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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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6 septembre 2006 3 06 /09 /septembre /2006 13:53


Le quatrième roman de Virginie Reisz, Sonate d’été (Mercure de France) m’a laissé de marbre. Je n’ai pas réussi à vibrer au son de la musique de son petit texte de quatre-vingt sept pages entrecoupées de nombreuses pages blanches…

 Virginie Reisz est obsédée par l’absence, la mort d’un être proche, thème déjà traité dans son premier roman Vole, Vole papillon (Joëlle Losfeld) où elle racontait les souvenirs qu’elle gardait de son père. Dans Sonate d’été, deux thèmes se croisent : la mort et la place à prendre par les vivants. En effet, ce roman raconte une histoire d’amour entre un ancien champion de moto, qui a perdu sa femme et la narratrice, quittée par son amant. Cette dernière se sent intruse dans la relation que cet homme entretenait avec son épouse, elle cherche sa place sans pour autant vouloir occuper celle du fantôme planant encore au-dessus du couple.

             C’est une histoire simple, douloureuse et banale en même temps. Mais Virginie Reisz a voulu traiter ce sujet avec originalité. Le problème est que le lecteur reste au seuil du roman, de parvient pas à pénétrer cet univers, d’abord parce que le texte se présente sous la forme d’un dialogue à une voix : la narratrice s’adresse à son amant. Le lecteur n’est donc pas le destinataire premier, il se sent intrus, extérieur au récit. Ensuite, certains passages sont fantastiques voire fantasques, à la limite du mauvais goût, notamment lorsqu’elle évoque la mort de sa mère et de Morgane : « Tu m’as dit un soir que tu imaginais Morgane à mi-chemin de la terre, perchée sur un nuage ; ils étaient la résidence secrète de ma mère. Peut-être qu’elle y était restée pendant ces années, qu’elle a tendu la main à ta fiancée pour l’aider à lâcher ses brumes d’entre-deux, à la rejoindre sur sa balancelle ». Il est vrai qu’au début du roman, on ne comprend pas pourquoi la narratrice évoque la mort de sa mère, et peu à peu le manque de celle-ci devient obsédant pour elle, comme si le fantôme omniprésent de Morgane lui rappelait sans cesse l’absence de sa mère. Mais de nouveau, les recherches stylistiques, l’absence de ponctuation, tiennent le lecteur à distance, l’empêchant de se laisser submerger par l’émotion : « Orphelin : ce mot de conte de fées, de Cendrillon, signifie dans les villes en marche ne plus avoir aucun droit à l’enfance et le réclamer dès lors, tu me dis j’ai huit ans dans ma tête tu ne peux pas me demander plus qu’à un gamin de huit ans, je voudrais te répondre je suis un bébé te supplier prends moi dans tes bras ».

        Virginie Reisz a véritablement écrit une sonate : mouvements courts et longs se succèdent, les structures de phrases canoniques sont brisées permettant ainsi des variations rythmiques, le silence, rendu par les pages blanches, a une place centrale et les thèmes s’entrecroisent. Par conséquent, ce petit livre est plus un laboratoire de recherche stylistique plus qu’une œuvre aboutie. L’auteur est en quête de style et en quête d’elle-même. Comme la narratrice, elle tente de trouver sa place dans la littérature.

 

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Published by Anne-Sophie - dans Sans intérêt
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commentaires

Gant moto Spidi 09/10/2012 11:39


Une très belle histoire que nous propose ici Virginie Reisz, avec un étonnant personnage que ce pilote de moto!