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Anne-Sophie Demonchy
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 15:23

Boris Pasternak a eu beau être un écrivain fort connu en Union soviétique, la publication de son unique roman, Le Docteur Jivago, lui valut les foudres de son pays et l’empêcha d’accepter le plus prestigieux des prix littéraires : le Nobel. Dans le nouveau numéro de Books, un article est consacré à l’histoire de cette publication rocambolesque qui a fait l'objet d'un essai de l’historien russe, Ivan Tolstoï : Le Roman blanchi de Pasternak. Le Docteur Jivago entre CIA et KGB.

En 1953, Pasternak soumet son manuscrit à une revue littéraire russe, Novyj Mir, après avoir écopé d’un certain nombre de refus auprès des maisons d’édition russes. La revue hésite, range Le Docteur Jivago dans un tiroir, et l’oublie.

Trois ans plus tard, un militant du parti communiste italien, en séjour à Moscou, apprend l’existence de ce manuscrit et l’envoie en Italie à un ami éditeur, Giangiacomo Feltrinelli. Pour le moment, il ne peut pas l’exploiter mais quand la revue annonce officiellement qu’elle ne souhaite pas publier ce roman sur la révolution d’Octobre, Feltrinelli propose à Pasternak d’éditer Le Docteur Jivago en Italie. Le roman voit le jour en 1957. Pour déposer sa candidature au Nobel de littérature, Pasternak doit pouvoir publier en russe son roman mais son éditeur italien qui possède les droits mondiaux du Docteur Jivago, n’a pas envie de le faire.

Ivan Tolstoï soutient l’idée que c’est la CIA qui s’est chargée de cette traduction. L’une de ses administrations a pour mission de diffuser des livres russes censurés par le régime soviétique. Elle confie donc à une maison hollandaise cette mission en échange de 10 000 dollars, sans l’accord de l’éditeur italien qui intercepte le livre à temps. Pour ne pas que l’éditeur hollandais lui vole ses droits sur le livre il accepte la traduction russe et c’est ainsi que Boris Pasternak a pu présenter sa candidature au Nobel. Le comité suédois lui  accorde le prix.

Cette belle histoire aurait pu bien se finir si le gouvernement soviétique n’était intervenu et fait pression pour que Pasternak refuse le prix estimant qu’il est un « agent de l'Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique ». Face aux menaces qui pèsent sur lui et sa famille, Pasternak décline les honneurs et rend son prix…

 

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commentaires

Nanne 23/03/2009 17:49

J'ai toujours été très étonnée des moyens de pression que possédaient le KGB sur les intellectuels russes ! Faire refuser un tel prix à un auteur comme Pasternak est absolument insensé ...

Karine :) 21/03/2009 13:47

Ce livre fait partie de mes coups de coeur à vie.  Je savais que qu'il avait refusé le Nobel mais je ne savais pas pourquoi ni ne connaissais cette histoire.  Comme le dit Lilly, ça pourrait faire un roman!!

Lilly 21/03/2009 08:30

Je n'étais pas du tout au courant de cette histoire, elle mériterait elle-même presque un roman ! Je n'ai pas encore lu Pasternak, encore un projet...