Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
Des livres, des films, des expos et bien plus encore...

 

Mail : annesophiedemonchy [a] lalettrine.fr

Twitter : @asdemonchy

Mon CV : annesophiedemonchy.com

 

 

768 000  lecteurs et
plus de 230 livres chroniqués
depuis le 21 août 2006

follow-me-twitter.png

Recherche

Ma bibliothèque

Mes livres sur Babelio.com

Archives

Infos







logo-lettrine-negre-litteraire.jpg

 

 

classement-lettrine.jpg

 





25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 00:10

Comme nombre d’entre vous certainement, j’ai reçu un mail me proposant de venir à un « criminal speed dating » :

 

« Madame Anne-Sophie DEMONCHY

 

 Dans le cadre de l'enquête concernant le meurtre de votre confrère, le journaliste Frédéric Carloni, le groupe d'investigation Meunier souhaiterait vous entendre au plus vite au Quai des Orfèvres. Merci de prendre connaissance des détails de cette [ convocation ]*

 

Commissaire Jean Delajoie,

Bureau 315.

commissaire.delajoie@36quaidesorfevres.fr

 

 

 

* Lien direct pour lire votre convocation : http://www.36quaidesorfevres.fr/convocation_presse.html

 

=====================

Ce courriel n'émane en aucun cas d'une autorité judiciaire. Il s'agit d'une invitation presse envoyée dans le cadre du lancement national du nouveau roman policier "L'Éclat du diamant" édité par L'Autre Éditions, RCS Créteil B 511 755 688. »

 

 

Comme on le comprend en bas du mail, il s’agit d’une invitation pour le lancement d’une nouvelle maison d’édition : L’Autre éditions. Je n’ai pas pu me rendre au rendez-vous. Mais j’ai cependant reçu le premier livre : L’Eclat du diamant, de John Marcus.

 

Avant même d’aborder le contenu du roman (prochain billet… Je garde un peu de suspens !), concentrons-nous sur la présentation peu habituelle de l’objet. D’abord, un bandeau, sorte de slogan écrit en rouge, annonce qu’il s’agit du « polar de l’été – une enquête du commissaire Delajoie ». En quatrième de couverture, un prix de lancement indique que jusqu’au 31 décembre, le livre est au prix de 11,09 euros (c’est précis…) puis il passera à 16,83 euros ! On n’est pas au bout de ses surprises puisqu’en ouvrant le roman on découvre dans les couvertures intérieures des annonces publicitaires… Suit une page énumérant les différentes personnes qui ont contribué à la préparation et publication de L’Eclat du diamant. Enfin, un message de l’éditeur, Jean-Marc Bastardy, explique les grandes ambitions de cette maison d’édition. Avouez que tous ces procédés sont originaux…

 

Comme tout cela me paraissait peu commun, j’ai voulu en savoir plus et pris contact avec la maison d’édition. La publicité est un choix volontaire de l’éditeur qui veut faire la promotion (gratuite me précise-t-on) d’une association de parrainage et d’une maison d’édition La Tortue… L’Autre éditions ne veut pas faire du livre un simple objet littéraire mais un « objet-sandwich ». D’ailleurs, on me fait remarquer que le sujet du roman colle parfaitement avec le rendu du livre. Certes…

 

D’autre part, cet été et jusqu’au 25 septembre des étudiants proposent aux vacanciers de Bordeaux, Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Lille et Toulouse L’Eclat du diamant en vente directe, pour la somme de 10€. Les vendeurs sont des « autoentrepreneurs » : ils toucheront 50% du prix du livre ainsi qu’une indemnité forfaitaire de 600 euros. L’Autre éditions justifie cette volonté de vendre le livre à 10€ seulement pour « ne pas faire peser tout le poids du livre sur le lecteur », quitte à ce que cela ne soit ni rentable pour l’éditeur pas plus que pour l’auteur… D’ailleurs quand j’émets quelques doutes sur l’identité de l’auteur, John Marcus, émettant l’hypothèse que derrière ce nom se cache une équipe, l’attachée de presse me répond qu’en effet il s’agit bien du pseudonyme d’un auteur qui « a beaucoup travaillé dans le monde de l’entreprise ». Intéressant quand on sait que l’éditeur, qui ne connaissait pas ce milieu avant de créer L’autre éditions, était lui aussi « dans le marketing et a monté plusieurs entreprises »…

 

 

Si L’autre éditions a choisi la vente directe c’est parce qu’elle a difficilement accès à la diffusion. Dénonçant le système Amazon qui exige près de 50% de remise commerciale, elle préfère se tourner vers les librairies indépendantes ou vendre directement le livre sur son site :

 

« Lorsqu’un petit éditeur veut travailler avec Amazon, les choses sont assez simples : il doit accepter, sans aucune négociation possible, les termes du programme dénommé : «  Amazon avantages » (…)

Cas pratique de L’Éclat du diamant

(vendu 11,09 TTC pendant la phase de lancement)

— Pour chaque commande, Amazon nous rétrocèderait 5,26 HT (à 90 jours…) ;

— Le coût postal unitaire de la commande automatique (480 pages – 620 grammes) est de 3,92 € (en France, il n'y a pas de tarif postal préférentiel pour les professionnels du livre même si Amazon, de son côté, bénéficie bien sûr d'un tarif préférentiel sur "les volumes") ;

 

Sans aller plus loin (ni intégrer le coût de l’enveloppe à bulles, de l'étiquette, les frais de gestion de traitement de la commande, etc.), le solde ainsi obtenu et revenant à l’éditeur (soit 1,36 € - vous avez bien lu !) ne couvre pas la fabrication du livre.

Quant à l’auteur, il n’est pas encore payé bien évidemment… »

             

Pour le moment, la maison d’éditions n’a publié qu’un livre et n’acceptera de manuscrits qu’à partir de janvier prochain…

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne-Sophie - dans Editeurs
commenter cet article

commentaires

google 24/04/2014 10:02


God job!!

Bric à brac baroque 22/11/2009 12:20



Votre blog est très intéressant. J'écris depuis très longtemps, mais devant le monde de requins qui s'offre à moi, je préfère carrément rester dans mon coin, avec mes visiteurs-lecteurs, sur mon
blog.
Quand on voit l'arnaque qu'est devenue l'édition, on se sauve en courant. Je suis peut-être un peu dépitée...
Je me dis que l'essentiel est d'écrire...les agences littéraires, bof, ne m'inspirent rien qui vaillent. Disons que, ne parvenant pas à distinguer les requins des gens honnêtes et fréquentables,
on finit par devenir philosophe et par s'éditer soi-même, ce que j'ai fait. Ce n'est pas glorieux, mais ce système me dégoûte. Je ne suis pas dupe des maisons qui font de l'auto-publication, ils
font leur beurre aussi sur notre dos, mais au moins c'est plus ou moins anonyme, on a la paix. Je reviens à un certain artisanat qui, après tout me donne une certaine fierté de réaliser MON rêve
puisque personne n'a voulu de mon manuscrit (trop gros et sans doute pas dans les clous au niveau de sa mise en page, interlignes, quelques coquilles, peut-être aussi son contenu...).
Bonne journée...j'ai mis votre site en lien, je repasserai. Merci en tout cas pour toutes vos explications.




sandrine 02/08/2009 12:25

j'aime ce site, je recherchais des sites pour pouvoir suivre l'actualité littéraire et je reconnais que celui-ci me plait particulièrement j'ai toruvé cet article très intéressant!!! 

Frédéric Delalot 28/07/2009 23:25

Très courageux et à encourager, forcément. Merci d'avoir partagé l'info. Votre blog est très intéressant.