriger. Il y a de petites maisons d'édition de qualité. Les éditions Joëlle Losfeld, Sabine Wespieser pour ne citer qu'elles publient des romans très bien écrits d'un point de vue stylistique, avec un véritable univers.Mais je vais vous parler petit à petit des différentes maisons...En revanche, même si les maisons publient leurs "coups de coeur" elles sont aussi menacés par la concurrence. pour exister et durer, elles doivent vendre des livres et miser sur les bons. On peut très bien être une "petite"  maison et obtenir quelques succès en librairie, parfois dûs à la presse, parfois au bouche-à-oreille.Donc je reviens toujours à l'idée que le côté "mercantile" n'est pas forcément une mauvaise chose car l'argent permet aux maisons et  aux auteurs de travailler.