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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 12:14

Léchange entre JG et Cécile de Quoi de 9 sur mon blog m’a particulièrement intéressé parce qu’il montre la complexité de « gérer » l’entreprise qu’est une maison d’édition. J’ai donc poursuivi mes investigations en rencontrant un éditeur bien au fait de la déroute de l’un des deux éditeurs dont j’ai fait cas ici. Mais son raisonnement a une valeur générale, même si c'est un point de vue purement mercantile. Il n’est évidemment pas question de qualité littéraire mais d’argent.

Selon cet éditeur, cette maison d’édition, qui avait à la tête une personne d’expérience, s’est lancée aveuglément dans la cavalerie. Elle a publié énormément de livres sans réfléchir au préalable à sa cible. Alors qu’ « elle a voulu jouer dans la cour des grands », elle n’a pas fait d’études de marché ni anticipé les coûts de ses productions. Le rôle du libraire, plus encore que du distributeur ou du diffuseur, est grand car c’est lui qui vend les livres. Pour cet éditeur, « le libraire est une banque : ce qu’il n’a pas vendu, c’est perdu et c’est de la place en moins pour d’autres livres. Il veut faire du chiffre ; or un livre non vendu dans la semaine est de la place prise, c’est donc de l’argent immobilisé pour rien. En prime, il va devoir rembourser, lors des retours, l’éditeur. Pour l’éditeur, c’est tout bénéf. C’est pour ça que certains éditeurs ont abusé de la confiance des libraires parce qu’ils ont sorti des volumes, gagné de l’argent virtuel. C’est ce qu’on fait quand on est en danger : le libraire achète, les comptes de l’éditeur remontent en attendant les retours. Mais quand les retours arrivent, il renvoie de nouveaux livres au libraire. On peut rester longtemps sur ce schéma. Quand les libraires en ont marre et qu’il ont blacklisté l’éditeur, c’est fini pour lui.

Comme on aime son banquier, on aime son libraire, se méfier de lui parce qu’il a des goûts particuliers (…). Il faut ne pas décevoir le libraire : s’il y a trop de retours on arrête.  (…) Ca veut dire aussi qu’on a raté notre cible. Il faut être à l’écoute du public. X ne l’était pas : elle publiait pour les quelques familles bobo de Paris ».

 

Bienvenue dans la dure réalité du marché !

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Published by Anne-Sophie - dans Editeurs
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commentaires

Cécile de Quoide9 03/11/2008 18:30

sur un thème pas si éloigné de ces histoires de cavalerie, voir le blog de Miss Wrath qui parle (de façon polémique forcément) de la surproduction littéraire et du pilon.

F 31/10/2008 16:49

vraiment infâme la pub de droite, aujourd'hui, avec le père Noël  ! y en a vraiment besoin pour boucler les fins de mois, ou il faut lancer une souscription pour la version over-blog sans pub ? ! à part ça, merci over-blog, super la version iPhone qu'ils proposent pour la Lettrine, avec reconnaissance auto de l'appareil quand on arrive... 

Irène 30/10/2008 22:14

Je retiens cette idée de livre comme produit noble. Chez l'épicerie, on ne confond pas les produits bio ou AOC avec des marques industrielles. Dans le marché du livre, hélas, beaucoup d'éditeurs et de libraires présentent des livres fast-food comme des produits du terroir...

Anne-Sophie 30/10/2008 18:09

C'est vrai, quelques librairies essaient de résister en ne proposant que des livres qu'ils aiment, en faisant des choix... Les clients les connaissent, sont attentifs à leurs avis. POurtant, je suis hélas convaincue que cette résistance est difficile à tenir pour tenir le coup, faire marcher son commerce. Les libraires sont des commerçants avant tout, d'un objet noble : le livre, mais c'est un commerçant avant tout. POur citer une librairie que j'aime beaucoup : Le Merle moqueur à Paris. Ils mettent en avant les livres qu'ils aiment mais on trouve aussi le reste. A l'écart, sur les gondoles de droite, en entrant... Quant aux docs people, je sais qu'ils en vendent mais je ne saurais dire où ils sont... Tout y est mais à des endroits plus ou moins stratégiques ! A l'arbre à Lettres c'est paraeil : les livres qu'ils jugent médiocres sont rangés sous les gondoles ! Tout est question de stratégie, de mesure et de diplomatie !

sauf 30/10/2008 17:53

C'est quand même un principe marchand étonnant :c'est le seul système commercial où on ne paye que ce qu'on vend ! d'où mon respect pour ces petits libraires qui achètent leur stock, en fonction des goûts et des risques qu'ils peuvent/veulent prendre. Par exemple, à Bordeaux, La mauvaise réputation.