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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 11:17

Je ne suis pas une adepte des « lectures pour les vacances »… Vous souvenez-vous du cadeau de mes élèves l’an dernier : un roman de Marc Lévy ? Optimiste, je m’étais dit que je prendrais plaisir à le lire, détendue, en Corse. Finalement, c’est lors de la traversée vers Ajaccio que je me suis plongée dans ce roman qui ne me disait rien. Certes, je n’avais guère besoin de beaucoup de concentration pour le lire, mais je n’ai pas réussi à y trouver le moindre intérêt si bien que j’ai calé à la page 50…

Pourtant, il est des livres que l’on prend plaisir à lire en vacances parce qu’ils sont faciles à lire, appellent à la rêverie et aux voyages sans pour autant être débilitants. J’ai ainsi lu Un Long ruban de goudron sec de Gabrielle Maudet. Même s’il n’y a pas une recherche particulière au niveau du style (on peut être parfois heurté par la présence de termes enfantins, pas toujours maîtrisés), l’auteur nous entraîne dans ses aventures entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine à l’époque où il était « banal » de partir sac à dos découvrir le monde. Si l’on retrouve des lieux communs propres aux années 70 – drogue, musique et liberté – Gabrielle Maudret ne s’appesantit pas dessus privilégiant plutôt sensations et réflexions.

D’après l’auteur, Un long ruban de goudron sec est avant tout un roman, s’inspirant toutefois de sa propre existence. Ainsi, la narratrice, Gabrielle, fait-elle le récit de son enfance et de sa jeunesse, de façon linéaire, avec humour et dérision.

Née au cours de la guerre en 1942, « entre deux descentes aux abris », dans un petit village breton, elle est élevée dans la misère mais malgré ces souvenirs plutôt tristes, Gabrielle, devenue adulte, préfère faire un récit à la fois émouvant et enlevé… Avec force détails, elle décrit son enfance auprès de ses parents qui n’hésitèrent pas à l’abandonner elle et ses sœurs une fois le couple désuni. Parce qu’elle a 14 ans et donc l’âge d’entrer en apprentissage, elle est envoyée en pension, et est séparée de ses sœurs. On la forme dans une bijouterie, mais le soir, elle découvre la liberté, rencontre des jeunes qui l’acceptent dans leur bande… Le rock’n’roll entre dans son existence. C’est l’époque des robes vichy, des beaux motards et des premiers flirts.

Parce qu’elle est trop libre, ses tuteurs s’inquiètent de son avenir : elle est enfermée chez les sœurs. Mais malgré l’enfermement, elle ne perd pas espoir et continue à rêver de liberté et d’Amour. Avec audace, elle enfreint le règlement de la pension. Elle est donc émancipée et obtient sa majorité. Dès lors, elle est libre de vivre comme elle le souhaite. N’ayant pas terminé sa formation et n’étant pas allée à l’école suffisamment longtemps, elle est livrée à elle-même. Elle fait très rapidement des rencontres amicales et amoureuses qui lui permettent de survivre sans avoir à travailler ni à se préoccuper du lendemain. La narratrice vit donc au jour le jour d’amour et d’eau fraîche, ou presque… en effet, nombre de ses compagnons, ont choisi de mener une vie de bohème, sans toutefois renier leurs origines souvent très privilégiées. En cas de pépin, ils savent qu’ils peuvent se tourner vers leurs parents pour demander de l’argent. Parce qu’ils sont souvent cultivés, ils ont des atouts que Gabrielle Maudet n’a pas.

Arrivent les années 1970 : l’époque des voyages et de l’herbe pour s’en aller encore plus loin. La narratrice troque sa robe pour les jeans. Elle suit alors ses amis vers de nouvelles contrées. Mais contrairement à eux, elle n’a pas de projets, ne sait pas pourquoi elle voyage. Ce qu’elle veut, c’est être entourée et aimée.

A de nombreuses reprises, elle avoue se sentir démunie lorsqu’on la quitte. Tous ses compagnons de voyage savent pourquoi ils partent vers telle destination. Gabrielle rencontre une jeune fille de bonne famille qui décide d’aller en Espagne pendant l’été vendre des objets fabriqués par ses soins. C’est un véritable succès mais la narratrice est en grande partie restée spectatrice. De même, elle suit un nouvel amoureux en Afrique. Celui-ci est un « globe trotteur » (il n’aime guère être comparé à un hippy) qui aime traverser le monde pour découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles civilisations. Il part donc toujours avec des appareils photo en bandoulière ainsi que de nombreux livres dans son sac à dos. Tandis que Gabrielle s’ennuie, lui, au contraire, se cultive sans faire attention à sa présence. Elle reconnaît que l’idée de lire ne lui vient pas à l’esprit. Ce sont les voyages et ses rencontres amoureuses qui la forment plus que les livres. L’herbe également joue un rôle important dans son périple. C’est elle qui lui fait prendre conscience de ses failles, la pousse à avancer toujours plus loin… Et nous avec.

 

 

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Published by Anne-Sophie - dans Bon divertissement
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Georges F. 24/07/2008 17:27

Merci pour cette invitation au voyage (c'est un thème qui m'est cher, dans mes lectures comme dans mes écritures). La façon dont vous racontez ce roman donne envie de partir souffrir avec la voyageuse.