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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 10:01

 

A l’occasion de la sortie de Darling Jim en France, Christian Mørk a passé quelques jours à Paris. J’en ai donc profité pour le rencontrer et lui poser toutes les questions que son parcours ainsi que son roman m’inspiraient.

Je le remercie chaleureusement d’avoir fait cette interview en français.

 


Vous êtes danois mais vous écrivez en anglais. Pourquoi ?

Je vis aux Etats-Unis depuis 22 ans, maintenant j’ai 43 ans. J’ai passé la moitié de mla vie en Amérique. C'est donc beaucoup plus facile d’imaginer cette histoire en anglais parce que c’est comme ma langue maternelle et surtout les personnages que j’ai inventés existent dans un univers anglais, pas très danois.  Quand j’étais en Irlande pour faire mes recherches sur le livre, c’était de toute façon nécessaire que je parle anglais. Les faire en danois n’aurait pas été pratique. Je n’utilise le danois que lorsque je traduis mes livres.

 

Vous avez été journaliste. Dans quel domaine ?

Celui du film car j’ai été producteur à Hollywood, pendant 12 ans. Ensuite, j’ai été journaliste pour le New York Times. J’ai fait des interviews avec des réalistes,n des comédiens…

 

En lisant votre roman Darling Jim, on ressent ces deux influences : le goût pour l’enquête et le cinéma…

Darling Jim est comme un film pour moi. Tous les chapitres sont construits comme une séquence de cinq pages chacun. C’est à cause de ma terrible expérience à Los Angeles où j’ai appris à écrire des scénarios.  C’est automatique pour moi d’écrire ainsi.

 

Vous avez complexifié votre narration en introduisant des journaux intimes…

C’est quelque chose que j’ai un peu fait par hasard…  Je me demandais comment agencer mon roman de façon à ce qu’il ne soit pas chronologique, qui commence avec la fin. Quelque chose d’original. Plus comme un film que comme un livre…

L’histoire que Jim raconte est une ancienne légende irlandaise que j’ai essayé de combiner avec un polar moderne et une histoire d’amour. Ce roman s’inspire d’un film que j’adore : Rachomone de Kurosawa dans lequel on raconte la même histoire trois fois de différents points de vue.

 

Il semble que Niall qui fait le lien entre ces différentes histoires n’est qu’un prétexte, un outil pour introduire les différents récits…

Absolument ! Il est l’excuse pour mettre le lecteur en situation.

 

Peut-on aller jusqu’à dire que la manière dont il trouve le premier journal intime d’une des sœurs Walsh n’est pas du tout naturelle ?

Je n’ai pas respecté les règles littéraires. J’ai essayé d’être le plus visuel possible. De plus, Niall est un anti-héros. J’en avais besoin, comme dans les légendes arthuriennes.

 

Il y a une grande différence de ton et d’écriture entre les journaux et les récits de Jim racontant les légendes irlandaises…

Je suis danois : on retrouve ces types de légendes. J’essaie de ne pas faire de la fantaisy à la Harry Potter qui ne me semble pas naturelle…  J’ai essayé d’écrire un livre qui peut être lu à n’importe quelle époque, moderne et authentique.

J’ai surtout essayé de ne pas être trop grandiloquent dans les récits légendaires. J’ai voulu faire un roman qui, malgré ses trois registres (journaux intimes, polar et légende), soit naturel.

Il m’a été très difficile d’imaginer une jeune femme irlandaise de 22 ans écrivant son journal intime. Pour parvenir à écrire ce roman, j’ai donc dû m’installer trois mois en Irlande.

 

Vous avez passé trois mois à écrire ce roman ?...

En fait, à partir du moment où je me suis installée en Irlande, j’ai écrit tous les jours jusqu’à la fin du projet.  Mais j’ai passé de longues années à méditer ce livre. C’est en 2000 que j’ai trouvé ce fait divers. J’ai lu ensuite beaucoup de livres sur le sujet. Une fois en Irlande, j’ai écrit d’une traite mon roman, cinq pages par jour.

 

Vous vous êtes installé en Irlande spécialement pour écrire ce roman ?

Oui, j’avais besoin de créer un livre authentique parce que je ne suis pas irlandais. J’ai écouté les gens se parler… Après avoir fini Darling Jim, je l’ai montré à mes amis irlandais qui m’ont dit que c’était écrit comme un irlandais. C’était parfait : j’avais atteint mon but.

 

Il y a deux frères liés à la légende et trois sœurs tuées par leur tante. Parmi elles, il y a également des jumelles. Pourquoi ne pas avoir développé ce thème ?

Pour moi, il y avait déjà beaucoup de thèmes et de genres. Je ne voulais pas embrouiller le lecteur et surtout concentrer son attention sur l’histoire tragique des trois sœurs. Le sujet du roman est la loyauté entre elles. Elles sont troubles c’est vrai mais après avoir fini le livre, je me suis rendu compte combien je les aimais comme des sœurs aussi. C’est une histoire tragique détruite par l’amour.

 

On peut lire ici et là que votre livre est terriblement violent. Qu’en pensez-vous ?

Je ne crois pas. Il s’agit d’une histoire d’amour. C’est un thriller bien sûr mais qui n’est pas si sanglant que cela. C’est une histoire symbolique. Mon objectif était de parler des relations passionnelles entre Jim, les sœurs et la tante. Je n’ai rien montré de violent, ou très peu. J’ai coupé toutes les scènes sanglantes. J’ai utilisé une technique faite au cinéma de montrer sans montrer. Cela me semble beaucoup plus intéressant. C’est au lecteur d’imaginer la scène, c’est n’est pas à moi.

 

Vous dites avoir écrit cinq pages par jour. Vous aviez un plan près de vous ?

Tout à fait ! D’abord je fais une longue chronologie. Après, j’écris mes cinq pages… Je suis mon plan comme s’il s’agissait d’un synopsis.

 

Comme ce roman est construit comme un film est-ce qu’il est prévu qu’il soit adapté au cinéma ?

Non. Si quelqu’un veut le faire, très bien. Qu’on me donne la place pour le cinéma, j’y vais. Mais après avoir passé 12 ans à Hollywood, je n’ai vraiment pas envie de retenter l’expérience. Maintenant, je veux écrire des histoires sans penser que ça pourrait devenir des films. Je veux rester à ma place d’auteur. Je ne veux pas m’éparpiller contrairement à pas mal d’auteurs qui ont envie de tout faire à la fois. Je connais trop le monde de Los Angeles, ça coûte trop cher : mon livre sera dénaturé et je connaîtrais trop de compromissions.

Mais en tant que spectateur, je serai très content de voir mon film adapté.

 

Comment vivez-vous votre double appartenance aux Etats-Unis et au Danemark ?

En fait, au Danemark, on n’a pas le droit d’avoir la double nationalité. J’ai gagné la carte verte il y a très longtemps déjà. Depuis, je fais des allers-retours entre les deux pays. Dans les mois à venir, je vais aller au Vietnam pour écrire mon prochain roman. Ensuite, j’irai en Equateur.  Je prends des notes dans la rue, j’écoute les gens…

 

Vous avez toujours besoin de vous rendre dans les pays qui vous servent de sujet à vos romans ?

Oui, car dans un monde avec Google, c’est difficile de faire quelque chose d’authentique. Tout y est uniformisé.  Si on veut écrire quelque chose d’original, il faut séjourner dans le pays en question. C’est peut-être ma discipline danoise…

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Published by Anne-Sophie - dans Interviews
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