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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 22:18

    Mercredi 30 août, le Prix Nobel en langue arabe, Naguib Mahfouz est mort, à l’âge de 94 ans, dans un hôpital du Caire, ville qu’il ne quitta jamais. Mahfouz y est en effet né en 1911 dans une famille aisée. Il fait des études de philosophie avant de se tourner définitivement vers la littérature. Comme son père, il devient fonctionnaire, d’abord au ministère des Affaires religieuses puis à l’Administration des arts. En parallèle, il commence à écrire des articles pour la presse égyptienne, des scénarios, des romans et des nouvelles. Il connaît le succès grâce à une trilogie constituée de l’Impasse des deux palais, Le Palais du désir et Le Jardin du passé, qui raconte la saga d’une famille sur trois générations entre les deux guerres au Caire. Mais après avoir publié ce succès, il traverse une crise au point de ne plus pouvoir écrire entre 1952 et 1955 : « Rien n’avait changé dans ma vie, mais ce fut comme si quelqu’un de cher avait disparu. La société que je sondais était morte, et moi avec elle. Ce furent des années affreuses ».

En 1958, dans un contexte politique tendu, il brave les interdits religieux en publiant Les Fils de la Médina, roman immédiatement condamné par l’Université parce qu’il y remet en cause la politique de Nasser. Afin d’éviter les tensions, il accepte de le retirer des ventes.

         Mahfouz est un auteur engagé qui prône la tolérance. Ses romans reflètent ses positions politiques et les évolutions du pays. Socialiste convaincu au moment de la révolution, il nuance quelque peu sa position quelques années plus tard : « tout système qui mène à la justice sociale est acceptable, même s’il participe du capitalisme ». Néanmoins, il fait des choix courageux, notamment lorsqu’il soutient les accords de paix  entre l’Egypte et Israël : « Si ton ennemi te demande de faire la paix, il faut la faire. Allah, c’est la paix ». Choix courageux puisque son œuvre est boycottée dans de nombreux pays arabes.

         Pour lui, l’intolérance provient essentiellement du manque de culture : « Je suis du côté de la connaissance, seule voie de salut dans cet océan houleux et effrayant d’ignorance dans lequel nous sommes appelés à vivre ». En effet, la paix peut se faire grâce à l’éducation des nouvelles générations : « Pour lutter contre le terrorisme, la première chose à faire c’est une véritable révolution de l’enseignement. Ici, en Egypte, on ne connaît que la loi du par cœur. Tout ce qui est écrit est vrai. Il faut en finir avec cet esprit et permettre aux jeunes de développer un esprit critique, apprendre à réfléchir (…). Il faut faire comprendre aux jeunes que l’islam n’est pas contre la modernité. »

Il fait preuve, à différentes occasions, d’ouverture d’esprit. En 1988, lorsqu’il reçoit le Prix Nobel de littérature, il fait un plaidoyer en faveur du tiers-monde dont il est issu : « la grandeur d’un dirigeant civilisé devrait se mesurer à l’universalité de sa vision et à son sentiments de responsabilité vis-à-vis de tout le genre humain (….) Sauvez les êtres tenus en esclavage dans le sud de l’Afrique ! Sauvez l’Afrique affamée ! ». De nouveau, en 1994, accusé de blasphème contre l’islam, il est victime d’un attentat : un jeune homme lui donne plusieurs coups de poignard, le laissant handicapé de la main droite. Malgré cela, il ne garde pas de rancœur car « le bien remporte chaque jour des victoires parce que du mal peut naître le bien », et il ne veut ni garde du corps ni changer ses habitudes : « Ma vie a toujours été parmi la foule. Elle ne m’a donné que de l’amour ».

Mercredi 30 août, Naguib Mahfouz est mort et l’Egypte toute entière pleure celui qui avait consacré sa vie à mettre à l’honneur son pays dont il était si fier, lui, « le fils de deux civilisations, pharaonique et islamique ».

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commentaires

Bastien 27/10/2006 17:47

J'avais lu Les Fils de la Médina... J'avais adoré!

Linette 21/10/2006 08:38

Je ne connais pas cet auteur... Que me conseillais-tu de lire ??

Anne-Sophie 15/09/2006 10:57

Je te remercie Hervé pour ces compliments et suis heureuse de partager avec toi ce goût pour les romans de Mahfouz

hervé 14/09/2006 15:33

Bonjour,
Je viens à mon tour visiter ton blog... Je trouve très intéressante ton approche merci beaucoup!
Quant à Naguib Mahfouz, c'est une très bonne idée de lui rendre hommage.
Les textes sont magnifiques et ce fut un homme rare et d'une grande tolérance.