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Anne-Sophie Demonchy
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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 02:22

Dimanche, l’écrivain russe, Alexandre Soljenitsyne, prix Nobel de littérature, est mort à l’âge de 89 ans. Il consacra sa vie à l’écriture, moyen pour lui de dénoncer les horreurs perpétrées par le régime communiste.

 

Pour rendre hommage à l’auteur de l’Archipel du Goulag et du Pavillon des Cancéreux, plusieurs émissions lui sont consacrées. Une, en particulier, a retenu mon attention. C’était hier soir, sur Arte. Le programme était composé de deux parties : la première était consacrée au rôle de Soljenitsyne dans l’Histoire de la Russie, la seconde était centrée sur l’écrivain. C’est évidemment cette partie qui m’a le plus intéressée.

 

Né en 1918, Alexandre Soljenitsyne appartient à une famille paysanne plutôt aisée. Sa mère lui donne une éducation religieuse qu’il doit cacher lorsqu’il entre à l’école, ses camarades – communistes. Pourtant, vers 17 ans, il adhère aux jeunesses communistes et perd la foi. Il se tourne vers des études scientifiques, parce qu’à cette époque, en Russie, il n’est pas bien vu d’étudier les lettres et les arts.

 

En 1942, il est nommé lieutenant pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est alors arrêté en février 1945 par le contre-espionnage et conduit à l’archipel du Goulag. Il connaît l’enfermement, la misère et la violence. Dès lors, il se tourne de nouveau vers Dieu et comprend qu’il est « en relation avec lui ». Avant, selon lui, son « âme était vide »… Le garçon qu’il était à cette époque lui déplaisait, tout comme ses écrits qu’il juge sans intérêt. Au Goulag, il traverse une crise morale intense. Il écrit énormément, dans des petits carnets aux pages vertes, avec une écriture quasi illisible, à l’abri des surveillants… Il cache ses écrits derrière des dictionnaires qu’il lit quotidiennement et y découvre des mots rares, oubliés, qu’il compte réinjectés dans ses livres.

 

En 1953, il est libéré mais tombe gravement malade : il est atteint d’un cancer et est interné dans un hôpital de Tachkent. Cette expérience lui inspirera Le Pavillon des Cancéreux.

 

Si les mots sont importants, Soljenitsyne estime que la forme n’est pas un but en soi mais doit être au service du message à délivrer. Pour écrire La Roue rouge, par exemple, il a eu recours à la métaphore de l’arbre, de la branche et du nœud. L’auteur attache une importance capitale aux mots. Il en invente certains, en déforment d’autres, jouent avec les racines, retrouvent des expressions archaïques ou régionales… Les traducteurs sont souvent déconcertés devant certains termes mais Soljenitsyne les met à l’aise en leur permettant toutes sortes d’inventions.

 

Le documentaire était intéressant mais un peu court : j’aurais aimé entrer davantage dans l’atelier de l’écrivain, savoir plus précisément comment il établissait ses plans complexes, ses fameux nœuds… Je ne doute pas que de nombreux ouvrages paraîtront dans les mois voire les semaines à venir !

 

 

 

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commentaires

Gondolfo 15/08/2008 00:16

oui il faut la mort d'un écrivain pour se dire qu'on va enfin finir par le posséder un peu, ses limites venues.. sauf s'il revient ! :)sympa ces petits daily motion vieos avec le sourire :)

Georges F. 08/08/2008 10:38

Il fait du bien, ce billet. Tandis que je vous réponds, sur les rayonnages de ma bibliothèque, l'Archipel du Goulag et Le Pavillon des cancéreux semblent se détacher, énormes, comme pour me rappeler que je devrais les relitre tous les dix ans. En revanche, je ne connaissais même pas l'existence de La Roue rouge, merci pour ce signal.

J. 08/08/2008 09:51

Je serais aussi curieux de connaître les mystères de sa structure en arbre. Si pour les branches on imagine facilement une ramification de l’histoire, pour les nœuds…
De la même manière, je crois que Werber disait dans une interview qu’il construisait ses romans en cathédrale (je m’excuse de la comparaison :-) ).
En tout cas, c’est assez intriguant cette primordialité des mots (j’irais même jusqu’à dire paradoxal), pour quelqu’un qui déclarait que le plus important était le message et qui acceptait aussi aisément les « inventions » des traducteurs. On dirait presque que les mots étaient sa petite folie personnelle dans ses œuvres, et qu’il acceptait les transgressions des traducteurs parce que le plus important n’était pas la forme, mais le fond.
Mais il est possible que je me plante complètement :-)