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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 13:34

La correspondance amoureuse est un genre très en vogue au 18ème siècle. A cette époque, les lecteurs se délectent de ces courriers larmoyants où bien souvent une jeune femme pleure sur ses amours perdues, ses espoirs déçus (pensez aux Lettres d’une religieuse portugaise)… Le roman épistolaire également fait de nombreux émules : Laclos et Les Liaisons dangereuses, Rousseau et Julie ou La Nouvelle Héloïse, ou Montesquieu et Les Lettres persanes. Certaines lettres sont de pures fictions (ce sont tous les exemples que je vous ai donnés), d’autres en revanche seraient de véritables documents… Effectivement, les éditions Buchet-Chastel publient Lettres d’amour et d’affaires de Catherine, Comtesse de Salmour, marquise de Balbian, publiées en 1775.

 

L’affaire est simple : le Magrave (c’est-à-dire le prince germanique) Charles épouse en secret une jeune femme noble mais d’un rang bien inférieur au sien, la comtesse Catherine. Quand son frère Frédéric II l’apprend, il fait enlever sa femme et l’enferme dans un couvent car ce mariage est contraire aux bienséances de l’époque et peut nuire aux affaires politiques internationales… 

 

Enfermée dans un couvent, la marquise ne peut entrer en contact avec son époux que par lettres qu’elle remet à sa famille grâce à la bienveillance des gardiens qu’elle achète avec l’argent et les pierreries remises par le Magrave Charles.

 

Ces vingt-trois lettres sentimentales redoublent de mots d’amour et d’hyperboles : «  tout cela me rend la personne la plus infortunée du monde », « vous ne m’abandonnez point dans la plus affreuse demeure de l’univers ». Elle recourt au registre pathétique voire tragique quand elle évoque le mal qui la ronge, la mort qui la guette en apprenant que son mari risque de quitter la région. Pour attendrir son mari et le lecteur, la marquise nous abreuve de mots doux et sirupeux : « cher mari, « votre chère bouche », « mon cœur », « j’aime », « adorable Roi », « mon cher Prince » tout en déplorant son triste sort : on l’a « arraché des bras de [son] mari », on l’a privée de liberté…

Car si sentimental que soit ce recueil, il n’en demeure pas moins un recueil d’affaires : la marquise vise un objectif bien précis. Elle veut recouvrir sa liberté tout en demeurant l’épouse du Magrave sans quoi, elle est vouée à la ruine. Pour y parvenir, elle donne à son mari des directives très précises, alliant mots d’amour et ordres stricts.

 

Les lettres se laissent lire sans déplaisir d’autant que les manœuvres de la marquise pour retrouver sa liberté sont dignes d’intérêt toutefois, j’ai déploré les trop nombreuses subordonnées qui jalonnent le recueil : « je ne vis qu’autant que je me flatte que je vous suis toujours chère ; mais sitôt que je vois que vous me quittez, la mort me délivrera de la douleur de vous voir infidèle… » Ces Lettres d’amour et d’affaires n’auront retenu mon attention que sur la personnalité quelque peu machiavélique de la marquise.

 

La postface est en revanche intéressante et permet de comprendre le contexte historique et retrace l’existence de cette marquise.

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Published by Anne-Sophie - dans Sans intérêt
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commentaires

Anne-Sophie 12/02/2009 16:26

Didouchka, vous avez raison, je n'ai pas raconté la fin de cette histoire qui nous est contée dans la postface : la Comtesse, après la mort de son mari, est libéré par le frère, Frédéric II et obtient même 30 000 ducats en or. Plusieurs années après, elle épouse son 3ème mari, le comte de Wackerbath.Lisez ces lettres et dites-moi ce que vous en avez pensé.

ficelle/sauf 11/02/2009 08:11

Je reste stupéfaite à chaque fois d'imaginer ces destins de femmes, enfermées dans les couvents. On peut comprendre qu'elle ait oeuvré pour en sortir, et qu'elle ait usé de tournures à rallonge pour retrouver sa liberté…

didouchka 10/02/2009 09:54

Vous ne dites pas si la marquise a, oui ou non, réussi à recouvrer sa liberté, si son mari lui est resté fidèle? Je dois être un peu midinette, mais cette histoire me touche, en dépit du côté sirupeux... ;)  

Anne-Sophie 09/02/2009 14:13

Bonjour Bernard, vous n'avez pas tort... Certains auteurs de l'époque ont usé et abusé de ces constructions... Mais je dois avouer que je ne les aime pas... Je vous remercie pour toutes vos idées de lecture.

Bernard 09/02/2009 14:07

Mais c'était le style de l'époque... Les pièces e Molière ne sont pas écrites autrement. Contemporaines de ces lettres, et si vous en avez le temps et l'envie, A.S., vous pourriez jeter un oeil sur les "Mémoires Inutiles", du comte Gozzi (Phébus). Les mémoires d'un comte vénitien, c'est instructif (la Venise du XVIIIe au jour le jour), très drôle et très méchant ! Et écrit dans une belle langue.