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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 17:52

mon-michael.jpgEn général, un livre qui me plaît ne met guère de temps à être dévoré : s’il reste entre mes mains plus de deux jours, c’est mauvais signe. J’aime lire de longues heures durant, me laisser envahir par l’histoire et le style. Si j’abandonne le livre au bout de quelques minutes, pour quelque raison que ce soit, et que je ne daigne le reprendre le jour même, je sais que le charme est rompu et que je ne le finirai pas. Pourtant, certains livres font exception. Dernier exemple en date : Mon Michaël, le deuxième roman d’Amos Oz, publié en 1968 et paru en France en 2005 seulement.

Ce texte m’a profondément émue et troublée. L’auteur est parvenu avec une très grande sensibilité à se mettre dans la peau d’une femme qui perd pied… Elle tient un journal et analyse son quotidien et ses « choix de vie » qu’elle a en réalité refusé d’assumer. Dès le début, elle rapporte un dicton de son père : « mon pauvre père Joseph disait : les gens forts sont libres de faire tout ce qu’ils veulent, mais même les gens les plus forts ne sont pas libres de vouloir ce qu’ils veulent. Quant à moi, je ne suis pas des plus fortes ». Et elle le prouve : elle rencontre un jeune homme, tandis qu’elle est étudiante en lettres, Michaël, séduisant, gentil mais empoté, gauche, et peu enclin à la passion. Malgré ses réserves, elle accepte de l’épouser très rapidement.

Tandis qu’elle passe ses journées et ses nuits à rêver à une vie meilleure, au moins différente, Michaël semble aimer son existence telle qu’elle est. Il enseigne à l’Université, fait une thèse en géologie et a trouvé une femme qui le comble de joie. Hanna est une sorte d’Emma Bovary qui a abandonné ses études pour son foyer et qui désormais trouve refuge dans les fantasmes. De façon récurrente, elle rêve à deux jumeaux, issus de son enfance, deux petits guerriers qui passent leur temps à s’affronter. Parfois, Michel Strogoff fait son apparition et montre sa force et son courage. Ces rêves incarnent à la fois la guerre du Sinaï ainsi que celle qu’elle mène contre elle-même.

Dans ce journal, Hanna se veut allusive. Ainsi, le lecteur doit reconstituer le puzzle à partir de tous les indices parsemés de façon désordonnée tout au long du roman. Avant même que Michaël ne la demande en mariage, il sait que « l’homme qui sera [son] époux devra être très fort ». Par la suite, elle ne cesse de répéter qu’elle a de mauvais pressentiments alors que rien ne le laisse présager.

Ainsi, le temps ronge la vie et plonge Hanna dans la nostalgie. Elle s’ « accroche aux mots et au souvenir comme à un parapet » mais n’est jamais disponible à vivre l’instant présent, qu’elle juge trivial, banal. Ce sont les souvenirs et les mots qui parviendront à le magnifier. Cette constatation et cette fuite du moment présent la plongent dans une profonde mélancolie et la tiennent à distance du monde et des gens qui évoluent autour d’elle comme des fantômes mais n’ont plus d’incidence sur elle.

C’est un très beau texte que j’ai longuement dégusté comme si j’avais besoin de garder auprès de moi Hanna et ses fantasmes, ses angoisses du quotidien et de l’avenir dans un pays en guerre.

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Published by Anne-Sophie - dans L'agenda littéraire
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commentaires

laurence 08/07/2008 20:38

Bonjouril y a une coquille dans ton article, Mon michael a été publié en France dès 1973. J'ai pour ma part un exemplaire de 1978en livre de poche.Par ailleurs si tu lis du même auteur 'Une histoire d'amour et de ténèbres' tu auras toutes les clés pour comprendre ce premier roman.Cordialementmon blog :ecrivainsisraeliens.over-blog.com

bon_sens 13/03/2008 23:13

Bon ! Tout porte à croire que j'avais vraiment pas choisi le bon ! Mais quel manque de bol, j'vous jure !;)

sylire 11/03/2008 18:54

Je lis en ce moment le livre dont parle Alice. Pour l'instant mes impressions sont identiques à celles d'Alice.La femme du livre que tu présentes me fait penser à la mère d'Amoz Os. Il en parle beaucoup dans son autobiographie.

Alice 11/03/2008 09:43

J'ai lu de cet auteur  : Une histoire d'amour et de ténèbres, à sa sortie. Et ce fut un choc, et une très grande émotion. Une lecture qui marque.