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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 15:17

Hier, j’ai passé l’après-midi, bien calée dans un fauteuil de la BNF à lire un livre vraiment très bien fait et surtout très instructif : 150 questions sur l’édition de Marc Autret, publié par L’Oie Plate (l’Observatoire Indépendant de l’Edition Pour Les Auteurs Très Exigeants !). Ce livre est donc une véritable mine d’or pour comprendre par exemple la différence entre le compte d’auteur et l’autoédition, l’œuvre collective et l’œuvre de collaboration, ce qu’est un à-valoir, un contrat d’édition véreux, un conseiller littéraire, etc. Le livre est très pratique, et sérieux : l’avocat et écrivain Emmanuel Pierrat a écrit la préface et l’auteur fait de nombreuses références aux textes de loi.

Une fiche m’a particulièrement intéressée. Elle porte le numéro 47 et s’intitule : « 0% » : la cession à titre gratuit est-elle licite ? On apprend ainsi que certains auteurs ont signé un contrat d’édition, mais qu’ils n’auront aucun droit d’auteur malgré la vente de leur livre. Cette pratique est monnaie courante chez L’Harmattan qui selon Marc Autret ne reverse pas un centime à l’auteur avant qu’il n’ait vendu 1000 livres !!! Le jugement de 1999 a déclaré illicite « la contrat L’Harmattan » mais il est encore pratiqué !

Denis Pryen dirige cette maison qui publie 1 500 livres par an (un record) !! Il s’agit de poésies, de thèses ou travaux universitaires très pointus, souvent tournés vers la francophonie, textes peu recherchés par les autres éditeurs car peu commerciaux. On ne peut donc pas dénigrer ce travail. Néanmoins, cette maison qui non seulement ne reverse pas les droits d’auteur demande à ce que l’auteur vende lui-même 50 livres !!! Enfin, il est demandé à l’auteur de fournir une maquette « prête à clicher » : c’est l’auteur lui-même qui fait le travail éditorial !

Dans une interview accordée à Maliweb, Denis Pryen répond à la question : « qui l’Harmattan dérange-t-il et en quoi ?

D’abord une certaine édition parisienne. On a beaucoup parlé d’un procès orchestré par la Société des gens de lettres et par le Syndicat national des auteurs-compositeurs dramatiques. Ils ont réussi à trouver un auteur sur 11 000 qui n’avait pas lu son contrat. La clause de 0 % de droits d’auteur sur les 1000 premiers exemplaires vendus était inscrite dans le contrat mais le tribunal a estimé qu’il ne l’avait pas forcément lue. Nous avons eu tort de ne pas aller en appel. Nous avons dorénavant prévu dans le contrat une clause que l’auteur signe spécifiquement et par laquelle il renonce à ses droits sur les 500 premiers exemplaires vendus. Le SNAC nous attaque à nouveau en demandant que nous fassions plutôt des contrats à compte d’auteur ou des contrats à demi, ce que nous n’avons jamais fait. Nous ne ferons jamais payer la moitié de l’édition à l’auteur en lui faisant croire qu’il sera remboursé sur les ventes, ni le compte d’auteur qui lui fait entièrement payer l’édition. Les auteurs savent lire un contrat et y trouvent leur intérêt. Il y va du droit de l’auteur à être édité et à participer pour cela aux conditions difficiles induites par un sujet pointu ».

Finalement, selon l’éditeur la faute revient à l’auteur qui ne lit pas son contrat et non à la maison d’édition qui ne reverse pas les droits d’auteur. Encore une fois, lorsque l’on est publié par une maison d’édition à compte d’éditeur, celle-ci prend en charge tous les risques financiers et s’engage à reverser les droits d’auteur dès le premier livre vendu. Vous êtes désormais prévenus !

 

 

Marc Autret, 150 questions sur l’édition, L’Oie Plate, 2005

http://www.loieplate.com

 

 

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Published by Anne-Sophie - dans Polémiques
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commentaires

Anne-Sophie 17/11/2011 09:22



Merci Cardon, 


je me renseigne et tente de creuser la question. 



cardon 16/11/2011 23:38



"Le jugement de 1999 a déclaré illicite « la contrat L’Harmattan » mais il est encore
pratiqué !" Or, Wikipedia dit le contraire "


 


En tant qu’initiatrice de contrats à compte d’éditeur mais à 0 %
de droits d’auteur sur les 1 000 puis 500 premiers exemplaires, L’Harmattan fut
un temps controversé5. Un procès lui a même été intenté par la
Société des gens de lettres (SGDL) et le Syndicat national des auteurs et compositeurs (SNAC) au sujet
de plusieurs clauses jugées illcites6. En 1999, L’Harmattan a eu
gain de cause, ce type de contrat a été jugé acceptable en tant que contrat à compte d’éditeur, l’auteur étant libre de céder ses droits partiellement à titre gracieux sur les 500 premiers
exemplaires7. Pour sa part, Denis Pryen estime que « cette
méthode est adaptée aux contrats de l’édition : il y va du droit de l’auteur à être édité et à participer pour cela aux conditions difficiles induites par un sujet pointu. 1 500 auteurs
de l’Harmattan ont signé un manifeste et sont prêts à se porter partie civile dans tous les procès qui attaqueraient leur image d’auteur »." A VERIFIER DONC !



Yves MURIE 28/07/2011 12:12



J'ai édité en 2002 chez L'Harmattan un livre, L'enfant de la Vierge rouge, pour lequel je devais percevoir des droits d'auteur à partir du 501ème exemplaire. Mais L'Harmattan n'en a tité que 300
! (dont 50 que j'ai dû acheter...) Puis il a fait un deuxième tirage dont je ne sais rien. Je n'ai jamais perçu un centime. En 2005, j'ai rompu le contrat et repris ma liberté, avec l'accord de
l'éditeur. Mais je viens de constater que L'Harmattan continuait à vendre mon ouvrage sur internet, de façon classique et en numérique, et qu'il le publiait presque in extenso sur la toile (sans
m'en m'avoir avisé). Je viens de leur écrire pour qu'ils cessent cette exploitation abusive, et ils m'ont promis de supprimer cette publicité sur internet. Pour moi, ce n'est pas L'Harmattan,
mais "l'Arnaquan"...!



Gerry 20/12/2008 20:27

Salut,Je comprends le mécontentement de certains, mais je suis un jeune écrivain résidant au Togo. Depuis deux ans, j'ai fait le tour des maisons d'éditions sans succès. EN désespoir de cause, j'ai publié mon livre sur lulu, sans succès. Qu'est ce qu'un auteur, surtout jeune, recherche avant tout. C'est la reconnaissance. Etant publié, je me donne un nom, et je peux même me faire publié par d'autres maisons d'éditions si je me fait remarquer. Et c'est là l'opportunité que nous donne Harmattan. Qu'ils se fassent du blé sur notre dos, qu'à cela ne tienne. En retour, ils nous apportent une certaine notoriété.Mon roman, qui sort hors collection en mars, consitue pour moi la meilleure des consécration. Et si Harmattan ne me donnait pas cette chance, ce n'est pas à Lomé que j'aurai trouvé un éditeur.Je pense pour ma part que certains auteurs sont de mauvaise foi. Au départ, ils recherchent la notoriété. Une fois qu'ils l'ont trouvé, et bien, on veut plus, on veut l'argent. Pour moi, le contrat harmattan c'est du gagnant gagnant. La seule chose qui me turlipine, c'est le bon à clicher que l'auteur doit envoyer. Si une faute l'a échapée, il se retrouve comme un con avec un livre publié à 500 exemplaires bourré de coquilles.Je veux monter une maison d'édition à Lomé. suis ouvert à toutes les bonnes volontés.

Gangoueus 18/11/2007 15:50

Sujet très intéressant, Anne-SophieDans le cadre d'une première publication, un ami a justement été récemment confronté à ce problème chez l'Harmattan. Il a eu la bonne idée de bien lire son contrat et de renoncer à travailler avec cet éditeur.@ bientôt,Gangoueus