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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 00:02

Je viens de commencer la lecture de L’Etat des Lieux de Richard Ford (L’Olivier), une lecture longue (plus de 700 pages) mais passionnante. Il s’agit du dernier volet de sa trilogie commencée en 1990 ! Vous l’aurez compris, Richard Ford n’est guère un rapide ! En quarante ans, il n’a publié qu’une dizaine de romans et de recueils de nouvelles… Livres longuement réfléchis, mûris qui font de lui un écrivain de premier plan. D’ailleurs, il fait partie des invités les plus attendus au festival America.

 

Ecrivain, sur un coup de tête !

Richard Ford est né en 1944 à Jackson, Mississippi. Il est fils unique et contrairement aux relations conflictuelles qu’il décrit dans L’Etat des Lieux entre Franck et son fils, il a connu une enfance heureuse, auprès de parents unis. Il perd son père lorsqu’il n’a que 16 ans. Evénement tragique et traumatisant puisque son père s’effondre dans ses bras, victime d’une crise cardiaque. Pourtant, il ne parvient pas à pleurer…

Par la suite, il commence des études de droit qui ne l’inspirent guère. Parallèlement, il participe à des ateliers d’écriture, comme ça, sans vraiment savoir pourquoi… Et, sur un coup de tête, il abandonne ses études en 1968, décide de se marier avec sa fiancée qui habite New York et de devenir écrivain ! Pendant deux ans, il suit un programme d’écriture en 1970 qui lui fait penser qu’il ne s’est pas trompé d’orientation.

 

Un écrivain engagé

Richard Ford a choisi de situer son roman au New Jersey, en 2000, au moment où Bush « a volé les voix des démocrates aux élections et causé une crise constitutionnelle que nous n’avons pas même reconnue. Ce faisant, il a crée une situation dont nous souffrons encore aujourd’hui » (interview accordée à Transfuge, numéro de septembre 2008). Franck, son narrateur, est un démocrate qui, à la moindre occasion, aborde des sujets politiques et critique le président récemment élu. Et Richard Ford de conclure : « George Eliot dit que « toute vie privée est déterminée par la vie publique ». Raison pour laquelle un roman comme le mien est un roman politique, parce que ce que Franck fait dans le livre est déterminé, d’une manière ou d’une autre, par la vie publique » (interview Transfuge).

L’auteur aimerait que ses romans puissent changer la société comme avait réussi à le faire La Jungle de Upton Sinclair qui dénonçait les conditions de travail inhumaines et le manque d’hygiène dans les abattoirs de Chicago.

 

L’univers littéraire de Richard Ford

Richard Ford est parvenu à établir une œuvre qui s’étale sur une quarantaine d’années. La banlieue et la classe moyenne sont au cœur de ses intrigues qui ont l’ambition de dépeindre non pas des aventures extraordinaires, mais les petits riens du quotidien, de transcrire une atmosphère propre à ce milieu.

Comme John Cheever ou John Updike, Richard Ford  décrit une banlieue étriquée et aseptisée. Il dénonce le conformisme, le manque d’ouverture d’esprit…

Ford se dit très influencé par les modernistes américains des années 1920 comme Sherwood Anderson ou Sinclair Lewis, auteurs qui eux aussi dénoncent l'Amérique provinciale et ses hypocrisies. Faulkner et Fitzgerald s’ajoutent à la liste qui ne saurait être exhaustive. Tous ces auteurs inscrivent leur œuvre dans une réalité sociale bien définissable.

 

Méthode de travail

Richard Ford n’est pas un rapide. En quarante ans, il n’a publié que neuf livres… En examinant de plus près sa méthode de travail, le mystère disparaît. Il commence par passer un an à simplement penser à son livre. Sans écrire mais « Tout en y pensant, je remplis un gros cahier relié. Dans ce cahier, il y a des intercalaires, comme dans les cahiers d’écolier. Sur l’un des intercalaires, j’écris Franck, sur un autre Paul, ou encore New Jersey, Thanksgiving… Je commence donc par accumuler du matériau : je prends des notes sur Franck, sur Paul, je fais des rapprochements. Et une année plus tard, je me mets à étudier tout cela, comme on étudierait pour un examen de droit ». Ce n’est qu’ensuite qu’il s’empare de son stylo-bille pour écrire son roman. Cette étape dure environ 3 ans et demi. Ensuite, il passe 6 semaines à taper son texte sur ordinateur et à le lire à son épouse à qui il dédie tous ses livres. Par conséquent, il passe environ plus de 4 ans et demi à élaborer un roman.

 


De nombreux articles sont consacrés à Richard Ford et L’Etat des Lieux :

Une interview dans Transfuge de septembre 2008 ; un questionnaire sur Bibliobs ; une vidéo sur Médiapart

 portrait dans L’Express, sur Bibliobs

Télérama Le Monde, Le Figaro, etc.

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Published by Anne-Sophie - dans Festival America 2008
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commentaires

Anne-Sophie 10/01/2010 19:06


Bonjour Nymphette et merci pour votre message. Je n'ai pas lu ce roman mais votre analyse me donne fort envie. Je me suis pour le moment contentée de lire l'Etat des lieux, très intéressant car non
lisse et un avis j'aime/j'aime pas serait complètement vain. Il est trop complexe et soulève bcp de questions pour se contenter d'un simple jugement...


La nymphette 10/01/2010 11:40


Beau portrait pour un auteur atypique. Loin de la contrainte de publication annuelle il vit sa vie et son oeuvre. J'ai terminé il y a peu le premier volet de la trolgie qu'achève L'état des lieux: Un WE dans le Michigan, et on comprend par la description du processus d'écriture la richesse de ses personnages et situations!


Mi 14/12/2008 18:43

Et de quatre ! Je viens de lire " Une saison ardente " de Richard Ford et je vais surement lire " L'état des lieux ". Il utilise la technique du comportement pour rendre l'atmosphère réaliste de ses romans. Je n'ai pas vu défiler les pages. J'y retrouve mes auteurs américains préférés : Faulkner, Filzgérarld, Fante, et maintenant Ford. Leurs noms commencent tous par un " F " .Bravo et merci pour votre blog, très agréable, on a l'impression d'entrer dans une bibliothèque.Mi

pat 11/09/2008 10:28

J'ai lu un vieux roman de lui, "Independance day" je crois. De belles pages, mais que c'est long, que c'est long... Je n'ai jamais lu je crois de roman aussi bavard

Lilly 10/09/2008 11:48

Un copain qui l'aime beaucoup le comparait en effet à Faulkner. J'avais jeté un oeil aux résumés de ses romans, mais ça ne me tentait pas trop. Je pense que je vais d'abord finir de découvrir certains auteurs que tu cites avant de me pencher sur Richard Ford