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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 10:06

Jørn Riel m’attend avec sa traductrice dans son hôtel parisien. Depuis son arrivée en France, il enchaîne, à travers l'Alsace, l'Ile de France, la Bretagne, interviews et rencontres avec lecteurs et journalistes. Il a accepté de me rencontrer et se montre curieux de découvrir mon blog, espace virtuel qu’il ne connaît pas. J’espère qu’il ne sera pas déçu du résultat…

 

On distingue deux tendances dans votre œuvre : une plutôt humoristique, avec vos racontars, une autre plus sérieuse avec vos romans. Quel projet d’écriture poursuivez-vous ?

J’écris tout d’abord pour me satisfaire moi-même. Les racontars c’est plutôt pour amuser et les grands récits, c’est pour faire connaître ces savoirs ancestraux. Je n’écris pas d’essais ethnologiques parce que je trouve ça assez ennuyeux, alors que la littérature a une autre saveur. Peter Freuchen, c’est le plus grand auteur pour moi qui a su allier ses connaissances ethnologiques et le récit. C’était l’ami de Knud Rasmussen qui était l’un des grands explorateurs danois. Ils ont beaucoup travaillé ensemble. Mais, tandis que Dans Knud Rasmussen a écrit beaucoup d’essais et de documents, moi j’ai préféré la fiction.

 

Vous avez dit, lors d’interviews précédentes, que vous vous sentiez plus conteur que écrivain. Est-ce encore le cas ?

Oui, c’est toujours le cas. Les grandes conteuses comme Karen Blixen m’inspirent beaucoup. Je me sens très proche d’elles.

 

Comme les grands ethnologues que furent Jean Malaurie ou Paul-Emile Victor, vous sentez-vous investi d’une mission, celle de défendre les sociétés menacées ?

Je ne me sens nullement missionnaire mais je voudrais dénoncer les injustices commises envers ces peuples-là et essayer de préserver leur héritage, leur histoire en les transmettant par mes récits. Mes romans qui ne sont pas traduits en français sont encore plus rudes car ils traitent de pays où j’ai été présent en tant qu’observateur des Nations Unies. Là-bas, j’étais au cœur du conflit, j’étais toujours dans des zones dangereuses.

 

Pourquoi ces textes n’ont-ils pas été publiés en France ?

D’abord, mon éditrice a privilégié ma production nordique. J’ai écrit énormément de livres. Sur 41, elle en a déjà publié 20, environ un par an. Il y a donc des limites à ce qu’elle peut publier !

 

Vous écrivez énormément alors que vous donnez, dans vos interviews, l’impression d’être un dilettante. Vous affirmez par exemple n’avoir aucune discipline de travail…

Au contraire, je prends l’écriture très au sérieux parce que je n’écris que lorsque ça vient sans me forcer. Je suis bien quand j’écris mais je suis bien aussi quand je n’écris pas et je ne suis pas angoissé par rapport à ça. C’est cette façon d’envisager l’écriture qui me semble la plus sérieuse : écrire quand ça se présente à moi.

 

Vous ajoutez également que vous ne corrigez pas vos manuscrits…

Comme je ne travaille que quand ça vient, je suis très consciencieux. Je sais exactement ce que je veux dire. J’écris toujours à la main puis je retranscris à la machine. Je fais quelques corrections de style mais le reste demeure tel quel. Avant d’écrire, j’ai en tête le plan, mes personnages et surtout la fin. Je trouve que réfléchir à la fin avant d’écrire est très important : j’ai horreur de ces livres dont la fin se délite.

 

Vous avez écrit Le Jour avant le lendemain à partir d’un fait divers – la découverte de deux crânes dans une grotte – est-ce toujours ainsi que vous procédez pour écrire un livre ?

Tout ce dont je parle dans mes livres, je l’ai vu, entendu ou vécu. Je ne pars que de faits réels.

 

Même pour les racontars ?

Oui ! Ce sont des histoires vraies qui pourraient être des mensonges !!

 

A propos de racontars, n’en racontez-vous pas un quand vous affirmez que votre premier texte a été publié à votre insu par un libraire qui se serait servi dans votre bureau ?

Malheureusement, je vais vous décevoir mais c’est la vérité ! C’est un colporteur qui m’a pris mon manuscrit. A cette époque je n’avais pas envie d’être publié. J’écrivais pour moi et je n’avais pas imaginé être publié sinon je l’aurais fait avant mes 38 ans !

 

Vous introduisez de nombreuses légendes dans vos romans. Vous ont-elles été transmises par les Inuit ?

En effet, je les ai apprises par le récit de ces gens. J’ai commencé par le Groenland Ouest puis j’ai fait une grande enquête en Alaska pour pouvoir écrire la trilogie Le Chant pour celui qui désire vivre. J’ai poursuivi mes investigations au Canada du Nord. Toutes ces légendes sont racontées dans ces différentes régions arctiques.

 

Quel est le livre dont vous vous sentez le plus fier, qui vous ressemble le plus ?

Le Jour avant le lendemain et l’ensemble de mes racontars car ils reflètent ma personnalité : le plaisir de raconter et l’humour.

 

Après la Malaisie, y a-t-il un endroit où vous aimeriez vivre ?

Pour le moment je me sens très lié à la Malaisie mais si je devais vivre en Europe, je choisirai la Bretagne.

 

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Published by Anne-Sophie - dans Interviews
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commentaires

VanessaV 03/06/2010 19:48



Oh chouette, la réponse à plein de mes questions!



Anne-Sophie 17/11/2008 11:38

J'en garde un très bon souvenir : Jorn Riel est très âgé mais très ouvert. Il parle peu, mais avec passion de ses livres...

Plume 15/11/2008 22:54

Merci beaucoup, Anne-Sophie, pour ce lien. Je le voyais exactement comme cela, grâce à tout ce que j'ai lu de lui. C'est pour moi une belle confirmation. J'aime cette tradition de l'écrivain ethnologue aventurier engagé. Bonne interview. Gardez-vous un bon souvenir de cette rencontre ?Bien à vous,

Ultimo 16/10/2008 14:31

"Le garçon qui voulait devenir un Être Humain" dans la collection GAIA en 3 tomes est très bien pour les jeunes et les moins jeunes ...un mélange de conte, d'ethnologie et d'aventure ....

sauf 15/10/2008 13:05

un conseil pour commencer ? Parce que ça donne envie, je connais son nom mais je n'ai jamais lu. Merci !