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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 14:23

Ouvrir un livre et se dire qu’on décolle pour un univers complètement délirant est une expérience assez excitante. Dès le départ, on sait que nos repères habituels seront brouillés et qu’il sera inutile de se rattacher à du connu. Il faut accepter, a priori, la fantaisie délirante de l’auteur. C’est avec Je pense souvent à Louis-Ferdinand Céline (constitué de 5 nouvelles) de Stude Dahlström (édité au Serpent à plumes) que j’ai fait ce voyage improbable.

 

Un jeune homme de 20 ans déborde de rêves et d’énergie : il joue dans des groupes de musique, aime les femmes et les plaisirs sensoriels, souhaite devenir un écrivain reconnu. Il admire Hemingway et Fitzgerald qu’il considère comme ses maîtres. Un jour, pourtant, un ami lui donne une traduction qu’il a faite de Voyage au bout de la nuit de Ferdinand Céline. Le jeune homme est immédiatement subjugué : « Au bout d’à peine quelques pages les cheveux se dressaient sur ma nuque. Je n’avais jamais rien lu de tel. Je frôlais la syncope, et j’avais le souffle coupé. Dès que je me sentis mieux, je repris ma lecture depuis le début. Etendu sur le lit, je laissai la pièce s’envoler en tourbillon au-dessus des toits. Vertige. Incapable d’aller plus loin ».  Et le narrateur de poursuivre encore sur plusieurs lignes ses sensations à la lecture du manuscrit. C’est avant tout le rythme « martèlement hypnotique » et l’ « humour de survivant » qui envoûtent le narrateur.

 

Les jours se passent, rythmés par les rencontres charnelles, quelque peu délirantes et grivoises.

Au cours d’une conversation sur Céline que le narrateur estime être le plus grand des écrivains au point d’avoir renoncé lui-même à écrire, on lui apprend que celui-ci est à Copenhague. Les RG français le recherchent. Loin de s’offusquer de son engagement auprès des nazis pendant la guerre, le narrateur compte le rencontrer : « En ce qui me concernait, Céline aurait pu collaborer avec le diable en personne, je n’aurais fait aucune objection ». Il se met donc en route vers le Danemark où Céline vit clandestinement, reclus dans une pièce misérable, à l’abri des regards. Le narrateur lui propose alors de quitter le pays pour la Suède. Dès lors, on entre dans un univers irréel et fantasque : les deux hommes s’évadent vers la Suède, l’écrivain dissimulé dans le ventre de la contrebasse ! Parce qu’il n’a pas le temps de trouver une solution, le narrateur fait un concert avec l’auteur camouflé dans l’instrument ! Les sons qui en sortent sont plus beaux, plus harmonieux qu’à l’ordinaire, ayant comme pris chair.

 

A chaque fin de concert, discrètement le musicien délivre Céline qui se lasse peu à peu du manège et essaie de trouver de nouvelles stratégies toutes plus farfelues les unes que les autres pour tenir dans la contrebasse sans y être ratatiné.

 

Pour le remercier de son aide, Céline donne quelques conseils concernant l’écriture, conseils que le narrateur semble mettre en application : « cultivate your madness », « transposer la réalité… l’amener sur un plan situé entre rêve et réalité… entre vérité et mensonge… »

 

Prêt pour le décollage ?

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Published by Anne-Sophie - dans Pas mal...
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commentaires

Nanne 27/08/2008 13:33

Je note dare-dare celui-ci, Anne-Sophie, car je suis une inconditionnelle de Céline et ce livre nous le dépeint plutôt délirant et -peut-être - aussi vrai que nature ...